Koh-Lanta : Exclu. Yassin, éliminé : "J'étais l'homme à abattre"

Voir le site Koh-Lanta

vlcsnap 2018 04 13 17h29m38s426
Par Alexis Hache|Ecrit pour TF1|2018-05-05T05:00:20.854Z, mis à jour 2018-05-05T05:00:20.854Z

Yassin est la victime collatérale du vote contre Alban. En exclusivité pour MYTF1, le Bordelais est revenu sur son élimination, sa relation avec Dylan et en profite pour régler quelques comptes.

Penses-tu que tu aurais pu t’en tirer avec un autre tirage au sort ?
Le meilleur tirage pour moi aurait été de tomber avec Pascal parce qu’il avait fédéré beaucoup de monde autour de lui. Pour tous les autres, le pire tirage était d’être avec moi. J’étais l’homme à abattre à ce moment-là de l’aventure. Une fois tous les Jaunes éliminés, la stratégie des Rouges étaient de me sortir, comme lors de ma précédente participation.

Tu n’as aucun doute là-dessus ?

Aucun. C’est aussi pour ça que mon comportement a un peu changé lors des derniers jours. J’avais capté deux ou trois choses, comme le rapprochement entre Pascal et Jérémy. J’ai compris à ce moment-là comment les choses allaient se passer.

Es-tu déçu par cette stratégie des ex-Rouges ? Tu semblais notamment proche de Cassandre et de Pascal.
Personne n’était proche de personne là-bas. On était dans un jeu de rôle. La sincérité avait été laissée à la maison. On savait quels genres de personnes on allait retrouver aux Fidji. Les valeurs que l’on peut chérir au quotidien, on a oublié de les mettre dans les valises. J’étais très lucide à ce niveau-là.

Avec Dylan, on a pourtant l’impression que tu étais sincère et honnête.
Avec Dylan c’est complètement différent. On est parti là-bas un peu comme Candice et Jérémy, en binôme. Et tout le monde le savait. Dylan, c’est mon petit frère de cœur. Avant de partir, on avait mis en place une stratégie : il fallait être l’un des éléments forts de son équipe et ne jamais créer de conflits, être d’accord avec tout le monde, faire croire même aux moins forts qu’ils étaient forts. Le but était de se retrouver à la réunification. Alors quand j’entends certains aventuriers dire que j’étais faux, je ne peux que leur dire bravo pour leur lucidité ! Et je réponds que tout le monde faisait pareil. On participe à un jeu de stratégie où il faut être bon dans les épreuves, pas l’inverse ! C’est quelque chose que j’avais plus compris que lors de ma première participation.

Penses-tu dans ce cas que quelqu’un comme toi peut gagner Koh-Lanta ? Vincent, qui a jusqu’au bout de Koh-Lanta : Cambodge mis le mérite en avant n’est pas passé loin par exemple…
Il ne faut pas oublier que Vincent a été éliminé le même jour que moi. Il ne doit son retour qu’à l’abandon sur décision médicale de Manuella. Mais il était bel et bien le premier éliminé au conseil après la réunification.

Lors du confort, tu sembles plus à l’écart et il y a aussi cette réflexion à l’égard de Pascal qu’il a particulièrement mal prise. Regrettes-tu ton attitude à ce moment-là ?
A ce moment-là, je n’arrivais plus trop à le voir en peinture. Je le voyais faire, comment il partait dans tous les sens. Il avait perdu cette sérénité qu’il avait en début d’aventure. Ce n’étaient donc pas des paroles en l’air. J’ai compris qu’il ne voulait qu’une chose, m’éliminer. Je ne pouvais donc plus faire l’hypocrite avec lui. J’étais avec Pascal au début de l’aventure et il a décidé d’appliquer avec moi la même stratégie qu’on avait mise en place ensemble au début. Ce qu’on faisait aux autres, il était en train de me le faire.

N’aurais-tu pas dû en parler avec lui ?
Ça n’aurait rien changé. Pascal est très malin, il ne faut pas le sous-estimer. Après une longue discussion avec moi, peut-être n’aurait-il pas voté contre moi, mais comment voulez-vous empêcher le vote des autres aventuriers contre vous ?

A posteriori, ne penses-tu pas que tu aurais dû faire plus attention à ne pas te mettre trop en retrait lors du confort et avant l’immunité pour éviter d’attirer des votes contre toi ?
Je n’arrivais plus à être hypocrite avec les autres. Depuis le début de l’aventure, on était les uns sur les autres et lors de ce confort, enfin, je pouvais respirer et partager un moment avec d’autres personnes. Il y avait beaucoup d’enfants ce jour-là et ça m’a rendu un peu nostalgique de mes filles. L’ambiance était bonne et je voulais en profiter. J’avais besoin de m’évader. Je leur ai d’ailleurs dit pourquoi je me mettais à l’écart, mais quand on veut à tout prix vous éliminer, tous les prétextes sont bons.

Tu expliques au conseil avoir une exigence démesurée envers toi-même pendant les épreuves. Penses-tu qu’elle a été mal interprétée ou que tu l’as peut-être mal exprimée ?
S’ils n’ont pas compris cette exigence, c’est forcément de la mauvaise foi parce que, bizarrement, ils l’avaient très bien comprise quand on était en équipe et qu’on gagnait tout. Comme par hasard, le jour où je perds l’immunité, ça devient un problème. C’est trop gros ! Je conçois en revanche que mettre autant de pression sur le dos d’Alban peut être un fardeau. Etre avec moi a pu lui faire perdre ses moyens. Personnellement, je me sers de cette pression pour en tirer le meilleur, d’autres sont tétanisés par ça. Quoi qu’il en soit, mon aventure ne se joue pas lors de cette immunité. Même si je l’avais gagnée, je serais sorti au conseil suivant.

