Prise de conscience pour Paul (Bruno Salomone)

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Le temps est à l'orage
Par Aurélie Binoist|Ecrit pour TF1|2009-05-22T14:24:00.000Z, mis à jour 2009-05-22T14:24:00.000Z
Paul n'a jamais pardonné à son père de l'avoir abandonné dans son enfance. Pourtant, ce dernier va lui apporter une aide inattendue pour remettre de l'ordre dans sa vie amoureuse. Bruno Salomone revient sur les sentiments confus qui animent son personnage.

Quel a été votre sentiment à la première lecture du scénario ?
J'ai aimé découvrir les liens unissant les personnages entre eux. Presque tous les rapports humains étaient réunis dans cette fiction, des relations filiales aux relations conjugales et amicales. A mon sens, ce sont justement tous les ingrédients qui régissent une vie. A titre plus personnel, mon personnage était particulièrement intéressant puisqu'il était central, occupant à la fois les rôles du fils, du père, du mari et de l'amant. Cette position me permettait de jouer sur différents tableaux.

Qui est Paul ?

Paul se fait passer pour un père de famille tranquille. Mais la réalité est tout autre et il va se retrouver dans une situation particulièrement délicate. En effet, il est obligé d'emmener avec lui son père en vacances alors qu'ils entretiennent tous les deux des rapports conflictuels. Mais le pire l'attend puisque sa maîtresse va s'immiscer dans sa famille. Paul est alors pris en otage par cette femme qui menace de révéler leur aventure au grand jour.

Pourquoi s'est-il laissé aller à une liaison extraconjugale malgré l'amour qu'il porte à son épouse ?

Mariés depuis plus de 16 ans, Paul s'est laissé enfermer dans le quotidien et la routine avec sa femme. Il vit à ses côtés mais ne la regarde plus vraiment. Pourtant, l'arrivée de sa maîtresse et la peur de perdre sa femme change tout pour lui. Paul prend alors conscience qu'il est toujours amoureux d'elle et non d'une autre. Il en va souvent ainsi de la nature humaine : on ne s'aperçoit de l'importance des choses qu'après les avoir perdues.

Qu'en est-il de ses relations avec son père ?

Son père, Félix, les a abandonnés, lui et sa mère, alors qu'il était encore très jeune et, malgré les années, Paul ne lui a jamais pardonné. A ses yeux, Félix a perdu toute crédibilité et il le considère comme un homme insouciant et égoïste. Il s'est donc placé dans la position de l'adulte responsable et n'a de cesse de lui reprocher son manque de maturité. Mais en voulant «jouer» l'adulte trop tôt, il s'est finalement perdu dans ses sentiments, conséquence directe de son manque de perspicacité dans ses rapports avec ceux qui l'aiment.

Paul n'apparaît pas comme un personnage très sympathique...

Effectivement. Mais il se retrouve dans une telle situation de détresse que l'on a tendance à lui pardonner et à espérer que tout s'arrangera pour lui. Et surtout, au fur et à mesure de l'histoire, il prendra conscience de ses erreurs. Cette mésaventure lui permettra finalement de se racheter et de repartir à zéro.

Avez-vous cherché à amplifier certains traits de son caractère ?
Coincé entre son père, sa femme et sa maîtresse, Paul tente en permanence de cacher ses sentiments aux autres. J'ai donc voulu être le plus neutre possible. Mais faire ressentir des émotions à l'image en essayant de les atténuer au maximum n'était pas facile ! C'était pourtant primordial puisque toute la subtilité de ce personnage résidait dans la réussite de cette tâche.

A-t-il des points communs avec vous ?

J'ai puisé dans ma propre expérience pour créer les rapports entre père et fils. J'ai moi-même tendance à me montrer parfois un peu paternel avec le mien même si je pense que c'est une tendance assez naturelle en vieillissant.

Quel a été l'aspect le plus difficile sur ce tournage ?
Etre obligé de manger des huîtres et de boire du vin blanc tous les jours !

Comment s'est passé le travail avec la réalisatrice, Joyce Buñuel et avec Pierre Mondy ?

Je suis depuis longtemps fan de Louis Buñuel et nous avons énormément parlé avec Joyce de son beau-père, et de Jean-Claude Carrière qui écrivait avec lui. Quant à Pierre Mondy, j'ai été frappé par son professionnalisme. Tourner à ses côtés était un bonheur quotidien. Il est drôle, plein d'optimisme et de bienveillance, et il raconte régulièrement des anecdotes amusantes. En plus, il a un fils de mon âge et me répétait souvent que je lui faisais penser à lui. Enfin, à l'évocation de ce tournage, je pense forcément : Île de Ré, océan, coquillages et crustacés... mais le tout emmitouflé dans une polaire bien chaude !