Christine Bravo : "Amir a cru se faire manger par une chauve-souris"

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Christine Bravo
Par TF1 PRO|Ecrit pour TF1|2018-08-09T12:41:56.620Z, mis à jour 2018-08-16T09:45:31.222Z

Première femme à tenter «L’aventure Robinson», Christine Bravo participe à cette deuxième édition. Venue défendre Les petits frères des pauvres, une association qui lui tient à cœur, elle a découvert en Amir un partenaire souriant et attachant.

Quelle était votre motivation pour vivre cette expérience ?
Une seule chose : l’association. L’aventure, je la vis déjà sans caméra… même si ce n’est évidemment pas dans les mêmes conditions ! Quand je pars avec ma fille faire le tour du monde et qu’elle me fait crapahuter, je me plains sans arrêt. Je pense qu’en regardant l’émission, elle va être furieuse de voir tout ce que j’ai fait ! Avant d’accepter cette aventure, je voulais quand même savoir avec qui je partirais. Je ne voulais pas d’un candidat de téléréalité ou d’une personne venue soigner son image.

Que saviez-vous d'Amir ?
Je n’avais aucun a priori car je ne le connaissais pas personnellement. J’ai accepté parce qu’il avait été dentiste ! Je m’explique : un garçon qui avait pris un virage aussi radical serait forcément intéressant. Il a changé de vie, tout comme moi. D’abord instit, je suis devenue journaliste avant d’être appelée par la télévision... Sur l’aventure, Amir a été très bienveillant. Il était comme un enfant ébloui et s’étonnait constamment de ce que j’arrivais à faire. Je ne sais pas si ça se verra à l’image mais on a énormément ri ! a peut paraître incroyable mais on se manquait après notre retour !

Aviez-vous des inquiétudes avant de partir ?
Je n’avais pas vu la première émission mais rien ne m’inquiétait particulièrement. Et la société de production ALP est tellement bien organisée que j’ai tout de suite été rassurée. C’est une véritable machine de guerre ! Nous nous sommes coupés partout, nos pieds étaient totalement dévastés car nos chaussures ne séchaient jamais. Pourtant, avant les épreuves, un infirmier arrivait avec sa petite sacoche et faisait des miracles en nous remettant d’aplomb. Ça m’a rappelé l’efficacité des soigneurs du Tour de France ! Je savais qu’il ne m’arriverait rien.

Quel était votre état d'esprit sur place ?
J’étais plutôt zen. Dans l’univers de L’Aventure Robinson, je me sentais bien. Pour moi, c’est à Paris que tout va mal ! Ma vraie personnalité n’est pas celle que je montre à la télévision où je suis en représentation. C’est la raison pour laquelle je passe six mois de ma vie au bout du monde : trois mois l’hiver dans une caravane dans le désert du Nevada et trois mois l’été aux Caraïbes. J’étais donc dans ma zone de confort, contrairement à Amir. Je m’amusais de voir un urbain comme lui en perpétuel questionnement. Il y avait plein d’animaux et il a cru se faire manger par une chauve-souris ! Il a aussi souffert du manque de nourriture. A un moment, je lui ai demandé de m’aider à chercher le manioc. Quand je lui ai décrit et dit que les feuilles étaient vertes, il m’a regardée plein d’interrogation… Pour lui, toutes les feuilles étaient vertes ! Je me sentais un peu comme une maîtresse d’école.

Quelle a été la plus grosse difficulté ?
On est très seul dans cette aventure. La première nuit, ce n’est pas la solitude qui m’a dérangée mais l’inconfort total. Nous dormions sur une planche en bois. Pour moi qui dors sur le ventre, c’était impossible. Je souffrais de partout. Pourtant, cette île était magique. Nous avions vraiment le sentiment d’être au bout du monde.

Avez-vous particulièrement souffert pendant les épreuves ?
Je pensais aux personnes âgées des Petits frères des pauvres chaque fois que j’étais en difficulté, pendant ou en dehors des épreuves. Ma solitude est choisie ; la leur contrainte. Je me répétais constamment que je n’avais pas le droit de me plaindre. Lorsque la production m’a demandé le nom de deux associations, je ne pensais pas que celle-ci serait retenue car elle n’est pas laïque. Mais j’étais ravie qu’elle soit choisie car elle me tient particulièrement à cœur. Je passe Noël depuis des années avec les personnes âgées des Petits frères des pauvres. Et puis, je pense à moi en fait… je commence à être un peu vieille maintenant !

Nouveauté de cette deuxième édition, des messages personnels sont diffusés par radio. Celui laissé par Thierry Ardisson vous a particulièrement émue...
C’est incroyable qu’il m’en laisse un ! Son message est touchant parce qu’il s’exprime peu et ne montre pas d’affect pour se protéger. Par le passé, nous avons été très amis, il était même au baptême de ma fille. Mais nous ne nous fréquentons plus. Comme moi, il est solitaire et sort peu de chez lui. Me replonger à l’époque où nous n’étions pas connus m’a émue.

Avez-vous le sentiment que cette expérience vous a changée ?
J’ai découvert quelque chose que je ne soupçonnais pas sur moi-même. Je pensais que mon corps était cuit à mon âge et que je ne tiendrai pas sur les épreuves physiques. En fait, le mental arme le corps ! Je lui disais de faire des trucs… et il suivait ! En revanche, j’ai réalisé que j’étais très essoufflée. Je n’ai pas fumé pendant cinq jours. Je n’étais pas en manque mais j’ai senti l’impact de la cigarette sur mon corps. J’ai décidé que c’était terminé et que j’irai voir un hypnotiseur dès mon retour pour arrêter. Je ne veux plus faire subir ça à mon corps après avoir vu ce qu’il était capable de faire pour moi !


source : TF1PRO