Un héros inattendu, interview de Thierry Neuvic

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L'EVASION
Par AURéLIE BINOIST - TF1|Ecrit pour TF1|2009-09-17T16:15:00.000Z, mis à jour 2009-09-17T16:15:00.000Z

André, garagiste, continue son activité sous l'occupation allemande sans se poser de questions. Sa rencontre imprévue avec Julia, une jeune fille inconnue qui prétend être infirmière, va bouleverser sa vie tranquille. Thierry Neuvic revient sur ce personnage à la fois simple et surprenant.

Qui est André ?
Issu de la classe populaire, André est un homme peu instruit, dont le rayon d'action est assez réduit. Ses préoccupations se bornent au bon fonctionnement de son garage et à son jeune frère, sourd et muet. Loin de se soucier du contexte politique, il travaille avec les Allemands sous l'occupation, sans cas de conscience particulier. D'une nature simple et joviale, il se révèle positif, rieur et ne se plaint jamais. Lorsqu'il voit Julia en panne sur le bord de la route, il lui apporte tout naturellement son aide. Il ignore encore que cette femme va bouleverser sa vie.

Qu'avez-vous essayé de lui apporter ?
Je ne voulais pas défendre sa position à tout prix mais j'ai cherché à lui apporter une forme de bonne humeur constante, même dans le drame. Pour son attitude générale, je me suis inspiré d'acteurs comme Jean Gabin ou Lino Ventura, des hommes de caractère qui peuvent paraître un peu rustres au premier abord mais qui sont entiers et généreux.

Pourquoi avoir accepté ce projet ?
Je savais que Laurence Katrian réalisait ce film. Nous avions déjà travaillé ensemble sur Petits secrets et gros mensonges en 2006 et j'apprécie vraiment son travail. Elle sait donner du souffle à ses histoires, a le goût du romanesque et de l'aventure. A la lecture du scénario, j'ai aimé le côté responsable de mon personnage et l'attention qu'il porte à son environnement proche, si petit soit-il. J'ai également été touché par son intelligence humaine. Il est capable de passer outre ses propres idées, d'apprendre de la vie et d'évoluer. Au début, on ne s'attend pas à ce que ce type de personnage sorte de son quotidien et prenne des risques. Mais confronté à une situation extrême, il se révèle courageux, malgré sa méconnaissance de certains sujets, et agit finalement de façon héroïque. De plus, je trouvais le traitement de ce film intéressant.

Pour quelles raisons ?
L'Evasion n'offre pas une vision manichéenne de la vie mais présente d'une manière un peu différente un contexte de guerre. Il est facile, des années plus tard, de juger les actes d'autrui. Mais plongé dans des circonstances extrêmes, n'ayant aucun recul sur une situation, chacun fait ses choix en fonction de ses possibilités, de ses connaissances et de sa culture. Le film évoque parfaitement cette réalité de la vie.

Comment vous êtes-vous imprégné de l'ambiance de l'époque ?
J'ai regardé quelques films avant de débuter le tournage. Mais L'Evasion n'entre pas dans le détail du contexte politique. Ce n'est pas un documentaire mais un film d'aventures mêlée à une histoire d'amour, dans le cadre historique des années 1940. Il ne nécessitait donc pas de recherches approfondies. J'ai essentiellement regardé ces films pour construire mon personnage et lui trouver une attitude, un ton, une espèce de gouaille propre à l'époque. Pour l'ambiance générale, j'avais également en tête des récits de ma propre famille, relatifs à cette période.

Connaissiez-vous Sara Giraudeau ?
Non, mais j'ai eu le plaisir de rencontrer une actrice d'une richesse folle. Elle est capable de drôlerie, d'émotions sincères. Je suis vraiment content de l'avoir découverte. Je sais qu'elle jouera bientôt au théâtre... je vais aller la voir en courant !

On devrait vous retrouver prochainement sur grand écran.
Oui, j'ai participé à deux longs métrages. Suerte, sous la direction de Jacques Séchaud, retrace la vie romancée de Claude Lucas, un braqueur emprisonné qui a écrit un roman en cellule. Dans un genre différent, Un poison violent de Katell Quillévéré, avec Michel Galabru et Lio, est une grande fresque familiale retraçant le parcours d'une fille qui cherche à s'émanciper d'un milieu très catholique dans un petit village breton. Et je rejoins prochainement les plateaux de tournage pour la troisième saison de Mafiosa.