Le temps est assassin - Caterina Murino : "Palma est une guerrière"

Le temps est assassin - Caterina Murino : "Palma est une guerrière"
Eté 1994. Palma Idrissi retrouve la terre corse, où elle n’a pas remis les pieds depuis quinze ans, pour passer des vacances familiales, entouré de ses deux enfants et de son mari, Paul.

Comment est né ce projet ?

Dès le début, j’ai été attachée à cette mini-série. Lorsque les producteurs ont décidé d’adapter librement le bestseller de Michel Bussi, ils ont pensé à moi pour incarner le rôle de Palma Idrissi et j’ai vraiment été enchantée. A la lecture du scénario, j’ai été à la fois intriguée et touchée par ce personnage, qui connaît une trajectoire assez unique. Interpréter un rôle aussi riche et douloureux à la fois est un honneur. Si apparemment l’équipe de production et le metteur en scène ont été satisfaits de mon travail, j’aimerais surtout savoir ce que pense Michel Bussi de mon interprétation car c’est lui qui a créé ma Palma et j’espère être restée fidèle à la beauté du personnage qu’il a dessiné.

Justement, qui est-elle ?

C’est une femme forte et fragile en même temps. Mère de deux adolescents, Clotide et Nicolas, et épouse de Paul, Palma fait montre, dès le premier épisode, de sa force de caractère. Face aux tempêtes qui s’abattent sur les siens dès son arrivée sur l’île, elle reste de marbre. Elle n’a pas le choix : elle doit défendre sa dignité de femme et son foyer jusqu’au bout, au péril de sa vie. Le poids des non-dits, du clan familial dont elle s’est toujours sentie rejetée, le mépris de son beau-père, Cassanu, et sa pression perpétuelle sur Paul vont se révéler dévastateurs. Palma sait parfaitement qu’elle n’est pas la bienvenue sur l’Île de Beauté mais en cet été 1994, elle a accepté de faire des efforts pour son mari et ses enfants et de revenir en Corse, après quinze ans d’absence. Pourtant, ce mois de juillet s’annonce tumultueux. Elle fait face à un mur en découvrant que non seulement sa belle-famille n’a pas changé mais que son mari est plus que jamais sous le joug de son père, qui règne de main de maître sur les terres corses.

Elle va aussi découvrir l’existence d’une autre femme, qui a compté dans la vie de son mari…

Palma se doute bien que Paul a connu d’autres femmes avant elle, mais elle n’a jamais entendu parler de l’existence de Salomé. Encore une fois, elle va tomber de haut en faisant, jour après jour, des découvertes traumatisantes. Elle vit un enfer et commence à avoir peur pour la sécurité de ses proches…

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce rôle ?

J’aime incarner des rôles douloureux, qui touchent l’âme. L’homme est capable du meilleur comme du pire. Palma va l’apprendre à ses dépens. Pour autant, cette fiction est un hymne à l’amour au sens large du terme, envers et contre tout. Il y aura beaucoup de pertes, mais l’amour va triompher au-delà de l’atrocité.

Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ?

J’ai l’habitude de tourner sur l’Île de Beauté et c’est toujours un bonheur ! Les paysages y sont grandioses et la chaleur des Corses n’est pas un mythe. Nous avons été très bien accueillis. Après L’Enquête corse et Et mon cœur transparent, c’est mon troisième tournage sur place, mais le plus complexe. J’ai vécu de nombreuses scènes difficiles à jouer sur le plan physique et psychologique. Cette grande saga familiale m’a aussi permis de faire de belles rencontres humaines. J’ai adoré travailler avec Claude-Michel Rome, un metteur en scène aussi exigeant que talentueux. Mathilde Seigner est une femme extraordinaire. Jenifer est absolument adorable. J’avais brièvement rencontré Grégory Fitoussi lors d’avant-premières et j’ai appris à mieux le connaître. Son jeu est touchant. J’ai également adoré jouer aux côtés d’Esther Valding et Théo Frilet, qui incarnent mes enfants à l’écran.

Comment choisissez-vous vos rôles ?

Toujours aux coups de cœur. Le rôle et le scénario doivent me faire vibrer. Travailler avec un bon réalisateur est aussi un gage de succès. Mais des personnes avec moins d’expérience ou de notoriété peuvent aussi faire des films merveilleux. Les réalisateurs m’offrent des rôles éclectiques et j’en suis ravie. De Casino Royale aux Bronzés 3 – Amis pour la vie, je fais le grand écart ! Le rôle de Palma est en tout cas le plus dramatique que j’ai interprété en France.

Vous êtes d’origine italienne. A l’image de Palma, avez-vous connu la sensation d’être «l’étrangère» ?

Bien sûr et c’est aussi pour cela que j’ai accepté ce rôle. J’habite en France depuis 2003 mais à cause de mon accent, de mon apparence, on me rappelle chaque jour que je suis étrangère. Ce n’est pas forcément de la méchanceté, mais c’est une réalité. Dans la vie quotidienne, j’ai toujours eu l’impression de «voler» la place d’un Français. C’est une douleur profonde que je porte en moi. C’est aussi un sentiment que je connais lorsque je rentre en Italie. J’ai désormais un léger accent français qui me singularise. Je ne me sens chez moi nulle part. C’est aussi pour cette raison que je suis si proche de Palma. J’ai épousé ce rôle avec mon vécu.

Quels sont vos projets ?

Le 27 novembre sortira le premier film de Michel Denisot, Toute ressemblance, dans lequel j’incarne la femme de Franck Dubosc. Je vais retourner en Italie pour reprendre une pièce de théâtre pour laquelle j’étais partie en tournée l’an dernier. Je ne fais aucun distinguo entre le cinéma, la télévision et le théâtre. Ce sont trois portes ouvertes à de beaux projets.

INTERVIEW / VANESSA VINCENT

Le temps est assassin, à découvrir à partir du Jeudi 29 août, 21h05 sur TF1

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