L'interview de Barbara Schulz

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Le mystère du lac - Lise
Par MYTF1|Ecrit pour TF1|2015-08-26T14:19:18.077Z, mis à jour 2015-08-26T14:25:21.837Z

Lorsque Lise revient dans son village natal pour s’occuper de sa mère malade, elle ne se doute pas qu’elle va être confrontée aux fantômes de son passé. Mais la disparition d’une jeune fille de 17 ans va la replonger dans celle, jamais élucidée, de ses deux meilleures amies, 15 ans plus tôt. Barbara Schulz interprète cette femme blessée qui va découvrir bien plus qu’elle ne s’y attendait.

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?
D’abord, le réalisateur Jérôme Cornuau est venu me voir quand j’étais au théâtre et m’en a très bien parlé ! A la lecture, j’ai aimé le suspense des scénarios et j’ai trouvé que Lise était un très beau personnage, complexe et brisé, très éloigné des pétillantes jeunes femmes que l’on me proposait habituellement. Pour une comédienne, ce genre de rôle principal est assez rare ! J’ai aussi accepté car j’ai été touchée par le sujet. Il y a quelques années, j’avais vu un documentaire : une femme expliquait qu’un jour, sa soeur n’était jamais rentrée de l’école un jour et qu’elle continuait à la chercher trente ans plus tard. Son témoignage m’avait bouleversée. J’ai toujours été impressionnée par ces personnes qui continuent à vivre après la disparition d’un proche. Ne pas savoir est certainement la pire des situations car l’incertitude empêche de faire son deuil.

Comment décririez-vous votre personnage ?
A l’âge de 17 ans, Lise a perdu ses deux meilleures amies. Disparues mystérieusement un soir de fête foraine, elles n’ont jamais été retrouvées. Peu de temps après, elle a dû faire face au suicide de son père. Des événements tragiques qui n’aident pas vraiment à se construire dans la vie ! Quinze ans plus tard, devenue flic à Paris, elle a développé une sorte d’obsession pour ce type d’affaires et ne retourne que rarement dans son village natal. Mais en apprenant que l’état de santé de sa mère empire, elle revient s’occuper d’elle quelques jours. La disparition de la fille de la voisine la replonge alors dans le passé, d’autant que les similitudes entre les trois disparitions sont troublantes. Dès lors, elle n’a plus qu’une obsession : découvrir ce qui est arrivé à ses amies. Elle pense avoir une lecture différente des événements grâce à sa profession. Et plus l’enquête avance, plus elle a des doutes sur la culpabilité de celui qui a été accusé à l’époque. 

Lise entretient une relation compliquée avec sa mère…
Oui, il y a entre elles beaucoup de non-dits, de reproches masqués. Quand Lise arrive, elle ne réalise pas vraiment la gravité de l’état de santé de sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Pourtant, cette maladie va leur permettre de se rapprocher. Elles vont tisser des liens, se parler à coeur ouvert comme elles n’avaient jamais réussi à le faire auparavant. Marie-Anne Chazel est formidable dans ce rôle ; elle m’a vraiment émue lors de plusieurs scènes par son interprétation !

Comment avez-vous abordé ce personnage ? 
En amont, j’ai beaucoup écrit sur Lise. Partant des informations existantes, j’ai extrapolé sur sa vie : ses rapports avec son père, sa vie en pension… J’aime faire ce travail qui me permet d’intérioriser mes personnages et de les faire «exister » dans ma tête. Lise est épuisée, physiquement et moralement. Pendant le tournage, je n’ai donc pas voulu être très maquillée ou apprêtée. Ma garde-robe se résume à trois pulls pour les six épisodes, un minimalisme qui correspond parfaitement au personnage ! 

Est-ce difficile de jouer un flic ?
Pour me familiariser avec cette profession, j’ai passé une journée à la crim’ avec des femmes capitaines. Je leur ai posé plein de questions. Par exemple, je voulais savoir si la police était pour elles une vocation familiale car le père de mon personnage était gendarme. J’ai beaucoup appris à leurs côtés et repéré chez elles certaines particularités, comme leur grand calme et le fait qu’elles soient toujours en observation. Elles m’ont raconté qu’elles avaient vu tellement de personnes mentir avec sincérité pendant les interrogatoires qu’elles ne se laissaient pas convaincre facilement et se basaient uniquement sur les faits. Ça m’a semblé être un point de départ intéressant pour mon personnage. Ensuite, pendant le tournage, j’ai souvent pensé à elles.

Vous apparaissez dans plusieurs flashbacks qui évoquent la complicité entre Lise et ses deux amies. Vous êtes-vous facilement glissée dans la peau d’une jeune fille de 17 ans ?
Oui et j’ai adoré ! Je portais des Doc Martens à cet âge et je les ai rechaussées pour l’occasion ! Les deux jeunes comédiennes, âgées d’une vingtaine d’années, étaient vraiment drôles et sympathiques. Nous avons bien ri. C’était d’ailleurs mes seuls moments de légèreté dans le film et ils m’ont fait du bien. Pour l’anecdote, j’emporte toujours mon ukulélé sur les tournages pour patienter entre les prises. Un jour, les deux jeunes filles ont commencé à chantonner avec moi. Elles avaient de superbes voix. J’ai pensé que ça ferait un beau moment de connivence pendant un flashback. J’en ai parlé au réalisateur qui a accepté. Mon ukulélé a même ensuite été installé dans le décor de la chambre de Lise.

Comment était l’ambiance sur le plateau ?
Je garde en tête le souvenir d’un tournage extrêmement harmonieux. Jérôme Cornuau, le réalisateur, y est pour beaucoup. Très doux, il a une autorité naturelle et n’élève jamais la voix. Respecté par son équipe, il a son film en tête et sait précisément ce qu’il fait et dans quelle direction il veut aller. En plus, tous les comédiens de cette série étaient plus excellents les uns que les autres, travailler avec eux était un vrai bonheur !