Quarante Enfoirés au Grand Coeur

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LNZ 1926
Par Elodie LEROY|Ecrit pour TF1|2014-02-19T16:26:00.000Z, mis à jour 2014-02-19T16:26:20.000Z

Quarante des plus grands artistes français invitent le public à fêter l'anniversaire des Enfoirés. Parmi eux, certains livrent leurs premières impressions, à chaud, entre deux concerts...

Tina Arena - « Un événement unique au monde »
« Après quatre ans d'absence, j'avais hâte de retrouver les Enfoirés. D'origine australienne, je me considère comme une citoyenne du monde et depuis vingt ans, je pose mes valises un peu partout sur le globe. Le spectacle des Enfoirés est un événement unique. Il est très rare qu'une quarantaine d'artistes donnent autant de leur temps, abandonnent tous leurs droits au service d'une même cause. Ces sept concerts sont des bijoux inestimables. Sachant que la vente d'un DVD permet de servir dix-huit repas, il n'y a pas à hésiter une seconde. Je retrouve avec bonheur une atmosphère grisante, l'accueil fantastique du public français et l'envie de donner le meilleur de moi-même. J'ai toujours des frissons en écoutant l'hymne des Restos et, humainement, je vis toujours de grands moments.»

Jean-Louis Aubert - « L'esprit des Enfoirés est resté le même »
« Mon premier souvenir aux Restos du Coeur ? Je jouais de la guitare pendant que Coluche servait la soupe aux bénéfi ciaires. Ce jour-là, j'enchaînais les morceaux derrière lui, j'avais un peu la gueule de bois et ma musique avait l'air de profondément ennuyer ceux qui venaient chercher leur bol de soupe ! Vingt-cinq ans après, les choses ont changé, mais l'esprit est resté le même. On se donne tous à fond et la fête est au rendez-vous. Coluche était un grand «déconneur» et les Enfoirés sont à son image. J'étais avec lui lorsqu'il a eu l'idée de créer les Restos du Coeur. Assis sur un canapé, nous suivions les informations. La communauté européenne brûlait de la viande, jetait de la nourriture, le gâchis s'étalait sous nos yeux et nous étions impuissants. Coluche s'est emporté. Il trouvait scandaleux de jeter des aliments alors que tant de gens avaient faim. Il voulait faire quelque chose et rien ne pouvait l'arrêter.»

Amel Bent - « On suit tous les directives de J.J .»
« Les journées sont denses, mais ce n'est que du bonheur. En arrivant, nous sommes tous heureux de nous retrouver. Après une grosse journée de répétitions, le premier concert arrive...et le trac aussi ! A chaque fois, nous sommes surpris par cette magie qui opère instantanément dès que les lumières s'éteignent. Nous suivons tous les directives de « J.J.» et la cohésion du groupe fait le reste. Si les années passent, je garde toujours en mémoire ma première participation aux Enfoirés, à Bercy. J'avais une petite voiture sans permis toute «pourrie» et j'avais honte d'aller me garer sur le parking des artistes. Je suis donc arrivée un peu en retard, exprès, et me suis cachée en me garant derrière un gros 4x4. J'ai alors vu arriver un cycliste en train de siffler sur un vieux vélo avec un petit panier devant : Jean-Jacques Goldman ! Je pouvais donc frimer sans problème avec ma voiture sans permis ! »

Patrick Bruel - « L'émotion est toujours au rendez-vous »
« Je suis fidèle au poste depuis plus de vingt ans. Des dizaines de moments forts me reviennent en tête et je ne peux en extraire un en particulier. Nous essayons, chaque année, de faire plus fort, d'aller plus haut, et l'émotion est toujours au rendez-vous. A chaque fois qu'une édition se termine, une question se pose : comment faire mieux l'année suivante ? En 2013, nous avons encore battu un record en réunissant 13,6 millions de téléspectateurs. Nous sommes en 2014, espérons que l'on atteigne... les 14 millions ! C'est une émission imparable pour rapporter de l'argent, le nerf de la guerre, à une cause fondamentale, et tous les moyens sont bons. Je me souviens encore de l'appel de Jean-Jacques pour me proposer de participer au troisième spectacle, Les enfoirés chantent Starmania, en 1993. Depuis, je n'ai jamais quitté le bateau. Bien sûr, on souhaiterait que la donne s'inverse mais ce n'est pas le cas, alors on est là ! »

Julien Clerc - « Partir pour mieux se retrouver »
«Voilà trois ans que je n'avais pas rejoint les Enfoirés et je retrouve, cette année, la troupe avec grand plaisir. J'aime l'idée de partir pour mieux se retrouver. Cette pause m'a remotivé et j'avais envie de revivre des émotions grâce à la puissance de ce spectacle au service d'une belle cause. Je m'investis dans chaque concert et n'hésite pas à suggérer des idées à Jean-Jacques, notre chef d'orchestre, qui est à l'écoute de chacun. C'est une entreprise assez collégiale. Cette fois, mes camarades me font le plaisir de reprendre Ce n'est rien et j'en suis touché. Ce spectacle est d'une créativité folle. Il est à la fois empreint d'une grande sincérité, d'une bonne dose de folie et de dérision. Ce que nous vivons ici, en vase clos durant une semaine, est difficilement descriptible. Je crois que cet événement est encore aujourd'hui unique au monde.»

