Fred Testot, dans le rôle de Marcello dans l'Emprise

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L'emprise
Par Karell Bourgueil|Ecrit pour TF1|2015-01-21T10:33:00.000Z, mis à jour 2015-01-26T16:23:31.000Z

Révélé dans le "SAV des émissions" aux côtés d'Omar Sy, Fred Testot s'est plus souvent illustré dans des rôles comiques que dramatiques. Dans "L'emprise", il endosse celui de Marcello, assassiné par sa femme victime de terribles actes de violence durant de longues années. Un personnage particulièrement complexe que le comédien évoque sans équivoque.

«UN ACTE DE JUSTICE INÉDIT»

Il s’agit de votre premier rôle dans un unitaire pour la télévision. Qu’est-ce qui vous a convaincu d’accepter ?
J’ai été séduit par l’histoire d’Alexandra Lange. Il s’agit à la fois d’un fait divers horrible et d’un acte de justice inédit. Le sujet est très difficile et occulté, même en France. J’étais également heureux d’avoir l’opportunité de jouer un rôle aussi éloigné de moi. Notre métier permet de travailler sur des thématiques légères et décalées ou sur d’autres plus profondes. J’aime passer du coq à l’âne.

Comment décririez-vous Marcello ?
Marcelo a totalement basculé dans l’horreur. Il passe d’un homme tendre à quelqu’un d’extrêmement violent, possessif, pervers et narcissique. Ce personnage assez complexe veut que les autres lui «appartiennent». Il exerce une véritable emprise sur sa famille. J’ignore si cela relève d’une pathologie médicale spécifique et s’il existe un mot précis pour qualifier ce comportement. Dans une interview, un ancien mari violent désormais «guéri» expliquait qu’il ne parvenait pas à contrôler ses pulsions à l’époque. Je ne sais pas si c’est le cas de Marcello ou bien si d’autres éléments entrent en jeu.

Quels sont les sentiments de Marcello envers sa femme ?
Le plus terrifiant est que, d’une certaine façon, il l’aime. Mais sa façon d’aimer passe par les
coups, puis les regrets et l’envie de se faire pardonner. Marcello est incontrôlable. Il agit avant de réfléchir et cela vire au drame. Ce mode de fonctionnement est atroce et inexcusable.

Comment se glisse-t-on dans la peau d’un tel personnage ?
Je n’avais jamais joué dans des drames à l’exception de mon rôle dans Gardiens de l’ordre de Nicolas Boukhrief aux côtés de Cécile de France. Le personnage de Marcello est encore plus sombre. C’était une expérience très intéressante. Je me suis laissé guider par les situations, par le texte et par ma partenaire, Odile Vuillemin qui est vraiment extraordinaire. Accompagnés de Claude-Michel Rome, nous avons réussi à former un trio efficace. Nous nous encouragions mutuellement avant les prises. Tourner un sujet aussi dramatique et sensible impose de se détendre en fin de journée pour réussir à sortir du personnage. Il était également nécessaire de bien se concentrer, notamment sur les scènes de violences. Je n’avais jamais eu à me battre dans une cuisine !

Cette séquence a-t-elle été la plus compliquée à tourner ?
Oui, la scène de lutte dans la cuisine avec Odile était particulièrement difficile à jouer et demandait beaucoup d’énergie. Il fallait veiller à ne pas se blesser tout en étant investi, crédible et en respectant le texte.

Aviez-vous déjà rencontré les autres comédiens ?
J’avais déjà croisé Marc Lavoine, et Sam Karmann qui joue le rôle du père d’Alexandra Lange : un homme incroyable. Je n’avais jamais rencontré Odile Vuillemin. Nous avons appris à travailler ensemble avec nos méthodes respectives et sous la direction de Claude-Michel Rome, un homme passionnant. C’est une encyclopédie vivante. Il est impossible de s’ennuyer à ses côtés !

Quelle ambiance régnait sur le tournage ?
La Belgique est un pays formidable où l’on mange très bien ! L’équipe belge, tant au niveau des techniciens que des comédiens, était constamment joviale et de bonne humeur. Ce qui n’était pas pour me déplaire.

Que vous inspire le réquisitoire de Luc Frémiot ?
Il y a peu de temps, j’ai entendu parler d’une histoire similaire où une femme battue et dont les enfants avaient été violés par leur père, a été condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari. C’est assez incompréhensible. Le réquisitoire de Luc Frémiot et la reconnaissance de la légitime défense dans le cas d’Alexandra Lange était une vraie avancée. Mais j’ai malheureusement l’impression que cela n’a pas fait jurisprudence et qu’une telle décision ne s’est pas reproduite. J’espère que L’emprise va réveiller les consciences.

Rendez-vous lundi 26 janvier à 20h55 sur TF1.