Koh-Lanta : Exclu. Franck, un rouge éliminé : "Je ne suis pas un lèche-cul et j’en suis fier"

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FRANCK
Par Alexis Hache|Ecrit pour TF1|2017-04-01T05:00:38.797Z, mis à jour 2017-04-02T07:42:53.144Z

L’Alsacien est le premier Rouge à quitter l’aventure. Il revient pour MYTF1 sur cette élimination qu’il a du mal à digérer.

Quel sentiment prédomine après ton élimination ?
Ça m’a vraiment fait chier. Je commençais seulement à rentrer dans l’aventure, donc je suis vraiment déçu.

Tu te voyais aller beaucoup plus loin ?
Evidemment ! Au moins jusqu’à la réunification, et après ça je serais allé très, très loin. C’est certain ! Mais le fait qu’il y ait trois équipes de six, ça m’a fait défaut.

A l’issue de ce conseil, tu as réglé tes comptes. Tu n’y es pas allé un peu fort ?
Je me suis retenu, parce que d’habitude je suis très vulgaire. Donc non seulement je n’ai pas dit les choses assez fort, mais surtout, je pensais vraiment ce que j’ai dit. A 100%. Mais ça concernait juste deux personnes.

Le courant ne passait pas du tout avec Clémentine et Bastien ?
Impossible ! Depuis le premier jour… Pour donner un exemple, je suis dix fois plus impulsif que Dylan. Avec l’âge on s’assagit un petit peu, mais j’ai vraiment serré les fesses pour me retenir de gueuler sur le camp. A chaque fois, je me suis mis à l’écart, parce que je ne pouvais pas voir la fainéantise se mettre en place. Ils n’étaient là que pour les épreuves, ensuite au niveau de la vie du camp, il n’y avait plus rien.

Qu’est-ce qui a joué le plus en ta défaveur ? L’incompréhension avec les plus jeunes en raison de la différence d’âge ou le fait que tu te sois mis à l’écart comme ça ?
Je ne me suis pas mis tout de suite de mon côté. Quand je venais leur parler pour demander qui voulait venir faire des choses avec moi, on ne me répondait pas. Ou alors quand on me répondait, c’était pour me dire : « Je le ferai avec quelqu’un d’autre » ou « je le ferai tout à l’heure ». Ça n’a rien à voir avec l’âge car je suis en contact avec des jeunes tous les jours. Le problème, c’est qu’ils étaient trop fatigués après chaque épreuve. Ils ne pouvaient rien faire, ils étaient épuisés. Moi, j’avais le droit d’être épuisé ! Parce que le soir, et toutes les nuits, je somnolais deux heures, et la journée je cherchais ce que je pouvais faire pour aider. Un aventurier, c’est quoi ? C’est pas un mec qui doit être champion olympique de natation. Il faut demander à un vrai aventurier s’il préfère un gars qui nage comme Johnny Weissmuller et qui ne fait plus rien après ou un gars qui s’investit à 100% sur le camp ? Un gars qui n’est là que pour les épreuves, ça vaut que dalle !

On sait pourtant que dans Koh-Lanta, il faut à la fois être bon dans les épreuves et sur le camp…
Bien sûr, je suis absolument d’accord. Mais je n’ai jamais fait perdre mon équipe. Quand il y avait des épreuves de natation, on trouvait toujours le moyen de finir premier ou deuxième, je n’étais pas un boulet pour eux, même Manuella me l’a dit. Et sur les autres épreuves, j’étais à la hauteur pour un gars qui a 50 ans. Et pourtant je suis un gros fumeur… J’ai de beaux restes ! S’il y avait eu des parcours individuels, je pense que certains se seraient mangés les doigts face à moi.

Tu penses avoir pâti du rapprochement immédiat de Sandro avec Clémentine et Bastien ?
Sandro, c’est un mec qui est faux. Et ça je l’ai vu dès le premier jour. Quand je suis allé discuter avec lui, quand je lui ai montré ma nasse, il a trouvé une excuse pour partir. J’ai tout de suite compris qu’il s’était mis les jeunes dans la poche et je me suis dit que c’était cuit pour moi. Comme je ne suis pas un lèche-cul, je ne peux pas courir après les gens. Je suis fier de ça, je ne changerai pas. Et si demain je devais refaire Koh-Lanta avec les mêmes personnes, j’agirais de la même façon, parce que je suis quelqu’un de juste et de vrai. Je peux comprendre que les gens veuillent garder leur place, mais après il faut bien réfléchir : il faut être à 100% tout le temps, pas seulement lors des épreuves. Je n’ai pas voulu ouvrir ma gueule sur le camp, parce que comme on était six, j’étais persuadé que si je l’ouvrais, je sortais. Et pourtant j’aurais pu l’ouvrir dès le premier jour !

