Adil Rami : "Croire en ses rêves"

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'Croire en ses rêves'
Par Eurosport.fr|Ecrit pour TF1|2010-03-02T12:08:00.000Z, mis à jour 2010-03-02T12:08:00.000Z

Passé de Fréjus à l'équipe de France, Adil Rami veut "continuer sur sa lancée". Rappelé pour affronter face à l'Espagne, mercredi, le défenseur de Lille pense à la Coupe du monde. Il va désormais considérer chaque match avec son club comme "une finale" pour tenter de gagner sa place dans les 23.

ADIL RAMI, comment expliquez-vous votre retour, près d'un an après votre dernière apparition dans le groupe France?


A.R. : Je savais que j'avais besoin de redoubler d'efforts. A l'époque, j'avais fait une bonne saison, mais j'étais trop jeune. Là, c'est une saison où j'arrive à trouver de la régularité. Si je n'ai pas été appelé depuis les deux matches contre la Lituanie (en mars et avril 2009, ndlr), c'est pour une bonne raison. C'est parce que je n'avais pas le niveau.


Comment se passe votre intégration chez les Bleus ?


A.R. : La première fois, j'avais eu la chance d'avoir Rio Mavuba avec moi. Il m'avait un peu drivé. Cette fois, ça va, je connais un peu mieux les lieux et les personnages. Mais on sent encore encore que je suis nouveau. Même si je suis quelqu'un de sociable et assez à l'aise, il y a du respect à avoir.


Comment abordez-vous ce stage ?


A.R. : Aujourd'hui, je me dis que la chance que j'ai n'est pas donnée à tout le monde. Il faut que j'en profite. Il faut que j'essaye de refaire en équipe de France ce que je fais à Lille. Avec un peu plus de maturité. Même si j'ai l'air d'un enfant, c'est ce que j'ai envie de faire. Je suis nouveau. J'ai besoin de montrer que je frappe à la porte. Je ne peux être qu'heureux d'être aujourd'hui en équipe de France. Mais je ne veux pas venir pour faire simplement un acte de présence. Maintenant, j'ai besoin de prouver et de montrer que je suis là. Je vais essayer de continuer sur ma lancée.


Vous n'avez pas un peu dragué le sélectionneur en indiquant que c'était un "visionnaire"?


A.R. : Je n'ai pas besoin de fayoter pour être en équipe de France. Je suis là grâce à mes qualités. Ce que j'ai dit, je le pensais. Quand j'ai été appelé la première fois (en mars 2008, ndlr), je n'avais joué que 15 matches de Ligue 1. Pas mal de personnes se demandaient pourquoi j'étais là. Aujourd'hui, ça a tourné et il fait partie des entraîneurs qui ont l'oeil. C'est comme coach Puel, qui reste un entraîneur particulier pour moi. Il faut avoir de l'audace pour prendre un jeune qui a été à la mairie de Fréjus et huit mois après de le mettre sur un terrain de Ligue 1. Et je ne dis pas ça pour fayoter ou parce que j'ai envie d'aller à Lyon (Rires). Aujourd'hui, je suis avec coach Garcia qui me fait monter en puissance. Sans lui, je pense que je ne serai pas là.


En l'absence de nombreux cadres en défense (Gallas, Abidal, Squillaci), espérez-vous débuter mercredi face à l'Espagne ?


A.R. : Je reste un compétiteur. J'ai des objectifs. Cela dit, malgré tous les blessés qu'il y a en équipe de France, je garde la tête sur les épaules. Mais j'ai besoin d'être à 100 % et de donner tout ce que j'ai durant ce stage pour pouvoir revenir un jour. Car il n'y a absolument rien d'acquis. Mais j'y crois, je me dis que tout est possible. Il faut y aller doucement. Je vais donner tout ce que j'ai et le destin fera les choses. Dès qu'on aura besoin de moi, il faudra que je sois présent. Je sais qu'il y a des blessés. Je sais qu'il y a un début à tout.


L'Espagne, ce sera un gros morceau...


A.R. : L'Espagne est l'une des plus grandes nations de football du monde. Individuellement, il n'y a qu'à voir ce qu'ils font dans leurs clubs respectifs. Collectivement, c'est également très fort. Ils n'ont pas été champions d'Europe pour rien. On va voir ce qu'on peut faire. Le destin m'emmènera où il voudra. J'ai eu la chance de côtoyer quelques joueurs espagnols en Europa League contre Valence. J'ai eu un petit échantillon de ce que ça peut donner. Je peux vous dire que c'était déjà pas mal. Ce sont des petits gabarits, vifs, qui jouent à une touche de balle, entre les lignes... c'est vraiment fort.


Rêvez-vous d'une place dans la liste des 23 pour la Coupe du monde ?


A.R. : On rêve tous de la Coupe du monde et d'atteindre le haut niveau. Mais il faut être réaliste, même si je reste compétiteur, on va y aller tranquille. Je donnerai tout ce que j'ai et le destin fera les choses. Il me reste deux mois et demi à faire avec Lille. Il peut se passer beaucoup de choses. Tu peux tomber du jour au lendemain. Donc, chaque match que je vais jouer avec Lille jusqu'à la Coupe du monde sera une finale. Ce sera la guerre (rires). On rêve tous de la Coupe du monde. Aujourd'hui, je rêve de beaucoup de choses mais je suis bien placé pour vous dire qu'il faut croire en ses rêves.