Koh-Lanta : Exclu. Marjorie, éliminée : « Le départ de Manuella a été un coup de massue »

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ITW MARJO
Par Alexis Hache|Ecrit pour TF1|2017-05-13T05:00:12.247Z, mis à jour 2017-05-13T05:00:12.247Z

La Nordiste de 42 ans quitte « Koh-Lanta : Cambodge » après 29 jours d’aventure. Pour MYTF1, elle revient sur cette expérience extraordinaire, évoque son coup de cœur pour Manuella et sa fierté d’être restée elle-même.

Alors qu’on s’attendait à ce que les filles votent contre Corentin, tous les aventuriers ont finalement voté contre vous. Avez-vous demandé aux filles de voter contre vous ou bien est-ce que tout s’est fait dans votre dos ?
Ça s’est fait un peu dans mon dos, mais comme j’étais fatiguée, un peu plus faible, les autres l’ont vu et ont préféré m’éliminer. Je peux très bien comprendre, c’est le jeu.

Mais alors cette scission entre les filles et les garçons, c’était du vent ?
Non, au début on avait bien décidé de voter Corentin pour plusieurs raisons, mais j’ai ensuite senti qu’ils avaient remarqué que j’étais un peu plus faible, c’est pour ça que je ne leur en veux pas.

D’ailleurs, pas de règlement de comptes à l’issue du conseil…
Je ne pensais déjà pas aller jusqu’à la réunification ! J’ai fait une très belle aventure, je suis fière de moi, je suis restée tout le temps moi-même. Je ne leur en veux vraiment pas du tout.

Pensez-vous avoir atteint vos limites dans Koh-Lanta ?
J’aurais aimé aller encore plus loin, mais est-ce que mon état de fatigue n’aurait pas posé problème par la suite, on ne le saura jamais. Si on n’avait pas voté contre moi, je me serais battue comme je l’ai fait depuis le début, en me donnant à 100%.

Quand on n’est pas très sportive, dans quel état d’esprit aborde-t-on Koh-Lanta ?
Je suis fan de Koh-Lanta depuis le début. Quand je regardais l’émission, je me disais « Pourquoi pas moi ? ». Ok je ne suis pas sportive, mais Koh-Lanta ce n’est pas que du sport, il y a aussi la vie sur le camp, des jeux qui ne demandent pas forcément d’être très sportif pour réussir… Je m’étais déjà inscrite il y a cinq ou six ans sans succès et cette fois on s’était inscrit à trois avec ma fille et mon mari ! Je me suis préparée, j’allais nager une fois par semaine, courir un peu avec mes enfants et je faisais un peu de cardio pour ne pas être ridicule non plus.

Vous vous en êtes d’ailleurs plutôt bien sortie dans pas mal d’épreuves. Les autres ont dû vous le faire remarquer aussi ?
Oui, souvent quand on revenait des jeux, on discutait et j’avais parfois l’impression d’avoir été nulle. Mais les autres me disaient : « N’importe quoi ! Tu ne te rends pas compte de ce que tu as fait ! Tu t’es surpassée. On croit que tu ne vas plus nous étonner et à chaque épreuve tu arrives à nous bluffer ! » Quand on entend tout ça, ça fait plaisir et ça donne encore plus envie de se dépasser.

Vous étiez un peu la maman des aventuriers là-bas. C’est un rôle qui vous convenait ?
Oui, parce que j’aime bien m’occuper des gens et m’assurer qu’ils vont bien. C’est dans ma nature. Ils m’ont surnommée « maman », ça me faisait sourire et ça me plaisait.

Pourtant vous vouliez faire Koh-Lanta pour sortir de ce rôle que vous avez à plein temps chez vous où vous vous occupez de tout. C’est un peu « chassez le naturel, il revient au galop » ?
(rires) C’est pas du tout la même chose quand même. A la maison, mes enfants et mon mari comptent beaucoup sur moi. Ils ne vont pas chercher quelque chose tout seul mais plutôt demander « Maman, c’est où ? ». Sur le camp, les aventuriers se débrouillaient seuls, je n’étais pas tout le temps derrière eux.

