Jacques Weber nous parle de Folie Douce

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Folie douce
Par Aurélie Binoist|Ecrit pour TF1|2010-02-18T13:48:00.000Z, mis à jour 2010-02-18T13:48:00.000Z

Dans Folie douce, Jacques Weber est Claude, le mari de Juliette. En couple depuis de nombreuses années, il a peu à peu laissé l'indifférence s'immiscer entre eux. Une situation qui semble lui convenir. Jacques Weber nous donne sa vision de son personnage. Lundi 8 mars à 20h45

Folie douce
UNE VISION DU COUPLE
Interview de Jacques Weber / Claude
Dans Folie douce, Jacques Weber est Claude, le mari de Juliette. En couple depuis de nombreuses années, il a peu à peu laissé l'indifférence s'immiscer entre eux. Une situation qui semble lui convenir. Jacques Weber nous donne sa vision de son personnage.

Pourquoi avoir accepté de participer à Folie douce ?
Je dirais qu'il y avait trois raisons essentielles. Je venais de tourner dans Le Bal des actrices où je partageais avec Muriel Robin une scène de dispute extrêmement forte, qui a d'ailleurs beaucoup fait parler d'elle. La retrouver peu de temps après cette scène si violente dans le rôle de ma femme était amusant. De plus, lorsque j'ai lu le scénario, j'ai trouvé qu'il était très bien écrit. J'avais déjà failli collaborer plusieurs fois avec Nicolas Bedos par le passé mais aucun projet n'avait finalement abouti pour des raisons de calendrier. Enfin, travailler avec Josée Dayan m'intéressait. Elle réalise des films magnifiques pour la télévision... et j'étais un des rares acteurs à n'avoir jamais collaboré avec elle ! J'avais envie de découvrir cette femme atypique et talentueuse dont tout le monde parle.

Comment décririez-vous votre personnage ?
Claude est tout simplement un homme dépassé par la situation incongrue que lui «propose» sa femme. L'idée de départ de ce scénario est magnifique car la vie est une construction permanente de souvenirs. La mémoire y joue donc un rôle essentiel. Claude évoluait dans un couple construit, marqué par différents points de repères. Lorsque sa femme devient amnésique, elle annule tout ce qui constitue le couple et la vie commune qu'il connaissait. Ces circonstances génèrent forcément des situations invraisemblables et incongrues, base première du registre de la comédie. Et puis, j'aimais ce personnage qui me sortait des emplois parfois un peu plus solennel auxquels le public peut m'assimiler. Cette fois, j'interprétais un personnage totalement perdu. Jouer ce trouble m'amusait beaucoup.

Père et mari inconséquent, Claude n'était pourtant pas un personnage très positif...
Il est difficile pour moi d'être à la fois juge et partie. Effectivement, Claude ne participe pas à la vie de la maison et n'est pas attentif à sa femme. Mais sans faire la critique du milieu bourgeois, je crois qu'il ressemble à beaucoup d'hommes qui composent le couple dit bourgeois. Il existe toujours un grand intervalle entre la représentation du couple et sa réalité. D'un côté, il y a l'image que le couple veut projeter ; de l'autre, la réalité qui est composée de contradictions, d'inconséquences, d'irresponsabilités, de petits et gros mensonges et de grands secrets. En cela, je ne trouve pas le rôle de Claude particulièrement choquant... même si je ne me souhaite vraiment pas de devenir comme lui ! Mais je pense que par une succession de petites lâchetés, conscientes ou non, et à cause de l'usure du temps, chacun est susceptible de glisser un jour dans l'indifférence. En l'occurrence, contrairement à son mari, Juliette en est loin. Sa démarche est celle d'une femme amoureuse puisqu'elle tente de réveiller son couple. Son sursaut est très beau.

Vous souvenez-vous d'un moment particulier lors de ce tournage ?
Pendant une période, je jouais au théâtre mon spectacle, Seul en scène, simultanément à mon rôle dans Folie douce. Ce moment correspondait au tournage d'une des scènes les plus difficiles pour moi et je me souviens avoir été un peu mis en difficulté par la fatigue. Mais globalement, je conserve un souvenir extrêmement heureux et détendu de ce tournage. Le rythme était soutenu mais je sentais chez Josée Dayan une telle connaissance de son métier que je me sentais vraiment en confiance.

Quelle partenaire est Muriel Robin ?

Muriel Robin porte en elle une authenticité brute et une sensibilité touchante. En lui donnant la réplique, je n'ai jamais pensé à l'humoriste. J'avais face à moi une réelle actrice, qui était dans le partage et n'imposait jamais son rythme ni sa façon de jouer. Je n'avais pas d'inquiétude puisque j'avais déjà pu constater cela avec ses précédents films.

Quels sont vos projets ?
Je suis actuellement en tournée avec César, Fanny et Marius aux côtés de Francis Huster et je serai à la rentrée au théâtre Hébertot avec Mélanie Doutey dans Le Constructeur Solness, une des pièces les plus importantes d'Henrik Ibsen. Parallèlement, le succès rencontré par mon premier livre, Des petits coins de paradis, sorti en novembre 2009, m'a rendu très fier et très heureux. Désormais, j'ai envie de me consacrer plus intensivement à l'écriture.