A l'heure sud-américaine

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A l'heure sud-américaine
Par Vincent BREGREVIN|Ecrit pour TF1|2010-06-25T16:15:03.000Z, mis à jour 2010-06-25T16:15:03.000Z

L'Amérique du Sud peut réussir un Grand Chelem inédit depuis 1990 en qualifiant ses cinq pays pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde. L'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay tiennent déjà leur billet, en attendant le Chili et le Brésil. Une réussite qui n'est pas due au hasard.

Jamais une Coupe du monde disputée hors de l'Europe n'a échappé à une équipe sud-américaine. On n'en est pas encore à dire que le Mondial 2010 ne va pas échapper à la règle. Mais le premier tour de l'édition sud-africaine indique cependant une tendance assez nette : les formations issues de l'Amérique du Sud sont les plus convaincantes du tournoi. L'Argentine a réalisé un carton plein dans le groupe B tandis que l'Uruguay et le Paraguay sont sortis en tête des groupes A et F, contribuant aux éliminations de la France et de l'Italie. Le Chili et le Brésil, qui ont remporté leurs deux premiers matches, sont en position idéale pour rejoindre leurs voisins en huitièmes de finale. Et permettre à l'Amérique du Sud de réaliser un Grand Chelem inédit depuis la Coupe du monde 1990.

Les autres continents font pâle figure. L'Afrique espérait briller pour le premier Mondial disputé sur ses terres, mais elle ne pourra vraisemblablement compter que sur le Ghana au deuxième tour. Seule la Côte d'Ivoire est encore en mesure d'accompagner les Black Stars. Mais les Eléphants sont condamnés à passer un carton à la Corée du Nord, et espérer dans le même temps une victoire du Brésil sur le Portugal. Si les Africains ont globalement déçu, que dire alors des Européens ? La France et l'Italie, finalistes en 2006, sont déjà éliminés, l'Angleterre et l'Allemagne ont dû cravacher jusqu'au dernier match de poule pour passer le premier tour, alors que l'Espagne, championne d'Europe en titre, jouera à quitte ou double face au Chili. Les Pays-Bas, qui n'ont jamais été inquiétés dans le groupe E, font définitivement figure d'exception.


Maradona : "Nous, nous ne jouons pas contre les Iles Féroé"


Les équipes sud-américaines, elles, avec 10 victoires et 3 nuls jusqu'ici, n'ont quasiment laissé que des miettes à leurs adversaires. Comment expliquer un tel écart ? "Notre phase de qualification est beaucoup plus compétitive qu’en Europe", avance Diego Maradona. "Nous, nous ne jouons pas contre des équipes comme les Iles Féroé. L’Amérique du sud a envoyé ici des équipes à la hauteur de l’événement et qui sont disposées à tout donner sur le terrain". Son homologue uruguayen Oscar Tabarez enchaîne : "Il s'agit de bonnes équipes, elles l'ont démontré lors des qualifications". L'explication se situerait en amont de la Coupe du monde. Et elle est clairement recevable.


En Amérique du Sud, le tournoi de qualification est un championnat réunissant dix équipes. Il faut sortir dans les quatre premiers du classement (le cinquième dispute un barrage contre le quatrième de la zone CONCACAF) après avoir disputé pas moins de dix-huit rencontres, contre dix en moyenne pour chaque qualifié de la zone Europe. Et les grandes nations sud-américaines sont obligées de s'affronter, ce qui n'est pas le cas des cadors européens répartis dans leurs groupes selon un système de tête de série. Arriver à la Coupe du monde après avoir dû affronter l'Argentine, le Brésil, le Paraguay ou le Chili, comme c'est le cas de l'Uruguay, est la meilleure préparation pour une épreuve aussi exigeante que la Coupe du monde. Sans parler des matches à jouer en haute altitude face à des nations comme la Bolivie, qui s'apparentent à de vrais traquenards. Rien n'est facile pour les équipes sud-américaines sur la route qui mène au Mondial. Avec le talent, c'est certainement ce qui les rend aussi compétitives.