2006-2010 : Avoir grandi... ou pas

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De 2006 à 2010, destins croisés
Par Martin MOSNIER|Ecrit pour TF1|2010-06-09T09:55:00.000Z, mis à jour 2010-06-09T09:55:00.000Z

En 2006, ils ont mis le monde à leurs pieds. Ces six hommes se sont révélés sur la scène internationale lors de la dernière Coupe du monde : Ribéry, Maxi Rodriguez, Grosso, Asamoah, Toni, Podolski. Tous n'ont pas assumé...

Exploser en Coupe du monde, est-ce s'assurer une carrière en haut de l'affiche ? Pas forcément. Les exemples sont nombreux de joueurs capables de flamber un mois avant de disparaitre de nouveau. Salvatore Schillacci, bouillant lors du Mondial italien (6 buts en 7 matches) avant de retomber de là où il venait, dans l'anonymat, en est l'exemple le plus frappant. En Allemagne, en 2006, ils sont nombreux à avoir crevé l'écran pour leur première expérience dans un grand tournoi international. Certains ont capitalisé sur leur tournoi de feu pour s'installer sur les cimes du foot mondial. D'autres n'ont pas su assumer leur notoriété naissante et les belles promesses semées. Revue d'effectif.


. ILS ONT CONFIRMÉ


FRANCK RIBÉRY (de Marseille au Bayern Munich, présent en Afrique du Sud) :


En 2006, Franck Ribéry arrive en Allemagne dans la peau d'un joker et joue la finale dans celle d'un pion incontournable. Son but face à l'Espagne (3-1) en huitièmes lance la folle aventure tricolore. Sa fraîcheur et sa faculté à faire basculer à lui seul un match charment les grands clubs européens. De 2006 à 2010 ? Du haut de tableau en Ligue 1 avec l'OM au sommet de l'Europe avec le Bayern Munich. Deux titres de champions d'Allemagne et une finale de la Ligue des Champions plus loin (même s'il était suspendu), il a conquis la Bavière qui l'a intronisé comme son nouveau Kaiser. Bien sûr sa dernière saison fut morose, mais à voir l'empressement des dirigeants munichois pour faire rempiler leur milieu offensif grâce à un point d'or, il n'est pas certain que le Bayern lui en tienne rigueur.


MAXI RODRIGUEZ (de l'Atlético Madrid à Liverpool, présent en Afrique du Sud)


De 2006 à 2010, destins croisés

Le plus beau but de la Coupe du monde 2006 ? C'est lui. Mais si souvenez-vous. Huitième de finale, Argentine-Mexique (2-1, a.p.). Ouverture de Juan Pablo Sorin, contrôle de la poitrine, reprise de volée, lucarne opposée. Rideau. L'Argentine est en quart. L'acte de naissance de Maxi Rodriguez aux yeux du grand public. Depuis ? Un solide parcours à l'Atlético qui lui a ouvert les portes de la Premier League. A Liverpool depuis le début de l'année, il est l'un des hommes de base de Rafael Benitez en club et il sera de l'aventure sud-africaine sous la houlette de Diego Maradona. Adoubé, partout où il passe.


. ILS ONT STAGNÉ


FABIO GROSSO (de Palerme à la Juventus, absent en Afrique du Sud)


De 2006 à 2010, destins croisés

Si l'Italie se hisse jusqu'en finale en 2006, elle le doit en grande partie à son arrière latéral, buteur en demie face à l'Allemagne (0-2) en prolongation. Cinq jours plus tard, il scelle le sacre planétaire de la Nazionale en trompant Fabien Barthez lors de la séance de tirs aux buts. Forcément, un titre mondial, ça vous booste un CV. Exit Palerme, place à l'Inter. Puis Lyon, une petite régression sur le papier tout de même n'en déplaise au président Aulas, qui s'enorgueillit d'accrocher à son tableau de chasse un champion du monde. Ses oublis défensifs plombent son bilan en L1, sa saison à la Juve 2009-10 souligne ses carences. En Afrique du Sud, la défense du titre se fera sans lui. Et ça n'a rien de scandaleux.


GYAN ASAMOAH (de Modène à Rennes, présent en Afrique du Sud)


De 2006 à 2010, destins croisés

Premier buteur de l'histoire du Ghana en Coupe du monde, Gyan Asamoah sort de l'anonymat de la Serie B à Modène lors du Mondial allemand. Les Black Stars accèdent aux huitièmes, leur puissant avant-centre impressionne. Voilà la Serie A qui s'offre à lui. Et puis ? La Ligue 1, Rennes. Point barre. Pas de Ligue des Champions, sa carrière en club ne décolle pas. A l'image du club breton, il reste un éternel futur crack. En attendant, il s'inscrit comme un bon joueur de Ligue 1. Ni plus, ni moins. A moins qu'en Afrique du Sud, quatre ans après...


. ILS ONT COULÉ


LUCA TONI (de la Fiorentina à l'AS Rome, absent en Afrique du Sud)


De 2006 à 2010, destins croisés

L'attaquant numéro 1 des champions du monde en 2006, c'est lui. Personne d'autre. Son début de tournoi est mitigé. Son doublé en quart face à l'Ukraine (3-0) met tout le monde d'accord. Un an plus tard, il passe dans la cour des grands, de la Fiorentina au Bayern Munich, quadruple champion d'Europe. Une première saison convaincante puis la descente aux enfers. D'abord le banc puis le retour au pays. Aujourd'hui, l'AS Rome n'est plus certaine de vouloir le conserver alors que Marcelo Lippi le snobe en sélection. Toni n'est même pas dans la liste des 30 Italiens. A 34 ans, sa carrière a pris du plomb dans l'aile.


LUKAS PODOLSKI (de Cologne à... Cologne, présent en Afrique du Sud)


De 2006 à 2010, destins croisés

Le destin de Lukas Podolski, c'est l'histoire de l'un des plus gros gâchis de ces quatre dernières années. Un flop retentissant. Tout débute bien pourtant. Trois buts lors d'un Mondial à domicile, un titre de meilleur jeune devant Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi. A 21 ans, Podolski est la nouvelle coqueluche de l'Allemagne. Le conte de fée s'arrête net. Il n'encaisse pas son changement de statut. De Cologne au Bayern, il se perd en route et traverse ses trois saisons bavaroises comme un fantôme (71 matchs de Bundesliga, 14 buts). Seul l'Euro 2008 lui offre une douce parenthèse, la sélection comme bouée de sauvetage. 2009, retour à la case départ, Cologne avec un gros constat d'échec à la clé. Même dans son club formateur, il ne s'en sort plus. Pendant ce temps-là, Messi et Ronaldo récoltaient un Ballon d'Or chacun... Heureusement pour lui, Joakim Löw continue de lui faire confiance. Sans lui, Podolski aurait définitivement disparu de la circulation.