Koh-Lanta : Exclu. Bastien contraint d'abandonner : « Pour moi, c'est un échec »

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BASTIEN
Par Alexis Hache|Ecrit pour TF1|2017-04-22T05:00:07.568Z, mis à jour 2017-04-22T05:00:07.568Z

Contraint à l'abandon pour raisons médicales, Bastien a vécu son départ comme un échec. Mais il garde un souvenir incroyable de ces trois semaines passées dans « Koh-Lanta : Cambodge ».

Tu étais en larmes quand tu as compris que tu devais quitter l'aventure. A quoi penses-tu à ce moment-là  ?

Je pense à toute mon aventure, au fait que c'est terminé... Pour moi c'était inconcevable que ça se termine si tôt. Je pense à ma famille qui va me voir rentrer alors que je m'étais juré d'aller au moins à la réunification. Pour moi, c'est un gros échec.


Sais-tu précisément comment tu t'es blessé pendant l'épreuve du Grand Bleu  ?

Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé, mais en nageant le crowl, j'ai senti une pointe derrière le genou droit. La douleur est revenue plusieurs fois pendant d'autres épreuves et même sur le camp. Et lors de cette dernière épreuve, la pointe était beaucoup plus forte que d'habitude sur le chemin retour du parcours. Quand j'ai posé mes sacs, je me suis mis par terre et j'ai senti tout de suite que je ne pouvais plus me relever. C'était horrible.


Tu n'as jamais pensé abandonner malgré cette douleur  quotidienne ?

Jamais je n'aurais pu abandonner. Koh-Lanta, c'est quand même une chance incroyable de pouvoir y participer, ce n'est pas une douleur qui allait me faire abandonner. Tant que je pouvais marcher, courir et participer aux épreuves, il était hors de question de renoncer. C'est quelque chose d'unique à vivre.


Tu te sentais fort dans ce Koh-Lanta  ?

Je me sentais bien dans mon aventure, je n'étais pas en danger, sur les épreuves j'étais quand même compétent. Donc c'est vrai que je me voyais aller plus loin.


Que retiens-tu de ce Koh-Lanta  ?

Si je dois retenir une chose, c'est le côté humain. Au-delà de l'aventure, il y a quelque chose qui s'est créé avec plein de gens de plein de milieux différents et toutes ces personnes m'ont manqué dès le lendemain de mon départ. C'est quelque chose qui m'a frappé, j'étais surpris de ressentir ça.


Ton départ a d'ailleurs beaucoup peiné tes camarades...

J'ai des nouvelles de tout le monde, ça a vraiment créé quelque chose. C'était magnifique et c'est l'une des plus belles choses que j'ai pu découvrir là-bas  : cette entraide, ce partage qui a créé des liens extrêmement forts en très peu de temps. Je repensais à mon grand-père qui a fait la guerre et qui m'expliquait les liens qu'il avait créé avec les soldats dans la galère... Même si ce n'est pas le même contexte, c'est la même chose qui se dégage au final. On est dans la même galère, on partage les mêmes souffrances, les mêmes rires. On est loin de nos proches et ces gens-là deviennent un petit peu notre famille. Il n'y a que Koh-Lanta qui peut créer ça.


Les Rouges ont été tout de suite très forts. Qu'est-ce qui fait la force de cette équipe selon toi  ?

Elle est vraiment polyvalente. Chacun a son rôle et apporte quelque chose. Que ce soit les femmes, les hommes, les jeunes, les moins jeunes... C'est ça qui fait notre force.


Chez les Bleus, les tensions ont très vite éclaté au grand jour et impacté leurs performances sur les épreuves, alors que chez les Rouges les tensions étaient plus larvées, sans pour autant pénaliser l'équipe. Comment expliques-tu ça  ?

On était beaucoup à travailler sur le camp, tout le monde bossait. Il y avait donc moins de dialogue et du coup moins de tensions. Mais surtout, tensions ou pas, quoi qu'il arrive, quand on partait pour disputer une épreuve, on était en mode compétition et on était tous soudés. Peu importe qu'il y ait eu une dispute pour un bout de coco ou je ne sais quoi juste avant. On savait qu'il fallait gagner pour nous et je pense qu'on a bien su faire la part des choses entre le jeu et le camp.


Yassin est un peu au cœur des discussions en ce moment. C'est dur de cohabiter avec quelqu'un comme lui  ?

Personnellement, ça n'a pas été dur pour moi. Il faut apprendre à le connaître. Il est peut-être un peu plus difficile à cerner que certaines personnes, mais c'est sa personnalité, sa carapace, il ne se dévoile pas. C'est sans doute ce qui a fait que certaines personnes s'entendaient un petit peu moins bien avec lui. Il faut le prendre tel qu'il est même si je peux comprendre que ça en ait gêné certains. Il avait parfois une manière un peu autoritaire de dire les choses, mais ce n'était pas méchant.


Pensais-tu bénéficier d'un tel «  confort  » sur ton camp en participant à Koh-Lanta  ?

C'est vrai que je ne m'attendais pas à avoir un si beau camp. Mais on y a tous mis du cœur. Yassin était là pour certaines idées, il avait ses plans, mais tout le monde a mis la main à la pâte. Les filles ont par exemple fait les matelas tressés pour qu'on dorme bien, vraiment chapeau à tout le monde  ! 


Ce confort vous a-t-il permis d'être meilleurs dans les épreuves  ? 

Un minimum, à mon avis. Mieux dormir, être plus tranquille dans sa tête, ça aide à être plus performant dans les épreuves.


