Marie et François ou le masculin féminin

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Marie et François/Mes amis, mes amours, mes emmerdes
Par Ariane Grassi (TF1)|Ecrit pour TF1|2009-10-02T12:00:00.000Z, mis à jour 2009-10-02T12:00:00.000Z

Alors que les couples mariés de la bande de Mes amis, mes amours, mes emmerdes... partent à vau l'eau, les deux célibataires endurcis décident de tenter ensemble l'aventure de l'amour ! Serge Hazanavicius et Elise Tielrooy forment un couple tout neuf, aussi improbable que touchant.

Elise Tielrooy et Serge Hazanavicius dans les rôles de Marie Belot et François Kleber.Marie et François/Mes amis, mes amours, mes emmerdes

Qui se cache derrière François et Marie, vos deux personnages ?
Serge Hazanavicius : François est un père célibataire, très proche de sa petite fille de dix ans. C'est un vrai gentil, qui fuit devant le conflit. Vétérinaire, il rêve d'une vie d'aventures, mais quand il s'agit de passer à l'acte, c'est un peu plus compliqué...
Elise Tielrooy : Marie est une avocate qu'on imagine plutôt commise d'office, pas très riche ! Elle est très enthousiaste et ne se laisse pas encombrer par les problèmes. Elle est honnête et juste sur ce qu'elle est et ce qu'elle veut, sauf avec les hommes ! C'est une catastrophe, elle manque totalement de confiance en sa féminité.

Pourquoi avoir choisi de jouer dans Mes amis, mes amours, mes emmerdes... ?
SH : D'abord, il y a la chanson, ce qu'elle raconte, l'ambiance dans laquelle elle nous plonge. Dès la première lecture, il s'est passé un truc entre les six comédiens : nous étions tous dans la même énergie. J'aime les films choraux car j'aime l'idée d'une responsabilité partagée entre les acteurs. Partir sur la longueur permettait également de donner plein de couleurs à ce personnage qui me ressemble un peu.
ET : J'ai été séduite par le côté grégaire de la série. Dans ce groupe, les gens ne se ressemblent pas mais on sait pourquoi ils sont ensemble. Par ailleurs, j'ai eu beaucoup de tendresse pour le personnage de Marie dès la lecture du scénario. Je n'avais pas été castée pour ce rôle au départ, mais c'est elle qui me touchait le plus dans son indétermination entre le masculin et le féminin.

Dans le couple que forment François et Marie, les rôles semblent d'ailleurs inversés entre l'homme et la femme...
SH : François est un rêveur, il bafouille devant l'obstacle. Ce vrai doux est avant tout un père, c'est la pierre angulaire du personnage.
ET : Marie est très maladroite : elle se jette à la figure de François mais trouve naturel qu'il la rabroue, ce qu'elle croit mériter. J'ai aimé ce mélange qui existait déjà à l'écriture et qu'on a affiné au fur et à mesure. Sa naïveté et sa fragilité me la rendent attachante, et moi qui suis à moitié hollandaise, je retrouve en elle le caractère assez carré des Hollandais !

Mes amis, mes amours, mes emmerdes... n'est pas votre première collaboration...
SH : Nous avions déjà tourné ensemble et nous interprétions déjà un couple. Ça créé des liens ! Sur le tournage, on s'est accompagnés l'un l'autre, j'espère que cette complicité transparaît à l'écran. Il y a quelque chose d'improbable dans cette histoire d'amis qui se connaissent depuis quinze ans et décident qu'ils sont amoureux !
ET : En tant qu'acteur, j'adore le travail de Serge. Il me faisait souvent beaucoup rire, mais pas de la façon dont je l'imaginais : c'est plutôt agréable d'être surprise par son partenaire. Humainement, je l'aime beaucoup. Tous les six, on s'est éclatés ! Je connaissais tout le monde sauf Bruno et Anne. Savoir qu'on partait en copains, c'était plutôt agréable !

Dans une troupe d'acteurs ou d'actrices, n'est-il pas difficile de trouver sa place ?
SH : Si les producteurs nous ont mis ensemble, c'est parce qu'ils ont pensé que ça marcherait. Chacun a apporté une touche différente, on s'est beaucoup appris les uns les autres. Nous avions envie que tout se passe bien et nous avons tout fait pour. Nous avons tous à peu près le même âge, nous faisons le même métier, donc nous avons vécu et nous vivons les mêmes choses. Ca rapproche !
ET : Il n'y a pas eu de rivalité, on s'est approprié les rôles différemment, chacun a trouvé son gimmick, sa façon d'être là et d'être drôle. Je pense que c'est rare de rencontrer une équipe de tournage capable de passer ensemble 3 mois et demi sans se marcher sur les pieds.

Votre expérience de l'amitié se rapproche-t-elle de celle de vos personnages ?
SH : J'ai les mêmes potes depuis toujours, mais je vis moins en bande que ça. Leur amitié d'ados me touche : contrairement à la vraie vie, tout est multiplié par six car ils ressentent très fortement ce que vivent les autres. Le groupe des six forme un personnage ! Cela créait une ambiance très fraternelle sur le plateau.
ET : J'ai de très bons amis, mais quand on construit sa vie avec des enfants, c'est moins facile de rester en bande ! Je trouve très juste la façon dont celle-ci est décrite. Dans chaque personnage, on voit les deux côté de la médaille : par exemple, un homme léger comme Fred fait marrer tout le monde, mais il n'est pas toujours facile à vivre.

L'humain est au cœur de cette fiction, pensez-vous qu'être dirigé par une réalisatrice fasse une différence ?
SH : Je ne crois pas que ce soit une question d'homme ou de femme. J'ai tourné avec des hommes et des femmes, et je serai incapable de les classer en deux catégories. C'est la personnalité qui influence la mise en scène.
ET : J'ai adoré la proximité que Sylvie Ayme avait avec nous, les filles : on a pu parler des personnages vraiment en profondeur. Elle a apporté sa sensibilité féminine à cette écriture mixte, c'était intéressant. Mais cela reste une question de personnalité, il y a des réalisatrices qui adorent les films d'action !


Propos recueillis par Ariane Grassi