Koh-Lanta : Alexandra : "Ce ne sont pas forcément les héros et les plus grands stratèges qui gagnent"

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Alexandra
Par Sabine BOUCHOUL|Ecrit pour TF1|2016-10-29T07:00:21.652Z, mis à jour 2016-10-29T07:00:21.652Z

Les Rouges ont une nouvelle fois réalisé un nouveau coup de bluff royal. Ils ont réussi à berner les Jaunes et c’est Alexandra qui a fait les frais d’une stratégie diaboliquement efficace. Elle raconte son départ et son aventure.

Comment vous sentez-vous après ce conseil très particulier ?
(Rires) Trahie, mais c’est le jeu. Déçue parce qu’on vit quelque chose de si formidable que c’est dur d’y renoncer. Et puis, j’avais cette arme qui n’en était forcément pas une puisque je me suis retrouvée la cible : le collier que je ne sors pas. Les rouges ont choppé le bon moment après un confort passé ensemble. Je ne me suis pas assez méfiée. Donc je suis déçue mais je suis contente aussi du chemin parcouru. Il y a du bon et du mauvais mais j’essaie de positiver. C’est un jeu. Certes, on a envie d’aller le plus loin possible. J’ai donné tout ce que j’avais à donner. C’est ma sortie. Mais c’est encore un très beau coup des rouges qui, depuis la réunification, sont bien meilleurs que nous, plus stratèges et beaucoup plus solidaires que les jaunes.

Vous pensiez qu’ils étaient aussi stratèges ?

Je pense que lorsqu’on arrive en infériorité numérique à la réunification, il faut être plus malin. La supériorité numérique, je n’y ai jamais vraiment cru, parce qu’il faut se rappeler qu’il y a Ludivine qui est une ex-Rouge et qui peut retourner sa veste à tout moment. Mais ce n’est pas elle que je craignais le plus, c’était plus les deux électrons libres, Jérémy et Jesta. Ils ont toujours été une espèce de troisième équipe. 

Cette trahison de Jesta et Jérémy vous l’aviez sentie venir ?
Je l’avais vu avant même la réunification. Je n’étais pas la seule. Jérôme, Béryl et même Jean-Luc qui avait bien dit qu’il fallait absolument recomposer la famille, aussi. Jesta et Jérémy se sont désolidarisés très vite sans que l’on comprenne pourquoi ils se sont isolés. On les a qualifiés d’électrons libres et finalement ce sont eux qui sont devenus la clé de voûte. Les Rouges l’ont très bien compris.

Est-ce que vous vous êtes sentie manipulée par les Rouges ?

En tout cas, pas lorsque je vais au confort avec les Rouges. Mais j’ai eu l’opportunité de mieux les connaître, de développer des affinités et me rendre compte que je partageais plus de valeurs communes avec certains rouges qu’avec certains jaunes. En plus, ils n’arrêtaient pas de casser du sucre sur Julie, c’est ce qui m’a poussé à proposer ce troc. Ils ont bien joué. Ils ont choisi le meilleur moment, et c’est très bien vu de m’avoir "à l’affect’" ce qui est ma faille dans l’aventure.

Il faut un juste équilibre entre l’engagement, la discrétion, malice et la cohésion.

Vous avez baissé la garde…
Oui et ils ont eu raison d’en profiter. Je pensais que j’avais réussi à plaire à cette ancienne équipe Rouge. D’autant plus que j’avais de réelles affinités avec Candice, qui est super sur les épreuves, Benoît qui est un super aventurier, Bruno avec qui j’ai des affinités d’ordre plus personnelles. On a passé un super confort tous ensemble et j’ai voulu, quelque part, essayer de les protéger parce que le pacte jaune, c’était voter contre Candice ou Bruno. J’étais prête à faire quelques sacrifices, et finalement ce sont ces personnes-là qui m’ont achevée. Mais c’est le jeu ! Dans un jeu comme ça, celui qui ne tente rien n’a rien. Mais je pense que je suis partie en ayant donné le meilleur de moi-même. J’ai été au bout de mes convictions, j’ai fait preuve de détermination alors que mon équipe n’avait pas confiance en moi, ni pour les ambassadeurs, ni pour l’anneau. Ça a renforcé la distance avec mon équipe. J’ai été au bout de mes convictions, à tort ou à raison.

A quel moment la relation entre les Jaunes a commencé à se fragmenter ?

Il y avait deux leaders : Jean-Luc et Jérôme, deux départs que je n’ai pas très bien vécu. J’ai perdu le papa des jaunes au switch, mon "yellow bro" et la sortie de Béryl a été l’électrochoc. C’était ma "yellow sista". Je suis affectée par le départ des leaders et il n’y avait plus personne pour prendre leur place. Moi j’ai essayé à un moment, lorsque je sens que Benoît nous embrouille. Je n’arrive qu’à emmener Jesta et Ludivine, mais finalement les femmes n’ont pas su s’imposer face aux hommes restant de la tribu jaune. C’est la finalement qu’on a commencé à se désolidariser. Yannick et Freddy ont tenté mais sans vraiment le vouloir. C’est le bordel, il n’y a plus de chef d’orchestre. On est parti dans tous les sens, on n’arrive plus à communiquer.  


Pourquoi on ne vous faisait pas confiance ? Est-ce que c’est parce que vous êtes une femme ?
Je ne saurai pas répondre à cette question. C’est vrai que j’ai du flair, de l’intuition, j’étais déterminée. Mais je reste une petite bonne femme qui n’a pas su s’imposer et se faire écouter face à des gens qui voulait affirmer leur point de vue. J’avais le côté maman des jaunes toujours aux petits soins. On ne voyait que ce côté-là et pas forcément le côté cérébral et analytique.


Vous pensez que les jaunes ne savent pas se remettre en question ?
Quand on se réunissait, c’était difficile d’avoir une majorité, la discussion était compliquée, chacun campait sur ses positions. Il n’y avait plus de leaders, de personnalités charismatiques. J’aurais bien aimé que quelqu’un prenne la place de Jean-Luc et de Jérôme mais personne ne l’a fait et personne ne se remettait en question. On a manqué de clairvoyance et la cohésion a volé en éclat parce qu’on ne s’écoutait pas et on ne s’entendait pas. On n’a pas remis les pièces du puzzle en place après le départ de Béryl. Il nous a manqué la cohésion, on était trop confiant à cause de cette supériorité numérique. Quand j’ai tenté de jouer le rôle de bonne mère de famille, les autres m’ont lâché. On est passé d’un tous pour chacun à un chacun pour soi.  

Si on vous propose de participer une nouvelle fois à Koh-Lanta, vous accepteriez ?
Je saute dans l’avion mais je ne ferais pas les mêmes choix. Il faut donner le meilleur de soi sur les épreuves et sur le camp, mais je pense qu’il vaut mieux être discret, suivre le collectif sans trop vouloir s’imposer. Ce ne sont pas forcément les héros ou les plus grands stratèges qui gagnent. On sait ce qui est arrivé à Jean-Luc, Béryl ou moi-même. Il faut un juste équilibre entre l’engagement, la discrétion, malice et la cohésion. 

Quel est votre plus beau souvenir ?
Mes quarante ans à Koh-Lanta, je suis déçue que ce ne soit pas passé à la télévision, sans délire mégalo ! Avec rien on a réussi à passer un grand moment. Ils sont tous bons les moments à Koh-Lanta, mais fêter ses quarante ans, c’est unique. C’est une grande joie que l’on passe avec des gens que l’on connait depuis peu. C’est extraordinaire.


 

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