1998-2010, même combat ?

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1998-2010, même combat ?
Par Eurosport.fr|Ecrit pour TF1|2009-12-17T08:10:00.000Z, mis à jour 2009-12-17T08:10:00.000Z

Pour Zinedine Zidane, qui s'est exprimé ce week-end sur le sujet, la situation actuelle des Bleus ressemble à s'y méprendre à celle qu'il a connue en 1998 avant la Coupe du monde. Au premier abord, peut-être. Mais les différences entre les générations Jacquet et Domenech sont grandes.

Dimanche dernier, Zinedine Zidane s'est invité dans le débat national sur l'équipe de France. Au détour d'une opération citoyenne avec des jeunes organisée à La Plagne, l'ancien meneur de jeu des Bleus s'est prononcé sur la situation actuelle. Pour lui, elle est analogue à 1998 où les futurs champions du monde étaient décriés de part et d'autre par la presse et n'étaient guère soutenus par la vox populi. "C'est la même chose, a-t-il confié à nos confères de L'Equipe. Mais la Coupe du monde permet de passer à autre chose. (...) Cette équipe de France, je la vois aller assez loin. Lors d'une Coupe du monde, de toute façon, vous êtes dans un autre état d'esprit." Si l'on ne peut être que d'accord avec la dernière affirmation du Ballon d'Or 1998, peut-on vraiment comparer les Bleus de Jacquet et ceux de Domenech ?


Nicolas Anelka estime que oui. Dans une interview publiée dans les colonnes de 20 minutes, le buteur de Chelsea explique : "Aujourd'hui, Domenech est le mal-aimé. Comme Aimé Jacquet à l’époque. Il faut juste être patient, être fort dans la tête. Et lui, il patiente. Peut-être que dans six mois, il sera le "Boss" et plus personne ne pourra l'insulter." Si le désamour du public et de la presse semble communs aux deux équipes, difficile de dresser un parallèle qui tienne réellement la route. Et Zidane, qui se prête au petit jeu des comparaisons, y est pour quelque chose. Avec sa bande, ZZ a décroché une Coupe du monde et un Euro en deux ans. Depuis, et à jamais, l'équipe de France est entrée dans une autre sphère et les observateurs de tous bords attendent bien plus d'une formation qui sait gagner et a disputé deux finales de Mondial en huit ans. L'équipe de France ne peut plus se contenter d'un Euro 2008 achevé au premier tour. Ou d'une qualification pour la Coupe du monde à l'arraché, voire volée, comme ce fut le cas face à l'Irlande lors des barrages. Supporters et médias seront toujours plus critiques. Cela s'appelle la rançon de la gloire.


Le jeu ou non-jeu


1998-2010, même combat ?

Dire que 1998 et 2010 "c'est la même chose" revient enfin à avancer que Aimé Jacquet et Raymond Domenech sont jumeaux. Si les deux hommes ont en commun de ne pas être les chouchous des médias, et c'est le moins que l'on puisse dire, les raisons qui ont amené à ce désamour ne sont pas les mêmes. Aimé Jacquet a vu sa compétence d'entraîneur violemment remise en cause en raison de son passé et de sa vie d'homme loin des strass et des paillettes. Raymond Domenech, lui, a depuis son arrivée à la tête des Bleus joué au plus malin avec les journalistes et le public. Finissant par se mettre tout le monde à dos à forcer d'oublier, comme le rappelait Jacquet il y a peu, "de parler du jeu, ou, en l'occurrence, du non-jeu."


Le non-jeu justement est peut-être le seul point commun entre les deux sélections à plus d’une décennie d'intervalle. L'avant Coupe du monde 1998 n'avait pas été folichon pour Jacquet et sa bande. Jeu offensif en berne, animation défaillante, l'équipe de Jacquet était arrivée au Mondial à tâtons et sans certitude. Ce sera très probablement la même chose pour Raymond Domenech qui, depuis l'Euro, n'a guère fait avancer le schmilblick. Si les matches de septembre et octobre dernier (Roumanie, Serbie, Iles Féroé et Autriche) avaient redonné des couleurs et de l'espoir, l'Eire a remis la France à sa place. Pas bien haut. En 1998, il s'était néanmoins passé quelque chose une fois que la Coupe du monde avait commencé. L’élan populaire avait porté les Bleus. Mais cette génération Zidane partait d'une copie presque blanche et immaculée, la demi-finale de l'Euro 1996 ne pouvant décemment être mise à son passif. Les Bleus de Domenech, marqués par leur dernier Championnat d'Europe, ne peuvent pas en dire autant.