Koh-Lanta : Béryl : "Je me suis sentie trahie"

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BERYL
Par Sabine BOUCHOUL|Ecrit pour TF1|2016-10-22T07:00:16.727Z, mis à jour 2016-10-22T07:00:16.727Z

Béryl avait jusqu’ici fait une aventure exemplaire. Forte dans les épreuves, présente sur le camp. Malheureusement, elle a fait les frais d’une stratégie menée d’une main de maître par les Rouges, notamment Benoît et Candice. L’ex-Jaune revient sur son aventure.

Vous n’êtes pas trop déçue par cette élimination ? 
Si très déçue forcément. Je ne l’avais pas vu venir, honnêtement. Quand Benoît a sorti l’anneau, je me souviens de m’être basculée sur mon siège pour le regarder ou au moins croiser son regard. Je lui dis bravo pour le coup de maître. Mais franchement, je suis tombée du dixième étage. 

Personne ne se doutait que Benoît avait l’anneau ? 
Si, on s’en doutait tous. Mais, on venait de perdre, les Jaunes, deux éléments fédérateurs. Jean-Luc déjà parce que c’était un pilier, c’était quelqu’un qui permettait de réunir tout le monde. On a perdu Jérôme ensuite, ça enfonçait le clou. Et on n’a pas écouté Alexandra ni notre intuition qui était de ne pas toucher à Benoît tant qu’on n’était pas sûrs qu’il n’avait pas l’anneau. Mais finalement on a voulu trop jouer. C’était trop dangereux. Je ne sais pas pourquoi on est allés dans cette direction-là, j’avais proposé d’autres prénoms.

Justement, qui aviez-vous proposé ?
Je m’étais dit peut-être Bruno, parce qu’il est assez charismatique, il fédère une certaine partie des Rouges, les gens l’écoutaient. S’il fallait taper dans le lot, malheureusement ce serait lui. Benoît aussi j’y ai pensé, parce que c’est un élément fort, mais c’était risqué à ce moment-là du jeu. Mais j’ai accepté la stratégie, j’ai suivi, je suis grande, j’assume. J’ai fait les frais de ma propre maladresse.

Ne pensez-vous pas qu'il y avait trop de confiance chez les Jaunes, parce que vous étiez plus nombreux ?
J’ai pris le risque de voter contre quelqu’un qui avait potentiellement l’anneau en me disant, j’espère que mon nom ne sortirait pas maintenant. Notre stratégie de base était simple. On n’est plus nombreux, du moins en apparence, parce qu’on a deux loulous qui ne sont pas forcément très clairs, Jesta et Jérémy. 

Vous pensez qu’ils forment un clan indépendant ? 
Ils se sont isolés très vite sans vraiment de raison. On avait un groupe assez sain, on ne se tirait pas dans les pattes, il y avait une bonne ambiance, on avait l’impression de se connaître depuis longtemps. Il y avait du respect et de l’écoute. Après, peut-être qu’ils sont plus jeunes, même si je ne sens pas vieille, mais ils se sont désolidarisés très vite du groupe. Je trouvais ça très étrange. D’autant plus que je m’entendais très bien avec Jérémy dès le départ. Je le complimentais, je lui disais que je croyais en lui, que je le voyais sur les poteaux et très vite Jesta s’est mise entre lui et moi et Jérémy s’est mis à dévier, un peu comme un iceberg qui part à la dérive.

 Je n’avais pas peur de perdre

A quel moment ont-ils commencé à s’éloigner du reste des aventuriers ?
Je me rappelle qu’à un moment, Jesta est venue me voir pour me demander "est-ce que t’aime bien Jérémy", je lui ai dit que oui je l’aimais bien et à partir de là, elle a sorti les griffes. C’était son Jérémy. (rires) Je trouvais qu’ils se sont éloignés très rapidement, ça m’étonnait d’ailleurs que ce soit aussi rapide. Parce qu’au début, c’était assez cool de les avoir à côté de nous. Ça reste une énigme, je ne sais pas si c’est volontaire. C’est sûr que c’était par affinité, parce qu’ils s’entendent bien... Par stratégie, pourquoi pas. Mais c’était une stratégie super risquée en tout cas parce qu’il ne fallait pas se faire éliminer avant la réunification. Mais ça a réussi, et c’est super malin. Ils ont gagné leur neutralité, ce sont les deux seuls vrais «Blancs » de l’aventure. 

