fond Marseille suffoque de la pollution des paquebots de croisière
Marseille suffoque de la pollution des paquebots de croisière

Marseille suffoque de la pollution des paquebots de croisière

Depuis le début de la crise sanitaire, l'air semble plus difficile à respirer pour les habitants de ce quartier de Marseille. "Avant, on avait deux bateaux qu'on voyait de temps en temps, pas tous les jours non plus. Et maintenant, on a une quinzaine", témoigne Michèle Rauzier, membre de l'association Cap Au Nord à Marseille. Juste en face de chez eux, des bateaux restent à quai, depuis près d'un an pour certains. Pour essayer de confirmer cette impression, les riverains ont installé des capteurs et ont ainsi mesuré les concentrations de particules fines. En moyenne, une fois et demie supérieur au seuil recommandé par l'OMS. Car même si les navires sont à quai, leurs cheminées fument encore. Les moteurs auxiliaires continuent de fonctionner pour alimenter en électricité les marins confinés à bord depuis plusieurs mois. Leur seul contact avec l'extérieur, les membres de l'association Seamen's club de Marseille, qui leur ramène chaque semaine, cartes téléphoniques prépayées, barres chocolatées. En bref, de quoi améliorer le quotidien. Sur chaque navire, entre 50 et 100 personnes, pour pouvoir entretenir le bateau et le manœuvrer en cas d'urgence. Si les paquebots consomment moins que lorsqu'ils sont remplis de passagers, ils sont plus nombreux et restent à quai 24h/24h. Selon les calculs d'AtmoSud, organisme chargé de la surveillance de la qualité de l'air à Marseille, la pollution liée au trafic maritime a doublé depuis mars 2020. Le port a investi 20 millions d'euros pour permettre aux bateaux de croisière de se brancher au réseau électrique lorsqu'ils sont à quai. Mais cela ne sera pas avant 2025. En attendant, tous souhaitent voir ces navires reprendre le large le plus vite possible.
Le Journal du week-end
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Publiée le 03 avril 2021 à 20:13
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