Penses-tu que l'alliance que tu avais nouée avec Sandro, Sébastien et Clémentine aurait pu t'emmener loin  ?

Honnêtement je ne sais pas. Mais pour moi, c'est toujours mieux d'avoir des personnes avec qui on se sent bien et avec qui on partage la même vision de l'aventure plutôt que de faire cavalier seul. A Koh-Lanta on ne va jamais très loin tout seul.


Est-ce qu'un candidat comme Yassin qui veut se mesurer aux meilleurs aura plus de mal à aller loin  ?

C'est tout à son honneur de résonner comme ça. S'il arrive au bout, il aura encore plus de mérite, mais pour moi ce n'est pas possible, à moins de tout gagner lors des épreuves individuelles.


As-tu l'âme d'un stratège, comme un Sandro par exemple qui avoue être prêt à tout pour l'emporter  ?

Non, clairement je n'étais pas venu dans Koh-Lanta dans l'optique de faire des stratégies à tout prix. Mais s'il faut faire des stratégies ou en suivre certaines qui peuvent être intéressantes pour moi, je ne vais pas cracher dessus.


Après la réunification, il faut selon toi éliminer les plus forts si on veut aller loin  ?

Pas forcément. Je n'en avais rien à faire de sortir les plus forts. En revanche sortir les personnes qui ne voteraient pas comme nous, oui. Avec Manuella, Marjorie, on s'entendait très bien, on avait cet «  esprit rouge  ». Donc on s'était dit qu'on resterait avec un maximum de Rouges et qu'on sortirait d'abord les Bleus. Mais pas forcément les meilleurs Bleus tout de suite. Il faut juste essayer de garder ceux avec qui on sait qu'on peut aller le plus loin possible. Parce que je n'ai pas peur de me confronter aux plus forts, au contraire. C'est plutôt le nombre de gens qui peuvent voter ensemble contre toi qui fait peur.


Qui peut d'après toi tirer le mieux son épingle du jeu  ?

Sébastien. Pour moi, il est dans l'ombre de Yassin et Vincent, mais il est tout aussi fort. Il est très calme, très intelligent, très posé, très sociable... Il a toutes les qualités pour aller loin dans l'aventure. Et je pense que tant que Yassin et Vincent seront dans le jeu, il n'aura pas à s'inquiéter. Car ceux qui voudront d'abord sortir les forts, sortiront en premier lieu Yassin et Vincent.


Franck a vidé son sac au moment de son élimination, juste après l'arrivée des ex-Jaunes. Et tu as été l'une de ses principales cibles. Est-ce que ses mots t'ont blessé  ? 

Non, pas du tout. Je ne me retrouvais pas du tout dans ce qu'il a dit. Comme je l'ai dit au conseil, des gens comme Yassin ou Sébastien ne se seraient pas gêné pour me faire comprendre les choses si je n'avais rien fait sur le camp. D'ailleurs, Yassin a dit qu'il était très déçu de l'attitude de Franck. 


Tu en veux à Franck  ?

Si je devais reprocher quelque chose à Franck, ce serait de ne pas être venu m'en parler plus tôt. Il dit qu'il a essayé  plusieurs fois de me parler, mais je peux assurer le contraire. Si ç'avait été le cas, je l'aurais écouté bien sûr. S'expliquer tous les deux aurait permis de crever l'abcès. La seule fois où il m'a dit tout ça, c'était au conseil, au moment de son départ.


Tu as un lien très fort avec ton père. Peux-tu nous parler un peu de lui et de ce qu'il représente pour toi  ?

Mon père a les mêmes passions que moi. Depuis que je suis petit, on est hyper proches. C'est aussi un grand fan de Koh-Lanta  ! Il a toujours voulu le faire, mais il n'a jamais envoyé son courrier. Je l'ai fait, j'ai été pris et j'ai vécu l'aventure pour nous deux.


Il se verrait faire Koh-Lanta  ?

Ah oui  ! Il n'a jamais envoyé son courrier juste par nonchalance. Je lui ai imprimé plusieurs fois le dossier à envoyer, mais il repoussait toujours au lendemain. Mais il rêverait de le faire et je suis sûr qu'il en a les capacités en plus.


Ça a dû lui faire chaud au cœur de te voir participer à l'émission  ?

Il était très content de savoir que je partais et autant déçu de me voir revenir et de savoir que j'avais quitté l'aventure sur blessure. Il a vécu au moins aussi mal que moi cette sortie.


Dans ton portrait, on le voit t'apprendre à poser des pièges. Mais visiblement ça n'a pas pris dans Koh-Lanta...

J'ai posé des pièges et je peux vous assurer qu'ils étaient très bien armés, très bien posés, mais ça n'a pas fonctionné. Je n'ai rien attrapé du tout mais j'ai au moins eu le mérite d'essayer. (rires)


Maintenant que tu es revenu à Marseille, tu vas lancer une pizza Koh-Lanta à base de riz et de noix de coco  ?

J'aurais aimé le faire mais j'ai vendu ma pizzeria en rentrant de Koh-Lanta. Mais je ne compte pas rester sans rien faire, je ne vais pas tarder à relancer quelque chose et j'ai bien l'intention de faire un petit clin d'oeil à Koh-Lanta. Je ne sais pas encore ce que je compte faire, c'est très flou pour l'instant. Tout ce que je sais, c'est que je veux reprendre une affaire avec mon meilleur ami qui bossait déjà avec moi à la pizzeria. L'après Koh-Lanta m'a laissé en pleine réflexion  ! 


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