Chez les Bleus, il y avait de très forts caractères et ils se sont très vite dit les choses. Est-ce que tu penses que vous auriez dû faire la même chose chez les Rouges ?
Peut-être. Mais chacun avait choisi de garder son avis pour soi. Si j’avais été chez les Bleus, je me serais très bien entendu avec Kelly ou avec Yves. Kelly a de la niaque et du répondant, si quelqu’un me parle comme ça, ça tombe pile poil ! Mais chez les Rouges, personne ne disait rien, donc je me disais « Franck, ferme ta gueule ».

Tu as plusieurs fois regretté le manque d’ambiance chez les Rouges.
Viens à la maison, tu vas voir ce que c’est que l’ambiance ! Il n’y avait rien du tout chez les Rouges, juste la cohésion au moment des épreuves. En plus je n’avais jamais le droit à la parole… Tout ce que je voulais, c’était quitter cette équipe dans laquelle je ne me sentais pas bien du tout. Ça m’a trotté dans la tête lors de l’épreuve de confort avant la dissolution, de faire tomber ma boule pour qu’on perde, mais je ne l’ai pas fait par respect. Parce que Yassin, Manuella, ils n’avaient pas le droit de subir ça. Moi, j’aurais pu m’intégrer dans n’importe quelle autre équipe.

Bastien a comparé le campement rouge à une fourmilière où tout le monde s’active, ne se retrouve que le soir et ne partage finalement pas grand-chose. Est-ce l’image la plus adaptée selon toi ?
Pas du tout. Il n’y avait que deux ou trois personnes qui bossaient, un point c’est tout. Tu sais, après les jeux, il y a du travail. Tu peux te reposer, ok. Moi, je cherchais à manger, j’ai fabriqué la nasse, j’ai fabriqué un piège à oiseaux, j’ai fabriqué une petite cabine pour que les femmes puissent se changer tranquillement… Les gens qui partaient pendant deux heures et revenaient avec 20 huîtres… Qu’est-ce que tu veux faire avec 20 huîtres ? Surtout que ces gens-là se plaignaient tout le temps d’avoir faim ! Qu’est-ce que ça me saoulait ! Après l’épreuve de la poursuite, quand on a gagné le poisson, je n’étais pas fatigué. J’ai dit comme ça : « Qui veut aller chercher des huîtres avec moi ? Comme ça on en aura plus pour tout à l’heure. » Réponse : « Oh non, il y en assez, il y en a 20... C’est pas la peine, il faut qu’on se repose. » Yassin et moi, on coupait plein de bois pour la nuit ! Et pendant toute la nuit, je surveillais le feu ! Les deux, là, ils mettaient juste une bûche de temps en temps…

Tu penses que c’était une tactique de leur part pour s’économiser un peu ?
Non, ils sont fatigués de naissance ! Je sais ce que c’est que le travail. Les jeunes d’aujourd’hui, ils ne savent rien faire à part jouer sur leur téléphone.

Dans ton portrait, tu évoques ta fille, que tu as très peu vue en 20 ans. Tu voulais d’ailleurs faire Koh-Lanta pour te rapprocher d’elle, est-ce que c’est chose faite ?
C’est une priorité pour moi. Aujourd’hui j’ai beaucoup plus de contacts avec elle, elle est vraiment heureuse. J’avais décidé de faire Koh-Lanta en son honneur, pour lui dire que son père existait et qu’il pensait très fort à elle.

Qu’est-ce qui a été le plus dur à vivre pendant ces douze jours au Cambodge ?
Juste de supporter Clémentine et Bastien. Ils sont mous, ils sont mous ! A 25 ans, ils sont mous ! Moi à 25 ans, je faisais trois matchs de foot par jour. Je faisais aussi de la boxe, et avec tout ça de la pêche, en plus du travail… Le reste, ça allait. J’adore quand il ne faut pas manger ou supporter la pluie. D’ailleurs j’avais dit à Manuella : « J’espère qu’il va bien pleuvoir, et même neiger ! » Je suis très fort, je peux rester un mois au bord de l’eau tout seul. Je propose un Koh-Lanta où je serai tout seul, sans riz, sans eau. Un aventurier, un vrai.

Qui vois-tu gagner Koh-Lanta : Cambodge ?
J’aimerais bien que ce soit Manuella, Marjorie ou Yassin.

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