Thomas Dutronc - « Mes talents de danseur disco au service de la bonne cause »
« Nous nous amusons beaucoup et, en même temps, cette grosse machine demande beaucoup d'investissement personnel, de temps et de travail. Nous le faisons pour la bonne cause et parce que notre présence est importante.
Jean-Jacques a créé un événement incroyable et nous avons tous beaucoup de chance d'être invités à participer à cette manifestation un peu folle, unique en son genre. C'est l'occasion de retrouver les artistes, de vivre ensemble un moment de fête. Cette année, je danse beaucoup plus que je ne chante et cela me fait plaisir. Je mets donc mes talents de danseur disco au service du spectacle et je me suis déchaîné sur le tableau dédié aux Daft Punk. Mon plus grand souvenir demeure mon déguisement de pingouin. Il y a une vie avant... et après ! »

Grégoire - « Un répertoire exceptionnel revisité à la sauce Enfoirés»
«Je fais partie des Enfoirés depuis cinq ans et je remarque que l'humour tient une place de plus en plus importante dans le spectacle. J'ai adoré participer au sketch consacré au tirage au sort de la Coupe de Foot des Enfoirés avec Michaël Youn et Patrick Fiori. En revanche, avec ma crête sur la tête, j'ai l'impression de me promener avec un oiseau mort sur le crâne ! Le tableau qui me touche le plus est incontestablement celui chanté par la chorale d'enfants. A quoi ça sert l'amour ? est interprété avec une telle justesse et tant de spontanéité qu'il est inoubliable. Encore une fois, le public découvre un répertoire exceptionnel, revisité à la « sauce Enfoirés » avec ce grain de folie qui caractérise chaque concert. Les « piliers » et les jeunes unissent leurs talents à chaque fois et le résultat va au-delà de nos espérances.»

Maxime Le Forestier - « Mon plus beau souvenir ? Mon duo avec Vanessa sur Mistral gagnant »
« Voilà dix-sept ans que je suis un Enfoiré et les choses ont naturellement beaucoup changé. Au début, nous n'étions que quelques copains à sillonner les routes. Aujourd'hui, nous sommes une quarantaine. J'ai toujours été fi dèle au poste. On peut me faire faire n'importe quoi, cela fait partie du jeu. En coulisses, c'est un vrai marathon et il y a bousculade entre les changements de tableaux. Avec les années, nous sommes passés des duos aux medleys. Mon plus beau souvenir demeure mon duo avec Vanessa Paradis, en 1998, sur Mistral gagnant. J'ai dû aller répéter le morceau à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière car elle venait de se blesser à la jambe. J'ai vécu un moment d'émotion rare. Jean-Jacques a les clés de la maison. C'est à lui qu'incombe l'immense mission de proposer un spectacle qui saura séduire le public. Je connais l'homme et j'ai confiance en lui. Les Restos du Coeur lui doivent beaucoup et la moindre des choses est d'être à sa disposition, même s'il m'a accoutré en tout et n'importe quoi ! »

Nolwenn Leroy - « Libérer du temps pour ceux que l'on n'entend jamais »
« Je fais partie de la troupe depuis huit ans et je suis l'une des marraines de la Fondation Abbé-Pierre depuis 2006. L'engagement associatif me tient à coeur et je me fais un devoir de libérer du temps pour ceux que l'on n'entend jamais. Les Enfoirés représentent beaucoup pour moi. Vingt-cinq ans après, le problème n'est pas résolu. Il y a toujours autant de personnes dans la rue qui ont faim, froid, et n'ont pas de toit. Les combats que je mène auprès de la Fondation Abbé-Pierre et des Enfoirés sont liés car avant de trouver un logement et d'envisager des solutions à long terme, il faut répondre aux urgences. Je me réjouis cette année encore de l'inventivité dont Jean-Jacques a fait preuve pour créer d'aussi beaux tableaux. Je pense, en particulier, à celui du Magicien d'Oz qui est vraiment féerique. A part avoir revêtu, une année, un costume de majorette pour interpréter Femmes des années 80 de Michel Sardou, j'ai plutôt été épargnée par Jean-Jacques jusqu'à présent ! »

Christophe Willem - « J'ai droit à un bizutage annuel »
« Cela devait arriver... Cette année, je suis déguisé en chauve-souris ! Personnellement, je pense que c'est une chance puisque mon corps me permet de tout porter (rires) ! Jean-Jacques l'a bien compris et en abuse comme il se doit ! Je repousse toujours mes limites et j'ai droit à un bizutage annuel ! J'apprécie d'autant plus de revenir à Strasbourg que j'avais intégré la bande des Enfoirés ici même, en 2008. La fête continue le soir au bar de l'hôtel. Nous nous retrouvons autour du piano. Les boeufs s'enchaînent et nous nous couchons très tard ! J'ai la sensation de faire partie d'une comédie musicale durant une semaine. Cela me fait évidemment plaisir d'écouter mes petits camarades se réapproprier mon titre, Jacques a dit, d'une façon très inattendue...Nous vivons avec le public un moment de partage et de communion d'une rare intensité. C'est une sacrée aventure humaine ! »

