Marc Lavoine dans le rôle de l'avocat général Luc Frémiot

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L'emprise
Par Karell Bourgueil|Ecrit pour TF1|2015-01-21T10:23:00.000Z, mis à jour 2015-01-22T08:53:26.000Z

Marc Lavoine endosse le costume d'un homme de loi pour la première fois de sa carrière dans "L'emprise". Il interprète l'avocat général Luc Frémiot. Engagé dans un long combat contre les violences conjugales, son réquisitoire poignant lors de l'affaire Alexandra Lange a marqué l'histoire de la justice.

«LUC FRÉMIOT A ÉCRIT UNE PAGE DANS L’HISTOIRE DE LA JUSTICE»

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?
J’ai apprécié que L’emprise soit inspirée d’un fait divers. J’avais déjà eu l’occasion de jouer dans des films tirés d’histoires vraies comme Fiesta avec Jean-Louis Trintignant ou Liberté sous la direction de Tony Gatlif. Depuis que j’ai décidé de moins chanter et de m’attacher davantage au cinéma, à l’écriture et au théâtre, il me semble important de participer à des projets qui me ressemblent. Les femmes sont la population la plus discriminée dans le monde, il est essentiel que ce film soit diffusé sur une chaîne importante et vu par de nombreuses personnes.

Qui est Luc Frémiot, le personnage que vous interprétez ?
C’est un juste. Il se bat contre les a priori et ne se laisse pas influencer par les idées reçues ou les évidences. Il envisage les situations avec une certaine forme d’objectivité et essaye de mettre son intelligence, ses valeurs et ses principes au service de la vérité. Au début de
l’histoire, il prend la position la plus évidente puis il va chercher les points de détails qui mettent en danger ses certitudes.

L’avez-vous rencontré ?
Non, et j’ai préféré ne pas regarder de vidéos sur internet pour éviter d’avoir sa voix à l’esprit. J’aime l’imaginaire, je ne voulais pas chercher à lui ressembler. L’important est que l’intention de mon personnage soit la même. Mais maintenant que le film est tourné, j’aimerais le rencontrer pour savoir ce qu’il en pense.

Comment vous êtes-vous préparé à l’interpréter ?
Faire une plaidoirie devant des caméras, avec un texte très fort dans lequel chaque mot compte, est extrêmement complexe. La voix de la plaidoirie doit être intime, percutante, parfois renversante et émotionnelle. Il faut parler d’une façon presque théâtrale en créant une proxi¬mité avec chaque personne présente dans la salle. J’en ai discuté avec de grands avocats. Ils préparent des lignes directrices et ensuite, improvisent, ce qui était impossible pour moi car le texte était déjà fondé. J’ai beaucoup répété dans des conditions et des endroits différents. Il est indispensable d’avoir acquis une mécanique impeccable pour se libérer de son corps et pour proposer différentes versions de la même scène.

Connaissiez-vous les autres comédiens ?
Je connaissais Fred Testot et j’étais enchanté quand j’ai appris qu’il allait interpréter Marcelo, même si je ne partageais pas de scène avec lui. Je l’ai vu aussi bien dans des rôles comiques, surréalistes ou même sérieux. Il dispose d’une palette sentimentale très large et sa capacité à être à la fois séduisant et effrayant est impres-sionnante. Je connaissais Odile Vuillemin seulement à travers la série Profilage dans laquelle elle joue divinement bien. Elle a investi tout son corps dans le personnage d’Alexandra, un rôle particulièrement dangereux et délicat pour une femme.

Que vous inspire cette décision de justice ?
Cette affaire a créé un précédent. Dans une société construite par et pour les hommes, où une femme meurt tous les deux jours parce qu’elle est battue par un homme, le réquisitoire de Luc Frémiot a jeté un pavé dans la mare. Il a écrit une page dans l’histoire de la justice en plaidant qu’elle n’était pas coupable d’avoir tué son bourreau.

Comment s’est passée votre collaboration avec Claude-Michel Rome ?

Dans un premier lieu, je voulais savoir pourquoi il avait décidé de porter à l’écran une affaire comme celle-ci ou comme celle de Francis Heaulme (Dans la tête du tueur, ndlr). Nous avons beaucoup discuté de nos vies respectives avant de commencer à travailler. Ancien marin, Claude-Michel Rome sait gérer une situation dans son ensemble. J’étais en confiance sur le bateau du tournage et notamment dans la salle d’assises. Il avait prévu mes déplacements par rapport aux contraintes de positionnement des caméras dans la salle. Je lui ai montré ceux que je trouvais davantage en accord avec le cheminement du texte de Luc Frémiot. A l’écoute, il a été d’accord pour modifier la mise en place initiale.

Rendez-vous lundi 26 janvier à 20h55 sur TF1.