Aguirre : "Personne ne met un peso sur nous"

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Aguirre : 'Personne ne met un peso sur nous'
Par Propos recueillis par Maxime DUPUIS à Johannesburg|Ecrit pour TF1|2010-06-27T15:15:02.000Z, mis à jour 2010-06-27T15:15:02.000Z

Casquette vissée sur la tête, regard fuyant, Javier Aguirre a fait du Raymond Domenech, samedi soir à la veille du 8e de finale entre l'Argentine et le Mexique. Tendu et fermé au possible, le sélectionneur mexicain a cependant semblé déterminé, même si personne ne croit en son équipe.

JAVIER AGUIRRE, vous affrontez l'Argentine en 8e de finale de la Coupe du monde. Comment abordez-vous ce match ?


J.A. : Le Mexique n’est pas favori. Les Argentins sont favoris. Mais nous verrons après 90 minutes ce qu’il va se passer, si on est capable de changer l'histoire et effacer l'éliminaton d'il y a quatre ans. Nous devrons tout faire pour faire mentir les statistiques et donner tort aux parieurs qui nous voient tous perdants. Les gens sont pessimistes à cause de nos quatre éliminations en 8e de suite.


Vous n'étiez pas en Allemagne il y a quatre ans mais ressentez-vous comme un sentiment de revanche ?


J.A. : Je ne parle pas de revanche. Ce sont les médias qui en parlent. Nous n'avons pas besoin de cela. L’équipe a une mission, celle d’aller en quart de finale. Personne ne nous donne une seule chance d'y arriver. Mais on verra ce qui se passera. Depuis 13 ou 14 mois, on tente de changer l'histoire même si personne ne met un peso sur nous....


Le Mexique va-t-il attaquer face aux Argentins ? Les précédents adversaires de l'Albiceleste ne l'ont pas trop fait...


J.A. : Vous verrez demain. Vous saurez de quoi on est capable. Tout le monde nous voit mort...


Diego Maradona a parlé de votre composition d'équipe. Il pense que vous ne ferez pas jouer Franco...


J.A. : (sèchement) Je pense que chacun devrait s'occuper de son équipe. Personnellement, j'ai suffisamment de problèmes avec la mienne.


Diego Maradona vous a également rendu hommage...


J.A. : Oui ? On a joué l'un contre l'autre lors de notre carrière de joueur. C'est un grand ami, un grand coach. Depuis la fin de notre carrière, on s'est revu à Madrid avec Sergio Agüero et sa fille. Avant le match, le lui souhaiterai bonne chance et le féliciterai pour ce qu'il a accompli jusqu'ici.


Que faut-il faire pour battre l'Argentine ?


J.A. : Mes gars ont faim. Ils ne font pas de complexe. Il faudra faire pareil que contre la France, l'Angleterre ou l'Uruguay. On gagnera ou non mais les joueurs se battront, on ne les critiquera pas pour ça.


Vous avez un point commun avec le Chili, qui affronte le Brésil, autre géant du continent sud-américain...


J.A. : Le Chili est une excellente équipe qui a réussi un excellent premier tour. La sélection chilienne possède une très bonne génération de joueurs, beaucoup évoluent en Europe. Comme eux, nous devrons bien jouer pour passer. Et comme eux, nous sommes considérés comme battus d'avance.


Que tout le monde vous considère perdants. On sent que cela vous énerve...


J.A. : Non, c'est votre interprétation. Mon état d'esprit est simple : je veux vraiment gagner demain.


Avez-vous un plan anti-Messi ?


J.A. : Lionel Messi est le meilleur joueur du monde. On verra comme on le contrôlera.