1987, génération sacrifiée

Voir le site Téléfoot

1987, génération sacrifiée
Par Martin MOSNIER|Ecrit pour TF1|2010-05-21T15:02:13.000Z, mis à jour 2010-05-21T15:02:13.000Z

Benzema, Nasri, Ben Arfa, les fleurons de la génération 87 au placard. Echaudé par l'expérience amère de l'Euro 2008, Raymond Domenech a bâti une liste plus homogène. En Afrique du Sud, il n'y aura que quatre trentenaires, et aucun perdreau.

Le disque est rayé. Le tube désuet. 28 mars 2007, France-Autriche en amical au Stade de France. Un duo de jeunes premiers débloque la situation. Samir Nasri à la passe, Karim Benzema à la conclusion. Seul but du match. Des débuts en fanfare comme prémices d'une carrière internationale qu'on prédit alors riche. Trois ans plus tard, les deux hommes n'ont même pas franchi l'étape de la liste des 30 pour le Mondial sud-africain, tout comme Jérémy Ménez, autre grand talent de la génération 1987, jamais vu en équipe de France jusqu'ici. Hatem Ben Arfa, lui, rend les armes lorsque le groupe se resserre autour de 24 éléments. La génération des champions d'Europe juniors en 2004 s'est crashée en plein vol. Has been à 22 ans ? Pas encore, car leurs absences ne dépend pas que de critères techniques.


Avant de dévoiler sa liste, Raymond Domenech avait annoncé de possibles "coups de fusil". Ses cibles se ressemblent furieusement et ce n'est pas un hasard. Diamants mal taillés ? Enfants gâtés qui ne respectent rien ? Les étiquettes ont valsé au-dessus de la tête des intéressés. Mais un épisode a profondément marqué le staff tricolore : l'Euro 2008 où Benzema et Nasri se sont retrouvés au centre d'un conflit latent avec les plus anciens au coeur d'une sélection faisant le grand écart entre vieilles gloires sur le déclin (Thuram 36 ans à l'époque, Makelele, 35 ans) et jeunes pousses pas encore mûres (Nasri, Benzema, 20 ans à l'Euro 2008). Une mayonnaise qui tourne au vinaigre. A sa façon, Domenech avait tout résumé à Châtel-Saint-Denis : "Quand on a vingt ans, les vieux sont tous des vieux cons. Et pour les vieux, les autres sont des petits cons. Il y a eu transmission. Chacun a intégré en fonction de ses capacités. Certains n'entendront jamais rien, c'est comme ça."


Un groupe resserré


1987, génération sacrifiée

Pas deux fois, a décidé le sélectionneur. En 2010, les plus jeunes Bleus ont 23 ans et l'arrogance n'est pas leur caractéristique première (Gourcuff, Lloris et Diaby), les doyens, Henry et Gallas, ne dépassent pas les 33 printemps. Né en 1976, Patrick Vieira n'a pas réussi à convaincre le sélectionneur alors que la fraîcheur, la spontanéité et l'insouciance seront incarnées en Afrique du Sud par un milieu offensif de 25 ans et zéro sélection, Mathieu Valbuena. Un rôle dévolu à Bafétimbi Gomis, 22 ans, en Suisse et en Autriche Un vrai virage à 180° pour l'ancien sélectionneur des Espoirs qui n'a jamais hésité à intégrer des très jeunes talents en sélection de Rio Mavuba (à 19 ans en 2004) à Yann M'Vila (19 ans) en passant bien évidemment par Samir Nasri et Karim Benzema (19 ans lors de leur première sélection).


Sa logique actuelle semble répondre à des exigences nouvelles : protéger son équipe autour d'un noyau de joueurs nés entre 1986 et 1979. Soit 22 joueurs en pleine force de l'âge. Les maillons essentiels de l'équipe de France, Toulalan (26 ans), Ribéry (27 ans), Evra (29 ans), Abidal (30 ans), Anelka (30 ans), sont au coeur de leurs meilleures années. Ni trop usés, ni trop inexpérimentés. En théorie, au moins.


1987, génération sacrifiée