Quand une chanson devient fiction...

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Marie-Luce David et Jean-Marc Auclair, auteurs de Mes amis, mes amours, mes emmerdes
Par Ariane Grassi (TF1)|Ecrit pour TF1|2009-10-01T09:31:00.000Z, mis à jour 2009-10-01T09:31:00.000Z

Six amis, trois couples, une série... et quatre mains pour l'écrire ! Pour leur première collaboration, les scénaristes Jean-Marc Auclair et Marie-Luce David se sont laissés gagner par l'esprit d'amitié de Mes amis, mes amours, mes emmerdes...

Marie-Luce David et Jean-Marc Auclair, auteurs de Mes amis, mes amours, mes emmerdes.Marie-Luce David et Jean-Marc Auclair, auteurs de Mes amis, mes amours, mes emmerdes

Comment est né le projet de Mes amis, mes amours, mes emmerdes... ?
Jean-Marc Auclair : J'avais envie d'une série sur des copains. Ça n'existe pas, c'est quand même dingue ! Cette bande qui ne se quitte jamais, c'est un peu un fantasme car je n'ai jamais vu ça chez des quadragénaires ; mais depuis le début, je souhaitais faire une série qui transmette sa bonne humeur aux téléspectateurs, en mêlant comédie et émotion. La production a fait appel à Marie-Luce dans l'idée d'avoir un homme et une femme à l'écriture, et donc des visions complémentaires.
Marie-Luce David : Je suis arrivée au moment de l'écriture des scénarios, quand l'intention a laissé la place à la mise en chair. On a redéfini les personnages, mais sans changer l'esprit, l'amitié restant au cœur de l'histoire.


A quel moment la chanson d'Aznavour s'est-elle imposée comme titre ?
JMA : Sur une de mes précédentes fictions dans laquelle on pouvait entendre un extrait de Mes amis, mes amours, mes emmerdes..., j'avais lancé : "Un jour, je ferai une série qui s'appellera comme ça" ! C'est un monument de la chanson française, et puis avec elle, tout est dit ! Elle résume la série. D'ailleurs, on s'est rendu compte à la fin que si nous avions réécrit tous les dialogues, le titre, lui, n'avait jamais changé !


Comment s'est organisé votre travail de coscénaristes ?
JMA : C'est mystérieux l'écriture à quatre mains... Si on veut tracer les grands traits de notre collaboration, j'étais dans la comédie et Marie-Luce dans la psychologie, mais c'est devenu un véritable échange. On se rencontrait au moment d'imaginer les histoires et de discuter les scènes, puis les textes circulaient de l'un à l'autre.
MLD : Au départ, Jean-Marc était plus sur les situations de comédie. De mon côté, j'étais dans la volonté de dessiner les personnages, pour leur donner du souffle, quelque chose à défendre sur la longueur. Puis nos rapports ont évolué, chacun lisant, reprenant, s'échangeant le travail de l'autre. Même si ce n'est pas un exercice facile, cela s'est fait dans une grande souplesse, avec une belle ouverture d'esprit.


Quelles ont été vos sources d'inspiration ?
JMA : Nous n'avons surtout pas voulu copier de schémas existants. Je m'interdisais même de regarder les séries qu'on me conseillait ! On s'inspire de la vie, d'incidents personnels..., même si on ne vit pas tous d'événements aussi forts que nos personnages.
MLD : On ne sait jamais très bien ce qui nous inspire. Un reportage à la télévision, une conversation chez le boucher, les confidences d'un ami... Les scénaristes sont des pilleurs ! Avec l'expérience, un processus se déclenche quand je me mets devant le clavier : je pars dans un autre monde. C'est un peu comme quand un comédien s'empare d'un personnage et entre dans sa peau.


L'un des personnages a-t-il votre préférence ?
JMA : A l'écriture, Bernard Yerlès (Fred), garagiste, joueur de poker et menteur, «bouffait» tout le monde ! Une fois le casting en place, j'ai adoré l'interprétation de Florence Pernel (Caroline); sa précision de jeu est extraordinaire et ses petites touches de folie me faisaient rire à mourir.
MLD : J'aime tous les personnages, sinon je ne pourrais pas les écrire ! Néanmoins, ceux de Anne Charrier (Nathalie) et Serge Hazanavicius (François) m'ont assez surprise : ils sont allés là où on ne les avait pas forcément imaginés.


On vous a vus régulièrement sur le tournage ; pour quelle raison ?
JMA : Par curiosité ! Et puis, la réalisatrice et les comédiens étaient contents de nous voir. Nous avons eu une belle entente avec ces derniers. Lors de la dizaine de lectures que nous avons pu faire avec eux, ils ont senti une vraie écoute de notre part. Bruno Madinier, par exemple, nous a fait comprendre que son personnage avait beau être le moteur de l'histoire, il n'existait pas dans les dialogues. En général, ce qu'ils disaient allait dans le sens de ce que nous avions imaginé, et nous n'avons pas hésité à réécrire plusieurs passages.
MLD : Aller sur le tournage, c'est la cerise sur le gâteau ! Voir une équipe de tournage et des comédiens incarner ce qui a gambergé dans nos petites têtes procure une sensation incroyable, c'est extrêmement surprenant. C'est un moment étrange, à la fois de grande joie et de peur. On se demande forcément si ce qu'on a écrit est à la hauteur de l'énergie déployée !



Propos recueillis par Ariane Grassi