La dernière épreuve de confort à laquelle vous avez participé, c’était la dégustation, est-ce que vous la redoutiez ?
Pas du tout, j’étais tellement contente de ce que je vivais et je n’avais pas peur de perdre. Ça donne une certaine force. En fait, je m’en fichais de perdre tant que je me donnais à fond. C’était un peu pareil pour l’épreuve de la corde. Quand je suis revenue sur le camp, j’étais apaisée, super bien parce que je m’étais dit que je ne pouvais pas donner plus, j’étais allée au bout. J’étais en paix avec moi-même. Et puis honnêtement, j’aurais tout « bouffé », ça ne me faisait pas peur. Le seul problème c’est que je n’avais plus de salive, j’étais déshydratée à ce moment-là. Depuis deux-trois jours, je sentais que j’en n’avais plus et je savais que pour avaler c’était fini. 

Comment avez-vous réagi en voyant la blatte sous la noix de coco ?
Comme pour toutes les épreuves, j’éprouve une espèce de vide. Tout ce qui compte c’est la ligne d’arrivée. Je vois la blatte, je la mange, je me pose pas la question et même je trouve qu’elle a un goût de banane. Les ailes, par contre, c’était impossible à avaler. Je n’avais pas peur, le seul truc qui m’aurait dégoûtée, c’est l’araignée. C’est costaud! (rires).

Quelle a été l’épreuve la plus difficile ?
Sans doute, le paresseux. En plus, on a dû se mettre en place trois fois parce qu’il y en avait qui n’était pas encore en place. Il fallait se hisser à chaque fois à la force des bras. Elle était hyper haute pour moi la corde, parce que tout le monde était déjà en place. Déjà avant même de commencer, je n’avais plus de bras. Au bout d’une minute, je pensais lâcher. Et par fierté, je me disais qu’il ne fallait pas que je lâche la première ! C’était long.

Comment on se sent comme on est seule sur l’île au trésor ?
J’adore ça, la solitude. Même si j’aime être aussi entourée de personnes. L’île au trésor, c’est un moment pendant lequel on peut se recentrer sur nous, se reconcentrer sur le but de l’aventure. C’est un aparté, une parenthèse. J’ai beaucoup apprécié, après j’ai trouvé ça très court, le moment de recherche. C’était laborieux, je ne me suis pas arrêtée une seule minute. Je n’aurais rien lâché. On passe d’un état à un autre quand on trouve quelque chose. On est regonflé à bloc et quand on ne retrouve rien au bout d’une heure, on est désespéré. Mais il faut rester calme et serein. 

Ca représentait quoi pour vous Koh-Lanta ?
Ca faisait très longtemps que j’avais envie de participer. J’avais déjà tenté une fois, avant mes études. Ça représente quelque chose qui me ressemble. J’adore l’esprit baroudeur, débrouille, bricolage. J’adore les bestioles. C’est dommage, on ne voit pas le moment où je rencontre un beau serpent. C’est le genre d’aventure qui me colle à la peau et en plus ça pouvait m’aider, financièrement à rebondir. Je faisais des études jusqu’il y a deux ans, j’ai un atelier à reconstruire, cela aurait été un beau coup de pouce. 

Qu’est-ce qui a été le plus dur pour vous pendant cette aventure ?
La sortie ! Cela a été une claque monumentale, je n’ai pas compris pourquoi. Je me suis sentie trahie. Je me sentais à ma place, intègre, bien avec les miens, dans le respect et… ça m’a un peu dégoûté qu’on rapporte parfois mes mots en déformant le propos. Ça m’a déçue. Sinon j’ai apprécié  mon aventure.

Redécouvrez le portrait de Béryl :

en savoir plus : Denis Brogniart