Comme Candice, il fallait que tu gagnes toutes les immunités en quelque sorte. Vous êtes dans la ligne de mire des autres aventuriers ?
On était dans la même position. Si on ne gagne pas les immunités, on sort. La seule différence, c’est que Candice pouvait jouer un collier d’immunité et qu’elle ne l’a pas fait. C’est mal joué car quand on a cette possibilité il ne faut pas passer à côté de cette chance. Quand j’entends qu’elle est déçue de Clémence, ça me met hors de moi car elle avait un collier ! Elle a mal joué en ne le sortant pas. Je n’arrive pas à comprendre qu’on s’en prenne aux autres quand on est éliminé.

Avais-tu dans un coin de ta tête que Javier et Pascal, deux grands stratèges, pourraient monter une stratégie dans ton dos ?
Dès le début, je n’étais pas dupe. Je savais que j’allais affronter des gens qui avaient déjà véhiculé une image soit de sportif, soit de stratège. Je savais que Pascal et Javier étaient les profils les plus dangereux. Ils n’ont aucun scrupule à éliminer. Ils sont à 100% dans le jeu. S’ils doivent éliminer quelqu’un ils le font au nom du jeu. C’est pour ça que je savais qu’il fallait gagner tout le temps, même quand on était en équipe. C’est ce qui a fait que je ne me suis jamais senti en danger. Mon aventure aurait pu être beaucoup plus courte si on n’avait pas remporté toutes ces épreuves.

Javier et Pascal te reprochent de ne pas t’être prononcé lors du conseil où l’histoire du faux collier a éclaté au grand jour.
Les blagues les plus courtes sont les meilleures. Faire ce collier a été l’occasion de bien rigoler. On arrivait à un stade de l’aventure où on tournait un peu en rond et c’est venu casser la monotonie. Mais pour moi, ça ne pouvait pas fonctionner ! Quand le collier a disparu on s’est demandé si c’était Nathalie qui l’avait trouvé ou s’il avait été enlevé par quelqu’un qui ne cautionnait pas cette blague, comme Jérémy, Clémence ou Cassandre. J’ai essayé de tirer les vers du nez à Nathalie après la recomposition des équipes en lui demandant si elle avait trouvé un collier, elle n’a rien voulu me dire. J’avais donc un doute. C’est pour ça que je lui ai dit au conseil que je ne savais pas qu’il avait été trouvé. Et puis quand j’ai vu comment Javier et Pascal s’en prenait à elle lors de ce fameux conseil, je trouvais ça petit d’aller en remettre une couche. Ç’aurait été de l’acharnement. Donc j’ai préféré ne rien dire. De toute façon, Nathalie savait que j’avais participé à la fabrication du faux collier. La blague était pourrie, il fallait passer à autre chose.

Lors du départ de Clémentine, tu as tenu à lui adresser quelques mots pour mettre les choses à plat avec elle. C’était important à tes yeux ?
A partir du moment où elle se rend compte qu’elle a pu dépasser les bornes ou qu’elle a tenu des propos qui n’étaient peut-être pas adéquats, c’est dommage de rester sur sa position. Elle a pu montrer dans ce Combat des héros la sportive et la guerrière qu’elle est. Clémentine avait largement les épaules pour être leader chez les Jaunes, plutôt qu’un Ludovic par exemple. Quand je vois un Ludovic qui a attendu onze ans pour revenir et qui se présente avec ce niveau physique, j’ai envie de dire qu’il a raté son retour.

Tes filles sont-elles toujours aussi fières de toi quand elle regarde l’émission ?
Oui, mes filles sont très fières. Avant ma première participation, ma femme m’avait dit que les plus sportifs pouvaient faire peur et qu’on cherchait toujours à les éliminer. Cette fois, elle m’a demandé de montrer mes capacités. Je voulais montrer qu’à 40 ans, face à des jeunes comme Candice ou Dylan qui ont un très bon niveau sportif, j’étais capable de les battre. Le résultat parle pour moi. J’ai été obligé de faire de la stratégie pour assurer ma place, c’est pour ça que je voulais absolument être Ambassadeur. Si ç’a n’avait pas été le cas, on aurait dit que j’étais bête de me faire éliminer une seconde fois comme la première ! (rires) A ce sujet, j’aimerais répondre à Ludovic : j’ai été surpris qu’il revienne dans Koh-Lanta avec l’idée d’éliminer les plus forts comme Chantal, Pascal ou moi. Il parle souvent de valeurs, mais il essaye d’éliminer les personnes les plus méritantes ! Lors de la recomposition, je l’ai donc pris dans mon équipe dans le seul but de l’éliminer en retournant sa stratégie contre lui parce qu'il avait dit chez les Jaunes qu'il voulait m'éliminer. Je n’ai rien contre lui personnellement, mais c’est comme dans un combat de boxe : il faut mettre son adversaire KO avant qu’il ait l’opportunité de le faire.

L'interview de Yassin, c'est par ici


en savoir plus : Yassin, Alban, Pascal, Javier, Candice