2010, c'est l'Amérique ?

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2010, c'est l'Amérique ?
Par Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2010-06-03T11:08:00.000Z, mis à jour 2010-06-03T11:08:00.000Z

Finaliste surprise de la Coupe des Confédérations 2009, l'équipe des Etats-Unis débarque en Afrique du Sud avec deux gros points d'interrogation au-dessus de la tête. Faut-il vraiment considérer les joueurs US comme des outsiders ? Ou considérer leurs errements défensifs comme rédhibitoires ?

Invité par Sepp Blatter et la FIFA pour assister à la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde, Barack Obama n'a pas prévu de revenir une seconde fois en Afrique du Sud. Sauf s'il venait à l'équipe nationale US la drôle d'idée d'aller jusqu'au bout et de disputer la finale du 11 juillet, du côté de Johannesburg. Cette éventualité, longtemps illusoire, représente une possibilité aujourd'hui. Mince, on ne va pas se mentir, mais elle a le mérite d'exister, et ça c'est une nouveauté. Sur le papier, l'équipe dirigée par Bob Bradley n'est pas d'un calibre équivalent au Brésil ou l'Espagne, mais les Etats-Unis avancent désormais avec une ambition à la hausse par rapport à il y a vingt ans.

Depuis 1990, date de leur retour en Coupe du monde après quarante ans d'abstinence, les Etats-Unis progressent régulièrement. Certes, il y a quelques contrecoups à déplorer (1998, 2006) mais, globalement, la sélection à la bannière étoilée fait son petit bonhomme de chemin. Huitièmes de finaliste à domicile en 1994, quarts de finaliste en 2002, jusqu'où iront les États-Uniens, tombés dans un groupe ouvert avec l'Angleterre, l'Algérie et la Slovénie ? Si l'on se fie à ce que l'on a vu il y a un an pendant la Coupe des Confédérations, il y a matière à espérer. Sur les pelouses sud-africaines lors de la répétition générale du Mondial, Landon Donovan et ses partenaires avaient sorti l'Espagne en demi-finale, mettant ainsi fin à une série de quinze victoires d'affilée (record absolu). En finale face au Brésil, les Etats-Unis ont même mené 2-0 avant de plier en toute fin de partie (3-2).


"Ce n'est pas la technique qui fait gagner les matches"

Certes, la Coupe des Confédérations et la Coupe du monde, ce n'est pas la même chose et 15 des 23 Mondialistes n'ont jamais disputé une telle compétition. Mais Bob Bradley peut s'appuyer sur ses cadres DaMarcus Beasley, Landon Donovan et Steve Cherundolo, trois Coupes du monde au compteur, sur les certitudes de 2009 et la stabilité de son groupe pour espérer. Mais espérer quoi exactement ? "Nous avons le sentiment que c'est un groupe qui nous donne une très bonne chance de passer (le premier tour). Une bonne opportunité nous est offerte, et nous sommes décidés à la saisir." Pour ce faire, les Etats-Unis auront besoin de se montrer au moins aussi réalistes et solides que l'année dernière. "Techniquement, peut-être que nous ne sommes pas aussi bons que l'Angleterre, reconnait Carlos Bocanegra. Mais ce n'est pas la technique qui fait gagner des matches."

Battus par la République tchèque (2-4) la semaine dernière, les Etats-Unis se sont repris samedi à Philadelphie face à la Turquie (2-1). Les Américains ont réussi une seconde période de qualité, renversant la situation par Altidore et Dempsey, mais la défense US a une nouvelle fois cédé. Une fâcheuse habitude qui perdure. En se penchant sur le parcours qui a mené les hommes de Bob Bradley en Afrique du Sud, on se rend compte que la défense US a encaissé 13 buts en 10 matches lors du groupe final des qualifications de la zone Concacaf. Si Oguchi Onyewu (Milan AC), blessé depuis octobre dernier (genou), a fait son retour et semble monter en puissance, offrant des gages supplémentaires à l’arrière-garde états-unienne, il reste beaucoup de travail et peu de temps avant de croiser Wayne Rooney et l’Angleterre le 12 juin. Mais cela n’empêche pas Tim Howard d’y croire : "C'est certain que nous ne sommes pas favoris pour gagner la Coupe du monde mais ça ne nous empêchera pas d'essayer. "Le rêve américain, ce n’est pas autre chose.