Koh-Lanta : Jérôme, Ambassadeur éliminé : "J’aurais dû essayer de canaliser Jean-Luc"

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JEROME KOH LANTA
Par Sabine BOUCHOUL|Ecrit pour TF1|2016-10-14T21:30:45.672Z, mis à jour 2016-10-14T21:30:45.672Z

Le destin n'aura pas joué en sa faveur. Jérôme, ambassadeur face à Julie lors de la réunification a tiré la fabuleuse boule noire. Il a dû quitter instantanément l'aventure.

Comment se sont passées ces quelques semaines sur l’île ? 
Ces quelques semaines se sont très bien déroulées, elles sont fidèles à ce que j’attendais de Koh-Lanta. Elles sont mêmes au-dessus de ce que je pensais, en terme de difficultés notamment. Quand on souffre de faim, de chaleur et de fatigue… Je ne pensais pas que c’était à ce point-là. C’était une très belle expérience.

Vous vous étiez un peu préparé avant de participer ?
Oui ! Surtout physiquement. Je suis de nature sportif, je cours énormément depuis mon plus jeune âge, je fais des cours d’endurance, des marathons. Par contre j’ai fait une petite erreur de stratégie avant de venir, et je m’en veux un peu : j’ai pris du poids, je n’aurais pas dû.

Vous n’êtes pas trop déçu de quitter Koh-Lanta sur un coup du destin ?
Déçu forcément parce que c’est vrai qu’on a qu’une seule envie, c’est d’aller au bout. Et comme le dit Denis Brogniart,  à la fin il n’y en a qu’un, et on espère tous que ce soit nous.

D’autant plus que votre bonne étoile vous a lâché…

(Rires). Elle m’a complètement lâché au mauvais moment. Quand on tombe sur une ambassadrice comme Julie, c’est compliqué. C’est une personne qui est d’une telle pureté, d’une telle gentillesse…

Vous vous attendiez à la voir ?
Sincèrement non. Je ne m’attendais pas du tout. Je pensais qu’un des garçons aurait pris le rôle d’ambassadeur. Ça ne s’est pas passé comme ça. Ils ont décidé de tirer à la courte paille et malheureusement c’est tombé sur Julie. La personne que je redoutais le plus, c’était elle. Quand Denis me pose la question de savoir contre qui je ne veux absolument pas tomber, je lui réponds une des filles, non pas pour les dévaloriser, mais les filles n’ont pas cet égo qu’ont les hommes à vouloir être un peu plus sur le devant de la scène. Et puis Julie, je ne voulais pas être avec elle, à cause de son attitude. Cette gentillesse qu’elle provoque, cette joie qu’elle donne. Je me suis dit, si c’est elle, ça ne passera pas quand je le veux.

On adapte sa façon de négocier si c’est une fille ou un garçon ?
Complètement. Avec Julie, j’ai tout essayé. Je lui ai proposé d’aller sur l’île au trésor, de l’éliminer en dernière des rouges, j’ai essayé beaucoup de choses, mais c’est là qu’on voit le caractère de Julie. C’est quelqu’un qui n’est pas du tout intéressé par les phases de compromission. J’ai même essayé d’y aller au bluff en lui disant que j’avais une bonne étoile, je lui ai dit que j’avais gagné au loto quelques temps avant de participer à Koh-Lanta, chose qui est vrai, j’ai essayé de lui mettre le doute dans sa tête, mais ça n’a pas marché.

Etiez-vous choqué de voir qu’aucun rouge ne voulait être ambassadeur ?
Oui. Ça m’a interpelé. Je me suis dit qu’on avait une équipe rouge avec des gens qui se disaient combattant, qui se disaient guerriers… Le combat il se mène aussi bien dans les épreuves que dans le camp mais aussi au moment des ambassadeurs. J’aurais bien aimé voir quelqu’un comme Lau, Bruno ou Benoît. Je pense sincèrement que l’issue du jeu aurait été différente pour moi. Je suis intimement persuadé qu’ils n’avaient pas envie d’aller jusqu’au tirage au sort. 

Vous pensez qu’ils auraient pu éliminer quelqu’un de leur tribu ?
Complètement. On sentait qu’ils étaient beaucoup moins soudés que nous, beaucoup moins hargneux. Ils étaient plus individuels. Alors que chez nous, il y a une vraie cohésion, j’ai fait en sorte de participer à cette cohésion, en gagnant les premières épreuves, en faisant le feu. On était dans une situation de confort incroyable, c’est ce qui a fait qu’on était hyper soudés.

