Abidal, quand l'histoire se répète...

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Par Martin MOSNIER|Ecrit pour TF1|2010-06-19T08:30:02.000Z, mis à jour 2010-06-19T08:30:02.000Z

Jeudi, deux erreurs d'Eric Abidal ont précipité la chute de l'équipe de France lors de la Coupe du monde sud-africaine face au Mexique (2-0). Comme en 2008 lors du dernier match de l'Euro face à l'Italie. Dans l'axe, il n'a jamais convaincu sous le maillot bleu. Et ce n'est rien de le dire.

Rappelez-vous. Il y a deux ans exactement. 17 juin 2008, France-Italie, ultime chance pour les Bleus de rejoindre les quarts de finale. 24e minute de jeu, Toni, loin d'être un dragster, plonge dans le dos d'Abidal et s'en va seul face à Barthez. Le défenseur tricolore le fauche grossièrement. Penalty, carton rouge. Rideau, la France fait ses bagages. Contre le Mexique, l'histoire a dramatiquement bégayé pour le joueur de Barcelone. Sauf que cette fois-ci, les approximations d'Abidal ont coûté deux buts. D'abord, Hernandez profite du sens très flou de l'alignement du défenseur tricolore.


Puis, c'est Barrera qui a mis en lumière le manque de repères d'Abidal dans l'axe. Au lieu d'accompagner le Mexicain, il plonge dans ses pieds. Penalty, bis repetita. La France n’est pas encore éliminée mais c’est tout comme. Bien sûr, physiquement, dans les duels ou dans les airs, il répond présent. Mais sa faculté à sortir du match expose tout le collectif. Dans l'axe, de façon encore plus criante que sur le côté gauche. "C'est vrai que si je me rate, l'attaquant se trouve en un contre un avec le gardien. Alors que quand je suis latéral, je suis au moins couvert par un défenseur central", reconnaissait-il durant les matchs de préparation.


Victime de l'entêtement de Domenech


Fautif contre le Costa Rica (2-1), encore responsable sur le but encaissé par l'équipe de France en Tunisie (1-1) ou encore à deux doigts de coûter l'égalisation irlandaise sur une grossière erreur lors des barrages à Dublin, il n'avait pourtant cessé d'envoyer des signaux alarmants. Mais Raymond Domenech n'a jamais varié d'un iota. L'obstination du sélectionneur est directement responsable de la descente aux enfers de son défenseur. Ce même entêtement qui a condamné Philippe Mexès pour propulser une charnière Gallas-Abidal empruntée et sans repère. La question centrale reste : Abidal a-t-il l'étoffe d'un défenseur central ? La réponse crève les yeux ce vendredi. "C'est mon poste de prédilection", clamait-il pourtant avant la Coupe du monde.


Révélé à Lille au coeur de la défense, il explose à Lyon dans le couloir gauche où ses qualités et sa technique font merveille. A Barcelone, il s'installe parmi les meilleurs spécialistes mondiaux du poste. Son tempérament joueur et sa trop grande facilité lui jouent en revanche des tours dans l'axe. Ses difficultés à respecter l'alignement également. A sa décharge, William Gallas ne s'est jamais montré souverain à ses côtés, il était même franchement emprunté ce jeudi. Le repositionnement de Toulalan dans l'axe, très bon à ce poste à Lyon en L1 comme en C1, ou Sébastien Squillaci, solide en match de préparation, représentaient sans doute plus que des options de secours. Mais Raymond Domenech s'est obstiné. Abidal s'est crashé. L'équipe de France l'a payé. Très cher.