Zaz - « J'essaie toujours de me dépasser »
« C'est ma quatrième année avec les Enfoirés et j'ai l'impression de faire partie de la famille depuis toujours. J'ai encore le peignoir que Zazie m'a offert lors de mon bizutage sur scène à Montpellier, en 2011. Donner de mon temps et de mon énergie au service de cette grande cause est essentiel pour moi. J'essaie toujours de me dépasser. La vie m'a beaucoup gâtée et j'ai envie de rendre au centuple ce que l'on m'offre. On ne peut pas vivre de chimères et, pourtant, j'ai envie de croire qu'un jour, plus personne n'aura à pousser les portes des Restos du Coeur pour manger.
Dès la fin de cette édition, nous connaissons les dates pour l'année suivante et je m'organise en fonction de ce planning. L'ambiance est excellente et je reconnais que je me couche très, très tard en ce moment...

Trois Nouveaux invités à l'Anniversaire des Enfoirés

Dany Boon - « J'ai été bizuté comme il se doit ! »
« Je suis vraiment heureux d'avoir enfin eu le temps d'intégrer la troupe. Les années précédentes, les tournages et les spectacles me retenaient. Désormais, je ne tourne qu'un fi lm par an. Avoir du temps est un luxe et je peux, cette année, savourer ce moment. Faire rire pour la bonne cause est le plus important. J'ai été bizuté comme il se doit car je finis en slip devant douze mille personnes avant de me retrouver au lit... avec Tal. Heureusement, je ne risque pas de scène de ménage puisque ma femme est en coulisses ! S'autohumilier est très difficile, mais le public a beaucoup rikk, donc je m'incline ! J'ai vraiment été très bien accueilli par tous les artistes et je m'amuse énormément. Hélas, j'ai dû faire un numéro avec Kad alors qu'il est insupportable mais c'est ainsi (rires) !
Ce n'est un secret pour personne : je ne suis pas chanteur et j'ai dû longuement répéter avant d'entrer sur scène. J'ai, en revanche, donné des idées concernant les sketchs et oeuvré en coulisses avec les autres comédiens. J'ai d'ailleurs pour ambition que l'année prochaine, il n'y ait plus de chansons, uniquement des sketchs. Je prépare un coup d'Etat pour la prochaine édition et vais de ce pas en informer Jean-Jacques. Il n'est pas très costaud, je devrais avoir le dernier mot ! »

Michaël Youn - « Je n'en reviens toujours pas d'être là »
« J'ai dû plusieurs fois décliner l'invitation des Enfoirés à cause de mon agenda et c'était très frustrant. Je voulais pouvoir m'investir à 200 %. C'est chose faite. Je n'en reviens toujours pas d'être là. Moi qui regardais, chaque année, les Enfoirés à la télévision, je chante avec Jean-Louis Aubert, Jean-Jacques Goldman, Julien Clerc, des dieux qui me font vibrer depuis toujours ! Le premier soir, à la fin du concert, j'avais du mal à redescendre sur terre... J'ai découvert une bande de saltimbanques qui mettent leur ego de côté et produisent un spectacle pour la bonne cause en amusant et en s'amusant. Comme Obélix, je suis tombé dans une marmite de potion magique lorsque j'étais petit et j'ai de l'énergie à revendre. J'en profi te et je la fais partager au public lorsque je reprends Fous ta Cagoule pendant l'un des interludes. Ce spectacle est avant tout généreux. Lorsque j'ai proposé mon sketch sur la modernisation de l'hymne des Enfoirés à Jean-Jacques, il a tout de suite accepté. Il fait preuve de beaucoup d'autodérision et nous nous sommes vraiment amusés. La chanson des Restos réadaptée en version électro, R'n'B, zouk et rap vaut le détour ! Il faut savoir vivre avec son temps ! »
Emmanuel Moire - « Je prends un plaisir fou »
« J'ai tout de suite plongé dans le bain car les Enfoirés m'ont très bien accueilli et je me suis senti adopté. Chorégraphies, placements sur scène, tableaux, chansons, medleys... J'ai suivi toutes les indications du capitaine Jean-Jacques et je prends un plaisir fou à monter sur scène. Tout le monde est très solidaire.
J'aime cet état d'esprit. Nous venons pour l'association et en même temps, nous nous amusons énormément en chantant, en dansant, en nous déguisant... Il y a une convivialité et un esprit de famille qui n'existe nulle part ailleurs. Je n'ai pas encore été bizuté mais je n'ai peur de rien ! Je suis très ému à la fin de chaque concert. L'hymne des Enfoirés me donne toujours des frissons et voir le public euphorique, en totale communion avec nous, est vraiment touchant. Très fier d'être enfin avec eux, je découvre l'aventure cette année et ne suis pas prêt de quitter le bateau.»