Message du président et de la vice-présidente du Sidaction

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Par Elodie LEROY|Ecrit pour TF1|2016-03-31T19:00:37.803Z, mis à jour 2016-03-31T19:00:37.803Z


« Nous avons de bonnes et de mauvaises nouvelles à vous annoncer.

La bonne nouvelle est que 2015 a été marquée par des avancées : nouveaux moyens de dépistage avec les autotests, nouveaux moyens de prévention avec la PrEP, le traitement préexposition… Ces progressions ont permis de franchir des étapes majeures dans notre lutte contre la maladie et n’auraient pu voir le jour sans la recherche et sans votre fidèle soutien.

Nous aurions aimé ne vous annoncer que de bonnes nouvelles, vous dire que nous avons presque gagné le combat contre le sida. Or, malgré l’annonce d’une éventuelle fin de l’épidémie en 2030, nous en sommes bien loin.

La récente publication des chiffres épidémiologiques parle d’elle-même. 2015 a enregistré un nombre record de nouvelles infections par le VIH en une année. Aujourd’hui, dans le monde, 36,9 millions de per­sonnes vivent avec le VIH. Malgré l’ampleur de ces chiffres, ils demeurent enfouis sous des discours poli­tiques optimistes.En France, 6 600 personnes ont encore découvert leur séropositivité en 2014. Un nombre similaire à l’an­née 2007. Preuve que la dynamique du VIH est toujours très active. Autre point négatif : malgré des stra­tégies de prévention ciblées, les jeunes sont autant concernés qu’en 2013. En 2014, 11 % des personnes ayant découvert leur séropositivité ont entre 15 et 24 ans.

Ces chiffres viennent s’ajouter à des mots qui heurtent : discriminations, isolement, traitements lourds, rejet, précarité. Parce que, oui, grâce à la recherche, nous sommes fiers de dire que nous pouvons vivre avec la maladie. Mais à quel prix ? 

Nous assistons à un regain de l’épidémie de VIH, dont on ne guérit toujours pas. Face à cette urgence, nous nous devons d’agir et de redoubler d’efforts. Des efforts intenses et coûteux, certes, mais nécessaires. Parce que, nous le savons, prévenir et soigner coûte cher, mais cela coûtera toujours moins cher que d’enterrer la jeunesse de notre pays. 

Pour cela, nous avons besoin de votre soutien. Car lutter contre le VIH, c’est lutter contre les préjugés, porter des politiques audacieuses et accroître nos efforts de prévention.

Ensemble, nous avons la responsabilité et le devoir de continuer sans relâche d’informer, de sensibiliser, d’aider les malades, d’apporter notre soutien à la recherche médicale, de vaincre les discriminations.

Car le sida se soigne aussi avec vous, les médias. Un monde sans sida n’est pas une utopie. Il est entre nos mains. Ensemble, nous en avons les moyens. Pour nos jeunes, ensemble, relevons le défi. »


Pierre Bergé

Président de Sidaction

Line Renaud

Vice-présidente de Sidaction