Sara Giraudeau nous parle de son personnage

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L'EVASION
Par AURéLIE BINOIST - TF1|Ecrit pour TF1|2009-09-17T16:12:00.000Z, mis à jour 2009-09-17T16:12:00.000Z

Dans L'EVASION, une femme rejoint les rangs de la Résistance pour libérer son mari de la Gestapo. Sara Giraudeau nous parle de son personnage.

Lorsque son mari est arrêté par la Gestapo, Julia se réfugie chez des amis. A son grand étonnement, elle apprend qu'il fait partie d'un réseau de résistants. Décidée à le sauver, elle accepte une mission particulièrement dangereuse. Explications avec Sara Giraudeau, son interprète.

Comment décririez-vous votre personnage ?
Jeune institutrice, Julia est une femme dynamique et volontaire, qui ignore tout des agissements de son mari, Paul, au sein de la Résistance. La découverte de cette activité secrète va bouleverser sa vie. Entraînée dans une mécanique qui la dépasse, elle est obligée de dissimuler, de mentir et de manipuler, un comportement en totale contradiction avec sa nature. En fait, elle est dans une lutte intérieure constante et la situation génère en elle une peur monstrueuse. Elle est donc constamment sous tension. Cet état, un peu difficile à conserver pour moi sur toute la longueur du tournage, la rendait très intéressante car elle traverse des émotions particulièrement fortes.

Quels sentiments éprouve-t-elle vis-à-vis de son mari ?
Julia et Paul sont intimement liés parce qu'il l'a sauvée d'une situation familiale compliquée. Lorsqu'ils se sont mariés, trois ans plus tôt, elle l'aimait et voulait construire sa vie avec lui. Mais je pense qu'au fil du temps, elle a été déçue par la direction que prenait leur relation. Elle a tout mis en œuvre pour sauver son couple et croit encore à un avenir possible malgré les difficultés. C'est un comportement compréhensible : quand les rapports se dégradent dans un couple, on reste attaché aux souvenirs et aux beaux moments passés ensemble. En plus, à l'époque, le mariage était une institution sacrée et les femmes se battaient jusqu'au bout pour sauver leur couple. Sachant son mari en danger, Julia est déterminée à tout faire pour le libérer. Elle accepte une mission dangereuse sans se poser de questions : elle estime simplement qu'il est de son devoir de lui venir en aide.

Pourquoi est-elle alors si troublée par sa rencontre avec André ?
Au début, elle croise sa route par hasard et ne fait absolument pas attention à lui. Elle n'a qu'un seul objectif : sauver son mari. De toute façon, la fidélité est une valeur fortement ancrée en elle et tromper Paul ne lui vient pas à l'idée, surtout dans des circonstances si dramatiques. Mais, petit à petit, à force de côtoyer André, elle découvre un homme d'une nature simple et sereine, qui va la troubler. Une relation ambiguë, basée notamment sur une forte attirance physique, s'installe alors entre eux. Dans un premier temps, Julia reste dans le déni et le rejet. Je pense qu'elle se ment à elle-même pour rester fidèle à ses valeurs morales. Mais elle ne peut résister indéfiniment à ce genre de sentiments.

Vous êtes-vous facilement plongée dans cette période de l'Occupation ?
Je m'intéresse beaucoup à cette époque. J'avais déjà participé à une comédie, Marie et Madeleine, qui se situait au même moment. Plus globalement, j'ai toujours été attirée par ce qui avait trait au passé. Et finalement, si certaines valeurs ont changé, les individus n'étaient pas si éloignés de nous. J'ai tourné deux films qui se déroulaient au XVIIe siècle. En comparaison, les mœurs et les mentalités étaient vraiment différentes, notamment en ce qui concerne la condition de la femme ! En 1940, la société commençait à évoluer en France. A l'image de Julia, un certain nombre de femmes ont participé activement à la Résistance, faisant un pas vers leur émancipation. C'est un des aspects qui m'a intéressée dans ce personnage.

Avez-vous eu des difficultés avec une scène en particulier ?
En général, les scènes explicatives sont celles que je redoute le plus. L'action s'arrête et le temps reste en suspens pour laisser la place aux informations. Ce film n'a pas fait exception à la règle. Il y avait plusieurs séquences entre les deux personnages principaux. Au cours de l'une d'elles, Julia se confie à André et lui raconte son histoire personnelle. Cette scène, très forte émotionnellement, était redoutable pour moi. C'était d'ailleurs celle du casting.

Comment s'est passé le travail avec la réalisatrice, Laurence Katrian ?
Nous n'avions jamais travaillé ensemble mais, très rapidement, j'ai su que ce tournage se passerait bien. Laurence Katrian est précise, claire et sait exactement dans quelle direction elle veut aller. Pour un comédien, c'est très rassurant.

Quels sont vos projets ?
Je suis très heureuse car je serai au théâtre toute l'année. Je commence en septembre une pièce de Shakespeare, La Nuit des rois au Théâtre Comédia. Ensuite, je continue à la Comédie des Champs-Elysées avec Colombe, de Jean Anouilh, à partir de janvier.