Le premier oublié - Matt Pokora : "Mon grand-père a été emporté par la maladie d’Alzheimer"

Matt Pokora fait ses débuts de comédien dans "Le premier oublié". Il y incarne Axel, qui a coupé les liens avec sa famille, suite à un drame dont on lui a fait porter la responsabilité.

Quelle a été la génèse de ce projet ?
J’ai toujours voulu faire de la comédie. J’ai reçu beaucoup de propositions, mais jamais celle que j’espérais et j’ai donc refusé de nombreux projets. Au lieu d’attendre que quelqu’un m’imagine dans le genre de rôle que j’aimerais défendre, j’ai décidé de prendre les choses en main. Alors, je me suis plongé dans la lecture de plusieurs ouvrages jusqu’à ce que je découvre Le Premier Oublié, de Cyril Massarotto, dont l’histoire m’a profondément touché. Mon grand-père a été emporté par la maladie d’Alzheimer il y a une dizaine d’années. C’est un sujet qui me touche. Le plus grand regret de ma vie est qu’il n’ait pas eu toute sa tête quand je suis devenu chanteur. J’aurais tellement souhaité partager cela avec lui… Du coup, j’ai pensé aborder ce sujet devant la caméra. Mon manager Thierry Saïd et moi-même avons décidé de nous inspirer de ce roman pour proposer d’en faire un unitaire. Le groupe UGC et TF1, qui souhaitait m’accompagner sur mes premiers pas d’acteur, ont été tout de suite séduits et nous ont accordé leur confiance.

Comment avez-vous abordé votre premier rôle ?
Si je me suis mis à l’écart durant l’année dernière, c’était aussi pour me consacrer sérieusement à la comédie. J’ai pris des cours à Los Angeles et deux mois avant le début du tournage, j’ai travaillé avec le réalisateur Christophe Lamotte pour parfaire mon rôle. J’ai également beaucoup œuvré avec Jérôme, mon coach, qui me suit au quotidien et me fait répéter chaque scène. J’ai donc fait un important travail de préparation en amont. J’ai apprécié de pouvoir apporter ma sensibilité à Axel, de façonner mon personnage à l’image que j’en avais. Christophe Lamotte a été à mon écoute et en même temps, il a su me corriger sur l’intensité, les regards et la gestuelle pour paraître le plus naturel possible. Le langage corporel m’a demandé un travail important en amont, tout comme celui de la mémorisation. Connaître parfaitement mon texte m’a beaucoup aidé car je souhaitais être le plus prêt possible à l’approche du tournage. J’y ai mis la même exigence que dans mon métier de chanteur. Lorsque je suis en tournée, j’essaie toujours d’arriver le jour de la première sans stress en faisant en sorte que toute mon équipe soit prête. Nos répétitions en amont sont si intenses que le jour J, on peut se permettre de se détendre la journée. J’aborde le métier d’acteur de la même façon.

Quels parallèles faites-vous entre votre métier de chanteur et celui de comédien ?
Il y a une complémentarité entre ces deux voies artistiques. On retrouve le souci du rythme de la parole, du débit, des silences. Mon expérience de la musicalité m’aide, tout comme le fait de savoir bouger. Cela me permet de me déplacer dans l’espace avec plus d’aisance, de pouvoir m’adapter à tout changement. Sur scène, quand on interprète une chanson, on incarne finalement aussi un personnage dont on raconte l’histoire. Je me suis livré dans plusieurs titres, notamment dans celui que j’ai écrit pour mon grand-père, Comme un soldat. Mon métier de chanteur m’a facilité la tâche. Je suis également habitué à évoluer devant la caméra. Je ne ressens pas de pression particulière lorsque je vois cinquante personnes me regarder en train de jouer. Je ne suis pas de nature angoissée et j’ai abordé cette expérience avec une certaine sérénité. J’ai aussi la chance d’avoir des partenaires qui m’ont mis en confiance à l’image de Muriel Robin, mais aussi Grégoire Champion, Flore Bonaventura ou Francis Renaud. C’est aussi et surtout grâce à eux que je me suis senti à l’aise dès le départ.

Comment s’est déroulée votre rencontre avec Muriel Robin ?
On s’était brièvement rencontrés, notamment sur les Enfoirés, mais on se connaissait très peu finalement. Notre relation mère-fils s’est surtout façonnée en dehors du tournage, lors des fous rires au maquillage, des coupures déjeuner autour de grandes tablées… mais surtout parce que c’est un sujet qui la touche aussi profondément. Muriel est très attentionnée. Elle m’a offert mon premier siège de comédien, ce qui m’a vraiment touché. On s’apprécie beaucoup, on est très complices et je crois que cela transparaîtra forcément à l’écran. Je souhaite à tout comédien d’avoir une maman de cinéma comme Muriel : c’est génial ! Auprès d’elle, je me suis senti très rapidement en confiance. On joue de façon débridée et cela aide. Spontanément, elle me donne des petits trucs, des petites clés. Je suis moi aussi force de proposition et je n’ai pas hésité à lui suggérer aussi des choses. On échange beaucoup et c’est un vrai bonheur !

«Pokora» signifie humilité en polonais. Cet état d’esprit a-t-il guidé votre carrière ?
C’est une valeur fondamentale à mes yeux. Rester humble a toujours été ma ligne de conduite. La vie, c’est comme un escalier. Tous les gens que l’on croise en montant, on les recroisera en redescendant. Ce sentiment m’a toujours guidé. Lorsque j’ai débuté, on m’a sans cesse répété de ne pas oublier d’où je venais, de garder la tête froide, d’avoir du recul sur les choses, de respecter les gens quels qu’ils soient et surtout, de ne jamais se prendre au sérieux. Toutes ces valeurs me parlent toujours au quotidien. J’apprécie plus que tout les personnes humbles et respectueuses.

Vos tatouages sont votre carnet de route. Ce premier film restera-t-il, à sa façon, gravé également ?
Il va être difficile de trouver de la place pour un nouveau tatouage - surtout sur les bras ! -, mais ma première expérience de comédien restera gravée à jamais. C’est une première et si le public m’apprécie dans ce nouveau challenge, alors j’espère renouveler cette expérience car j’adore jouer ! En tout cas, je suis attiré par de nombreux registres. Un film comme Forrest Gump représente le Graal à mes yeux. Tom Hanks est l’un des meilleurs acteurs de sa génération. J’adore les péplums à l’image de Gladiator, mais aussi les comédies féroces comme Le loup de Wall Street. Le spectre est large car je m’intéresse à beaucoup de styles différents. Les rôles puissants m’attirent. Je n’ai pas envie de jouer pour jouer. Je souhaite me réaliser à travers des personnages qui m’inspirent.

Le premier oublié, ce lundi 7 octobre à 21h05 sur TF1

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