Lost : Mythologie et culture pop [Page 1]

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Par Victor LOPEZ|Ecrit pour TF1|2010-05-25T22:01:00.000Z, mis à jour 2010-05-25T22:01:00.000Z

La mythologie de Lost prend sa source dans un foisonnement de références pop, digérées dans une série qui rejoue à sa façon tous les thèmes du fantastique. Passage en revue non exhaustif de ces références.

A Hurley, qui, comme beaucoup de personnages de Lost, va sincèrement nous manquer.

Irrité par les questions sur son père, Miles arrache des mains d'Hurley le mystérieux carnet dans lequel le sympathique geek semble cacher ses secrets les plus personnels. Celui-ci explique alors : « J'écris L'Empire contre-attaque. On est en 1977. Star Wars vient de sortir. Bientôt, Lucas voudra faire une suite. J'ai vu le film 200 fois. Je me suis dit que je pouvais lui faciliter les choses en lui envoyant le scénario... avec quelques améliorations ». Sous ce clin d'œil amusant se cache peut-être une des clefs de Lost, dont le projet est finalement assez proche de la tentative d'Hurley : réécrire en six saisons une histoire du fantastique en en revisitant ses thèmes et classiques... avec quelques améliorations.


De Retour vers le futur à Airport, de Lewis Carrol à Green Lantern, tout y passe. Ce fourmillement de références qui éclairent les parcours des personnages, tout en étant parfaitement intégré à la narration, transforme la série en un condensé boulimique de la culture geek, sorte de génial digest, qui a pour but de faire partager à un public, le plus large possible, les joies d'univers décalés.

"Le projet de Lost est de réécrire une histoire du fantastique en en revisitant ses thèmes et classiques... avec quelques améliorations."


Lost


Une mythologie télévisuelle.
A première vue, le pitch de Lost pourrait faire penser à un croisement sophistiqué entre Survivor, l'émission de télé réalité U.S. qui a inspiré notre Koh-Lanta, et L'île des naufragés, une sitcom au titre évocateur produite par ABC dans les années 60. Mais lorsque que le projet échoue sur le bureau de J.J. Abrams, le roi des geek, et Damon Lindelof, l'autre tête pensante de Bad Robot, les deux hommes y voient aussitôt un moyen de rendre hommage à une culture télévisuelle plus personnelle. En fans de La Quatrième dimension, ils se focalisent sur les mystères de l'île plutôt que sur les parties de pêche, et optent pour une structure en Flashback dont chaque récit éclaire le passé des personnages en se terminant sur un retournement de situation très proche de la technique narrative qui animait la série des années 60. Il est même possible de placer le texte du générique de Rod Sterling en ouverture de Lost sans avoir à y changer un mot tant son sens colle parfaitement à l'atmosphère de l'île mystérieuse : « Il existe une dimension au-delà de ce qui est connu de l'Homme (...) elle est à la croisée de l'ombre et de la lumière, de la science et de la superstition, elle est le point de rencontre des ténèbres crées par les peurs ancestrales de l'Homme et de la lumière de son savoir...».

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L'autre grande série fantastique des années 60 qui irrigue Lost est Le Prisonnier. On y retrouve un même lieu unique et inquiétant, allégorie de notre monde où évoluent des personnages qui n'arrivent pas à y échapper. Les débats lancés sur la signification de l'île et de Lost rappellent d'ailleurs fortement ceux provoqués par les visions de Patrick McGohan. Et quand, au début de la saison 3, on découvre le village Dharma, il est impossible de ne pas penser à celui du Prisonnier, avec Benjamin Linus dans le rôle du numéro 2, obéissant aux ordres du mystérieux et alors invisible numéro 1 : Jacob.

Cette relecture des classiques permet de lancer des pistes érudites tout en s'en appropriant la mythologie dans un fascinant exercice de décalquage postmoderne. Mais Lost pousse le jeu du clin d'œil référentiel encore plus loin en inventant une série dans la série : Exposé, parodie de Drôle de dames dont une malheureuse actrice se trouve à bord du vol Oceanic 815. Lost recycle, mais crée aussi ses propres références. Dans la série, on écoute Drive Shaft ou Geronimo Jackson un verre de l'excellent Whisky McCutcheon à la main. Par ce mélange de références réelles et fictives, Lost arrive à consolider un univers cohérent et ludique, faisant le bonheur du spéctateur attentif qui croit alors d'autant plus au monde décrit.