Koh-Lanta : Interview de Denis Brogniart - Koh-Lanta Le Choc des Héros

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Denis Brogniart - Koh-Lanta Le Choc des Héros
Par Clémence Favier|Ecrit pour TF1|2010-03-19T14:00:00.000Z, mis à jour 2010-03-19T14:00:00.000Z

Lancement du deuxième Koh-Lanta événementiel : Le Choc des Héros. Six sportifs de haut niveau affrontent six anciens aventuriers de l'émission. L'excellence contre l'expérience. Entretien avec Denis Brogniart, animateur de cette onzième saison tant attendue. Vendredi 26 mars à 20:45

Quelle est l'origine de cette émission ?
Ce projet s'est construit au fil des années. J'ai l'occasion de rencontrer beaucoup de sportifs au quotidien. Ils me disent tous adorer Koh-Lanta, comme Zinedine Zidane. Il signe d'ailleurs la préface de mon livre*. J'ai donc toujours gardé cette idée dans un coin de ma tête. Selon moi, les sportifs de haut niveau sont les seules personnes «célèbres» que le public puisse accueillir dans Koh-Lanta. Pour nous, c'est un véritable pari. Il ne s'agit pas de regarder les champions dans le jeu, mais plutôt d'effectuer une comparaison avec les "anciens", de voir ces sportifs de si haut niveau, habitués à souffrir de privations (les judokas notamment) se retrouver sur Koh-Lanta et endurer les épreuves avec autant de difficultés que les autres. Ce casting ne peut que crédibiliser le programme. En revanche, j'ai toujours précisé que tout le monde serait au même niveau. Il n'y a eu aucun passe droit. C'était nécessaire pour que l'aventure fonctionne.

C'est un démarrage en puissance qui nous attend...
Les sportifs ont eu droit à un naufrage «classique», digne d'un premier Koh-Lanta. En revanche, nous souhaitions vraiment différencier l'arrivée des anciens. C'était leur deuxième naufrage, nous voulions une expérience très marquante, unique au vu de leur passé d'aventurier...

Peut-on s'attendre à un Koh-Lanta plus intense ?
Le jeu est différent d'un Koh-Lanta «classique» car plus court. Cependant, pour la survie, cela ne change pas grand-chose. Le plus difficile se joue au début de l'aventure, dans les premiers jours : s'acclimater au manque de nourriture, aux conditions de vie... Une aventure plus longue peut en revanche changer la donne en ce qui concerne le manque dû à l'éloignement des proches, la gestion des autres. La différence se fait sentir au niveau des épreuves. Elles ne sont pas plus compliquées, ce sont les jeux cultes de Koh-Lanta, sans changement de règles. Et pourtant, elles ont l'air plus intenses. Ce sont les candidats qui augmentent le niveau. Ils vont plus vite. Jamais dans toute l'histoire de Koh-Lanta il n'y a eu une confrontation aussi importante, ni de candidats aussi forts. Au jeu de la palissade par exemple, Djamel Bouras se hisse à la force des bras. Je n'avais jamais vu ça.

Sur quels critères ont été choisis les sportifs ?
Ils voulaient tous faire Koh-Lanta. Tout s'est joué uniquement sur leur motivation. On ne va pas à Koh-Lanta par hasard. On s'inscrit pour changer sa vie, pour répondre à un besoin, à des questions que l'on se pose. C'est cette véritable quête personnelle, la même que celle des candidats lambda, qui nous a convaincus. Il n'était pas question de venir chercher la notoriété. Ce sont tous des aventuriers... Gwendal Peizerat, par exemple, part explorer l'Himalaya... La notion de jeu, de défi, était très importante. D'ailleurs, comme des candidats normaux, ils ont été surpris par la difficulté de l'aventure.

Quelle relation entretenez-vous avec les candidats ?
Cela ne me pose aucun problème de les connaître au préalable. J'étais plus angoissé sur Le retour des héros car c'était la première fois que je recroisais des participants. Cette fois-ci, tout est clair. Ils savent que des règles existent, que je suis intransigeant. Je les tutoie dans la vie, mais une fois dans le jeu, le vouvoiement est de rigueur. Je ferme mes écoutilles et mets tout le monde au même niveau. Cela m'aide beaucoup dans la mesure où je n'ai aucune préférence. Je m'attache uniquement au côté fair play, aux prestations lors des épreuves. Je suis simplement pour que le meilleur gagne.

Pourquoi avoir choisi la Nouvelle-Calédonie ?
C'est la seconde fois que Koh-Lanta se déroule en Nouvelle-Calédonie. Cependant, cette saison n'a rien de commun avec celle de l'Ile des Pins, située plus au Sud. Les régions sont très différentes. Nous sommes revenus car le paysage est paradisiaque. C'est très sympathique également de tourner en France, même si cela entraîne quelques inconvénients. En Nouvelle-Calédonie, le programme est très populaire. Cette notoriété nous a obligés à être encore plus vigilants en terme de confidentialité.

Parlez-nous de l'ambiance sur le tournage...
Avec les candidats, l'ambiance est évidemment bonne. Mais je redeviens convivial seulement après leur élimination. Avant, je reste concentré sur le jeu. Concernant l'équipe de production, c'est une grande famille. Si l'on cumule les périodes de tournage depuis le début de Koh-Lanta, nous sommes restés plus d'un an et demi ensemble. Malgré les diverses équipes, tout le monde se mélange et se connaît très bien. Nous sommes tous liés par notre amour du programme. Ces tournages de longue haleine font que nos rapports humains dépassent ceux du travail.

Comment expliquer l'attente autour de ce nouveau Koh-Lanta et le succès de l'émission après plus de 10 ans ?
Le choc des héros est la 11e aventure de Koh-Lanta. L'émission est devenue un programme récurrent, une saga. Je pense que le public l'apprécie pour trois raisons. Tout d'abord, c'est un véritable dépaysement, le téléspectateur découvre une région, part à l'aventure... Nous donnons du rêve. Ensuite, le concept du jeu est extrêmement fort : des personnes livrées à elles-mêmes, sans aucune intervention extérieure... Enfin, l'identification est le facteur qui explique le mieux une telle pérennité. Cette fois, le spectateur pourra s'identifier aux anciens, comme d'habitude, puis très vite aux sportifs. Ils éveilleront tout d'abord de la curiosité. Le jeu les happera tellement vite qu'au bout d'une émission, les champions du monde deviendront des candidats normaux. Le spectateur pourra alors aussi s'identifier à eux. C'est cela qui fait la force de Koh-Lanta


* Denis Brogniart raconte son aventure dans Mes secrets de Koh-Lanta aux Editions du Toucan, parution le 24 mars 2010.



Mes secrets de Koh-Lanta
Denis Brogniart raconte son aventure dans Mes secrets de Koh-Lanta aux Editions du Toucan, parution le 24 mars 2010