Lorie, comédienne en herbe

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Photo De feu et de glace
Par Karelle BOURGUEIL|Ecrit pour TF1|2009-04-20T10:01:00.000Z, mis à jour 2009-04-20T10:01:00.000Z

Pour ses premiers pas de comédienne, Lorie interprète un personnage sensible et courageux. Interview.

Alexia est une jeune patineuse artistique prometteuse. Entraînée par sa soeur aînée, elle concourt aux Championnats de France où elle tente l'impossible : un triple axel. Cette tentative malheureuse se solde par une fracture du talon d'Achille. Désespérée, la jeune femme noie son chagrin dans les nuits parisiennes... Pour ses premiers pas de comédienne, Lorie interprète ce personnage sensible et courageux.

Pourquoi avez-vous accepté de jouer ce rôle ?
J'avais envie de jouer dans un film depuis longtemps mais tous les scénarios que l'on me proposait ressemblaient trop à ma vie actuelle. A travers mes clips et les émissions de télévision, le public connaît mes aptitudes en danse. Mais peu savent que j'ai fait du patinage artistique pendant dix ans. J'ai donc trouvé l'idée intéressante.

Quelles sont les similitudes entre votre vie personnelle et l'histoire de ce film ?
J'ai vécu la même mésaventure qu'Alexia. J'ai fait une grosse chute alors que je me préparais aux sélections des Championnats de France de patinage artistique. Contrairement à elle, qui s'est rompu le tendon d'Achille, je me suis cassé le ménisque. Au lieu de patienter, je suis remontée sur la glace au bout de deux mois. J'ai eu une nouvelle fracture et ai subi une deuxième opération. Au final, j'étais présente aux sélections mais pour regarder les copines ! J'ai décidé de passer à autre chose. Le chirurgien m'avait fait peur car en continuant ainsi, je risquais de me casser irrémédiablement le genou et de ne plus pouvoir pratiquer aucun sport.
Les événements du début du film correspondent donc à ma vie personnelle. En revanche, la suite de l'histoire diffère car même si Alexia a 24 ans et une passion, elle a un caractère très différent du mien...

Comment la décririez-vous ?
Elle est totalement désemparée. Sa vie de famille est très particulière : sa mère est décédée quand elle était toute petite et son père est aux abonnés absents. Elle manque de références. Alexia est entraînée par sa sœur, et seul le patinage a de l'importance dans sa vie. Contrairement à elle, ma famille a été très présente. Elle m'a transmise des valeurs, des repères et une structure mentale indispensable quand on fait du sport de haut niveau.

Comprenez-vous sa réaction après son accident ?
Oui, car cela fait quinze ans qu'elle se lève très tôt chaque matin pour aller patiner. Elle est contrainte de suivre une discipline de vie très stricte, nécessaire quand on pratique un sport à ce niveau. Elle ne peut pas sortir en boîte tous les soirs, s'amuser, boire de l'alcool ou fumer et évite les garçons pour ne pas être déstabilisée en compétition. Je comprends tout à fait qu'après cet accident, elle découvre les plaisirs de la fête. Elle a besoin de se défouler.

Il s'agit de vos premiers pas en tant que comédienne. Qu'appréhendiez-vous le plus ?
Un peu tout ! Je tourne des clips depuis huit ans. Je connais les caméras mais jouer dans un film est totalement différent. Dans un clip, il faut regarder la caméra en permanence alors que c'est l'inverse dans un film. Je craignais d'avoir ce réflexe. Je ne savais pas du tout comment se déroulait le tournage de fiction et le premier jour, j'ai été confrontée à plusieurs termes que je ne connaissais pas.

Quelles scènes redoutiez-vous le plus ?
Celles de colère, où Alexia se rebelle et frappe. Il lui arrive d'être un peu cruelle et cynique, des réactions que je n'ai pas du tout dans la vie. Je ne m'énerve pas souvent et je ne suis pas violente. Je préfère régler les choses calmement et je n'élève que très rarement la voix. En lisant certaines lignes du scénario, je me demandais vraiment comment j'allais réussir à jouer de telles attitudes.

Comment vous y êtes-vous préparée ?
J'ai collaboré avec un coach, Steve Kalfa, également très bon acteur. Pendant deux mois, nous avons travaillé deux à trois heures par jour sur mon personnage et son caractère et sur les scènes les plus délicates. Ce travail m'a permis d'arriver sur le tournage, plus sereine et plus confiante.
Pour les scènes de patinage, j'ai repris l'entraînement à raison de quatre heures par semaine. Je n'avais pas rechaussé mes patins depuis dix ans. Au début, la réalisatrice Joyce Buñuel pensait faire des gros plans sur moi et utiliser les plans d'ensemble joués par une doublure. Puis, elle est venue me voir à l'entraînement et s'est rendu compte de ce que je savais faire. J'aurais été très frustrée de ne voir que ma tête, sans les pirouettes, les attitudes et les arabesques que je suis capable d'accomplir.

Comment s'est passée votre collaboration avec Christophe Malavoy ?
Je le remercie d'avoir accepté de jouer avec moi. Il est charmant et très gentil. Il m'a donné de nombreux conseils dès notre première rencontre, bien avant que le tournage ne commence.
De la même façon, la réalisatrice Joyce Buñuel m'a guidée et rassurée. Nous arrivions à nous comprendre sans nous parler. Nous étions vraiment en osmose. J'ai eu beaucoup de chance d'être entourée par une telle équipe.

Quelles ont été vos impressions en voyant le film ?
Je suis très contente du résultat. Il correspond à l'idée que je m'étais faite durant le tournage. Je pensais être très critique envers moi-même et ne pas réussir à apprécier. Finalement, je me suis laissée emporter et j'ai regardé le film comme n'importe quelle téléspectatrice.

Vous avez ensuite joué dans les Feux de l'amour (à Paris en octobre 2008). Avez-vous envie de poursuivre cette nouvelle carrière de comédienne ?
Si je devais retenter une telle aventure, j'accepterais tout de suite, sans hésiter. J'aime me glisser dans la peau d'un personnage au caractère à l'opposé du mien. J'aimerais par exemple interpréter une méchante, une James Bond girl ou bien même une fille abattue ou triste.