Munch - Interview d'Isabelle Nanty : "Pourquoi Munch s’assagirait-elle ?"

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Maître Munchovski reprend du service ! Isabelle Nanty rendosse avec excitation la robe d’avocat pour une seconde saison mouvementée.

Dans quel état d’esprit abordiez-vous cette seconde saison ?
J’étais très heureuse de retrouver l’équipe, le metteur en scène et mes partenaires. C’est à chaque fois un plaisir intact de se revoir et l’ambiance sur le tournage est plutôt joyeuse. On s’amuse beaucoup ! Dans Munch, il y a un vrai destin à incarner et des situations épineuses à éclaircir, en lien avec la vie publique et civique. C’est une belle aventure que l’on a entreprise dans le respect des uns des autres. Toute l’équipe s’entend parfaitement avec les réalisateurs Nicolas Guicheteau et Frédéric Berthe. Je suis bien entourée.

Que nous réserve maître Munchovski dans les épisodes à venir ?
Mon personnage n’aime décidément pas être dans les clous et ses «muncheries» ne sont pas près de prendre fin ! Pourquoi s’assagirait-elle ? Elle n’a rien à perdre et apparemment, elle vit sans attaches. Son métier demande beaucoup de courage, à un degré que je n’ai pas à titre personnel. C’est agréable de jouer un personnage qui a plus d’audace que vous. Elle se bat au nom des principes fondamentaux de la démocratie, des droits de l’homme, de la liberté de chacun à être défendu. Hélas, la justice ne va pas assez vite pour elle. Contourner les règles lui permet de faire des queues de poisson et d’aller plus vite que l’administration.

En ce début de saison, elle n’a pas encore réintégré le barreau…
Effectivement, encore suspendue pour quelques jours, Munch apparaît en mauvaise posture. Son associé, Hubert Bellanger, est parti mener grand train à New York et elle doit gérer seule leur cabinet, épaulée par Gaspard, Aurélien et Clarisse. Cette phase d’instabilité la fragilise un peu. L’absence de Bellanger lui pèse plus qu’elle ne veut l’avouer car c’est un ami proche. Ils partagent un lien assez fraternel. Quelles que soient la distance, leurs vies, les chemins choisis par chacun, ils sont indéfectiblement liés. Par ailleurs, même si elle n’est plus officiellement en fonction, Munch ne peut lutter contre sa nature profonde. Elle continue donc à s’impliquer dans les affaires en cours même si le destin l’entraîne parfois dans des situations exceptionnelles. Quelle est la probabilité de se faire enlever dans la salle des pas perdus ? C’est sûrement son karma !

Dans Destins croisés, Munch assure la défense d’un homme accusé d’homicide, incarné par JoeyStarr. Comment s’est déroulée votre rencontre ?
Nous nous connaissions peu même si nous nous sommes parfois croisés. Nous avons même eu un projet en commun dans le passé, mais il n’a pas vu le jour. Didier est un artiste que je suis depuis longtemps. Il est profondément charismatique et nature. C’est une personne impressionnante par sa résonance, par la transformation de ses malheurs en art. Il a une voix incroyable, un regard et une présence saisissants. Je l’ai trouvé talentueux dans tous ses films. Il y a une grande justesse dans son jeu de comédien.

Cette nouvelle saison voit également l’arrivée de Stéphane Guillon dans le rôle de maître Pierre Lomard…
Son arrivée va permettre aux téléspectateurs d’en savoir plus sur le passé de mon personnage. J’aimais beaucoup Stéphane lorsqu’il était uniquement acteur, avant qu’il ne soit le poil à gratter qu’il est devenu. Il a un regard d’ange, très doux, et j’affectionne les personnages qui portent l’indignation en eux. Il dégage beaucoup de charme. JoeyStarr et Stéphane Guillon sont deux électrons libres.

Dans le reflet d’un miroir, Munch vous ressemble-t-elle?
Non. Je pense qu’elle est ce que je ne m’autorise pas à être. Elle est beaucoup plus «grande gueule», plus rapide et plus audacieuse que moi. Si j’ai cette spontanéité en tant qu’actrice, je suis beaucoup plus révérencieuse et plus silencieuse dans la vie quotidienne… tout l’inverse de Munch ! En revanche, nous avons pour point commun d’aimer notre prochain.

Y-a-t-il un rôle dont vous rêvez ?
Non, mais j’affectionne les personnages qui s’impliquent dans notre société, dont le rayonnement permet de faire changer les choses. Les films engagés convainquent uniquement ceux qui le sont déjà. Je souhaiterais donc interpeller pour convaincre. Les politiciens nous embrouillent car les enjeux sont beaucoup moins humains que financiers. En définitive, j’ai la sensation que les Français votent en fonction de leur portefeuille, de ce qu’ils veulent conserver et non pas en fonction de joyaux précieux comme la démocratie et le partage. Donner des éclairages, pousser les autres à être acteurs de leur vie et non pas spectateurs est très ambitieux, mais si un film pouvait m’en donner l’occasion, j’en serais ravie.


Interview : Vanessa Vincent

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