A contrario, chez les Jaunes, vous vous êtes battus pour être ambassadeur ? 
Au début on était quatre à le vouloir. Moi j’ai tout de suite émis le souhait de vouloir être ambassadeur. Freddy, Yannick et Beryl ont dès le départ annoncé qu’ils ne voulaient pas, ils ne se sentaient pas avoir l’âme. Freddy disait même « je n’ai pas les baloches » (sic). Alexandra, Jesta, Jérémy et moi, nous voulions y aller. Jesta, pour nous, c’était hors de question parce qu’à un moment donné on s’est demandé si elle était jaune, rouge ou orange. Elle était peut-être plus orange que jaune et on ne voulait pas risquer de faire éliminer un des nôtres. Alexandra, elle, avait son collier d’immunité, cela aurait été bien dommage d’aller aux ambassadeurs et de tirer la boule noire. Il fallait qu’on la préserve. Il n’y  avait pas d’autres issues. Jérémy ou moi.


Vous ne regrettez pas d’y être allé finalement ?

Sincèrement non. Je ne regrette pas parce que je suis intimement convaincu que c’était ma place par rapport  à tout ce que j’ai fait dans le jeu, à tout ce que j’ai construit. Que ce soit la cohésion sociale, sur l’entente, sur les jeux. C’était ma place, parce que j’en avais parlé à mes enfants, et je leur ai dit que si jamais j’avais l’occasion d’aller aux ambassadeurs, j’irais pour défendre ma position et les valeurs que j’ai mises en place à l’intérieur de mon équipe. Et même de ma famille, parce que je les considérais comme ma famille.

Et de qui vous sentiez vous le plus proche, dans cette famille ?
Sur le camp, c’était Jean-Luc, Yannick et Alexandra. Je m’entendais bien avec les autres mais j’avais beaucoup plus d’affinités avec eux.

Alexandra paraît très touchée par votre départ…
Plusieurs fois avant le choix des ambassadeurs, elle me demandait de ne pas y aller, elle me disait que je faisais une bêtise. J’essayais de la rassurer, de lui dire de ne pas s’inquiéter. Quand je lui disais ça, j’avais quand même des doutes. On est jamais sûr de l’issue du jeu, mais je voulais la rassurer, je ne voulais pas qu’elle se démonte, je pensais à son après. Elle a un collier, elle a tout pour réussir. Et puis j’étais vraiment serein.

Et avec qui aviez-vous moins d’affinités ?
Je dirais Ludivine et Jesta. D’ailleurs Jesta, je lui ai un peu remonté les bretelles par rapport au fait qu’elle se sente isolée du reste des jaunes. Mais c’est elle qui s’isole avec Jérémy. Elle ne participe pas aux tâches sur le camp, à savoir la recherche de la nourriture, la cabane. Elle s’est beaucoup reposée sur Jérémy. Elle va pêcher avec lui, mais par rapport aux autres Jaunes, elle en fait beaucoup moins. Et puis, elle ne veut pas se mélanger aux autres, elle ne veut plus participer, on la sent bien en retrait. Mais, je pense que le précurseur de cet état, c’est Jean-Luc. C’est lui, qui, pendant un conseil pointe Jérémy et Jesta du doigt tu dois en leur disant qu’ils ne sont plus partis de la famille parce qu’ils sont toujours isolés. J’aurais voulu l’anticiper. Jamais Jean-Luc aurait dû faire ça parce que la scission elle a commencé à ce moment-là. Personnellement, que Jérémy et Jesta s’isolent, pour moi, ce n’est pas grave, il n’y a pas péril en la demeure pour l’équipe jaune. En aucun cas, c’était dommageable pour nous. Au contraire, c’était mignon, ils sont jeunes, la vie est belle.

Avec le recul, est-ce que vous avez quelques regrets sur votre aventure ? 
Non parce que je l’ai vécu comme je voulais.  Après, peut-être que j’aurais dû essayer de canaliser un peu plus Jean-Luc quand il montrait trop d’hostilité envers Jérémy et Jesta. Mais Jean-Luc, c’est un garçon difficile à canaliser. C’est un personnage ! Le regret, c’est celui-là.

Qu’est-ce vous avez appris sur vous grâce à Koh-Lanta ?
L’épreuve des bouées et de cordes à tirer, je l’ai vraiment mal vécu. J’étais dans une zone d’inconfort dans laquelle je n’ai jamais été. Pourtant j’ai fait des courses en autosuffisances, mais je n’étais jamais été aussi mal et fatigué. J’ai tout donné, j’ai tiré cette corde comme un fou et j’en tire une grande fierté parce que j’étais à l’organisation de cette épreuve.

Quel est votre meilleur souvenir ?
Le feu ! Je me suis battu pendant deux jours. Quand on est arrivé sur l’île, mon premier objectif était d'avoir le feu. J’étais dessus matin, midi et soir. Je n’ai pas lâché. Je m’étais entrainé chez moi, dans mon garage avec la technique de l’archer, j’ai réussi trois fois et j’avais mis vingt minutes pour le faire. Mais le problème, c’est que là-bas, la qualité du bois n’est pas la même que chez nous et le taux d’humidité est de 85%. C’est difficile de trouver ce qu’il faut. Et quand je vois cette flamme, c’était comme si ma femme venait d’accoucher, cette flamme c’était comme mon troisième enfant.