Vous avez mené votre barque sans faire de vagues, sans faire de stratégie. C’était important pour vous ?
J’ai fait mon Koh-Lanta et j’avais dit avant de partir que je n’étais pas stratège du tout. Je fonctionne avec mon cœur et mes tripes. Pour jouer stratégie, je pense qu’il faut déjà l’être un peu dans la vie de tous les jours et ce n’est pas du tout mon truc. Je suis restée moi-même et je sors la tête haute. Je suis vraiment fière de mon parcours.

Que vous inspire justement le parcours d’un Sandro, très stratège ?
Sandro ne nous a jamais caché qu’il était stratège. Il a eu raison d’essayer de faire des stratégies, car elles n’ont pas été faites dans notre dos.

Pourtant, Clémentine n’a pas vraiment digéré son ultime coup de bluff lors de la dégustation…
Comme je l’ai dit là-bas, je n’aurais pas pu faire ce qu’il a fait car cela ne me ressemble pas. Mais lui a choisi de faire ce coup de poker, ça a fonctionné, donc tant mieux pour lui. Et je ne lui en veux absolument pas pour ça.

On vous a vue très touchée lors des abandons de Bastien et Manuella…
Pour moi c’était un crève-cœur de les voir partir, surtout comme ça. Bastien ne voulait pas sortir sur blessure, il voulait aller loin, montrer de quoi il était capable. Manu, c’était mon binôme dans l’aventure. Son départ a été un coup de massue sur la tête. Comme je vous le disais, j’ai fait Koh-Lanta avec mon cœur, et quand on voit des choses comme ça, c’est le cœur qui parle… Dès que l’une de nous n’était pas bien, on n’avait pas besoin de parler, l’autre comprenait tout de suite. On parlait de temps en temps de nos enfants, on craquait et ça faisait du bien d’avoir quelqu’un à qui se confier.

Vous avez eu la chance de pouvoir appeler votre famille, puis vous avez reçu leur lettre. Comment c’était d’être aussi loin et sans contact avec votre famille au quotidien ?
C’était très compliqué. Je ne les ai jamais laissés. Ça fait 24 ans que je suis avec mon mari, on ne s’est jamais séparés, à part les deux jours où je suis allée à l’INSEP pour les tests physiques avant de partir. Là-bas, la nuit, je fermais les yeux et je les voyais, parfois j’entendais même mon mari m’appeler alors qu’il n’était pas là… C’était très, très dur. Lors de la lecture du courrier, on commence à lire, mais on pleure tellement qu’on arrête et qu’on reprend du début en plusieurs étapes, sinon on n’y arrive pas !

Votre famille a réussi à survivre sans vous ?
Oui, ils ont survécu ! Assez bien d’ailleurs. J’étais fière d’eux parce qu’ils ont réussi à tout gérer, même la machine à laver et les courses ! Maintenant je peux leur dire « Quand j’étais pas là, comment vous faisiez ? Eh bien, continuez à le faire ! » (rires)

C’était un peu leur Koh-Lanta à eux  ?
(rires) Tout à fait ! C’est exactement ça !

Vous devez être une star désormais sur votre lieu de travail et dans votre ville de Dunkerque ?
Quand mon portrait a été dévoilé sur internet, les personnes qui viennent manger au restaurant d’entreprise disaient « Mais c’est vous qui faites Koh-Lanta ? Franchement félicitations ! Comment vous avez fait ? C’est un truc de fou ! » Et plus les épisodes passent, plus les commentaires sont positifs. Même les gens dans la rue qui ne me connaissent pas viennent me voir et me demandent si je suis Marjorie de Koh-Lanta. Ça fait plaisir parce qu’on a fait une aventure pour nous et on donne un peu de joie aux autres. En tout cas, je suis partie la tête haute, sans trahir ce que j’étais au fond de moi. J’ai gagné mon Koh-Lanta. J’ai même demandé à finir le parcours du combattant alors que Clémentine avait déjà gagné. C’était une fierté personnelle, je voulais finir ce fameux parcours du combattant. Et je l’ai fini.

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