fond Vaccination : les Français boudent-ils AstraZeneca ?
Vaccination : les Français boudent-ils AstraZeneca ?

Vaccination : les Français boudent-ils AstraZeneca ?

Le climat de la défiance, ça fait des idées. Ici, on vaccine à l’AstraZeneca et cette candidate à l’injection espérait un autre choix. “Moderna ou Pfizer, mais pas celle-là. Parce qu’on a tellement fait de la pub pas très bonne" affirme-t-elle. Dans le centre de vaccination de Marcq-en-Barœul, ce lundi matin, 1 500 doses du vaccin anglo-suédois sont prêtes à être injectées. “L’objectif c’est de les écouler aujourd’hui. J’espère qu’on va y arriver. On est là pour ça”, nous confie une soignante. Des soignants échaudés par l’expérience des autres centres de la région. Le week-end dernier à Boulogne, Calais et Gravelines, plus de 1 000 doses d’AstraZeneca n’ont pas trouvé preneur. De très rares cas de thrombose et c’est l’image d’un vaccin qui bascule. “ Justement, dû à ces informations qu’on a constamment, ça nous fait peur”, précise une dame. "C'était un cas sur 100 000 qui pouvait être susceptible d'avoir la thrombose, donc je ne vois pas du tout le risque pour moi au fait”, affirme un autre patient. Ici, les créneaux se sont finalement tous remplis au fil de la journée. Mais les centres de vaccination n’ont pas toujours le temps de faire de la pédagogie. Pour ce responsable du centre de Gravelines, AstraZeneca suscite à ce stade trop de réticence pour être proposé dans les grandes structures. “C’est beaucoup plus facile en ville, avec les médecins et les pharmaciens. Ils prennent des rendez-vous, ils connaissent leur population et ont une relation de confiance entre le médecin et son patient”, souligne le Dr Thierry Mraovic, coordinateur du centre de vaccination Covid-19 de Gravelines (Nord). Ce médecin généraliste ne le contredira pas. Elle a une trentaine de patients en attente, prêts à se faire vacciner le plus tôt que possible avec AstraZeneca, seul vaccin à disposition des cabinets de ville et des officines. Dr Cécilia Saldanha-Gomes, médecin généraliste à la maison de santé Léonie Chaptal à Athis-Mons (Essonne), explique : “Pour moi, le principal même de l’AstraZeneca, c’est un problème de doses. J’ai encore des patients qui souhaitent être vaccinés par l’AstraZeneca, mais que je ne peux pas vacciner avec l’AstraZeneca parce que je n’en ai pas”. Des doses au bon endroit et une confiance rétablie dans ce vaccin très efficace sur les formes les plus graves du Covid. C’est indispensable si le gouvernement veut tenir son objectif de 30 millions d’adultes vaccinés d’ici l’été.
Journal de 20 heures
2m10
Publiée le 05 avril 2021 à 20:09
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