Alerte rouge

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Alerte rouge
Par etf1|Ecrit pour TF1|2010-06-25T19:45:02.000Z, mis à jour 2010-06-25T19:45:02.000Z

Si ce premier tour nous a appris une chose, c'est que le football d'aujourd'hui se moque éperdument du poids de l'histoire et du statut des uns et des autres. La France et l'Italie, finalistes en 2006 et nations historiques de la Coupe du monde, n'ont pas gagné un match à elles deux en Afrique du Sud. L'Espagne, elle, peut disparaitre à son tour ce vendredi. La Roja affronte son double sud-américain, l'autre Roja, le Chili. Comme elle traîne sa défaite initiale face à la Suisse comme un boulet, la formation ibérique risque fort de passer à la trappe si elle ne gagne pas. Sur ce que les Chiliens ont montré jusqu'ici (deux victoires et un jeu de qualité), l'affaire ressemble à tout sauf à une formalité.


Mais autant les échecs français et italiens n'ont pas totalement surpris, autant une élimination prématurée de l'Espagne laisserait tout le monde sans voix. Arrivés en Afrique du Sud sur une série de victoires impressionnante et forts d'une qualité de jeu sans égal, les Ibères ne semblaient pas partis pour trembler dans ce groupe H. Tout le monde est convaincu que la défaite face à la Suisse relève de l'accident, mais seule une victoire face au Chili en donnera la certitude. Un succès permettra à coup sûr aux joueurs de Vicente Del Bosque de se qualifier, et de lancer pour de bon leur Mondial. "C'est presque déjà une finale, juge Emilio Butragueno, l'ancienne idole du Real Madrid. J'ai le sentiment que si l'équipe passe l'obstacle, elle ira très loin. Peut-être même que la défaite contre la Suisse aura alors été une bonne chose, comme un avertissement salutaire."


Bielsa: "Une équipe vulnérable ? Je ne crois pas"


Personne, parmi les adversaires des Espagnols, ne semble d'ailleurs croire à une sortie de route si prématurée. "Ce serait une grave erreur de ne pas considérer l'Espagne comme favorite, estime l'attaquant suisse Alexander Frei. Regardez les joueurs qu'ils ont. Regardez le football qu'ils jouent. Je suis convaincu qu'ils vont appuyer sur l'accélérateur à partir de maintenant." Même raisonnement chez Marcelo Bielsa, l'entraîneur argentin de la sélection chilienne. Pour lui, l'Espagne reste une référence: "Une équipe vulnérable ? Je ne crois pas. Leurs résultats des derniers mois parlent pour eux et leur prestation depuis le début du tournoi aussi. Ils auraient du gagner 3-0 contre la Suisse et 4-0, voire plus, contre le Honduras. Ils ont dominé ces deux matches, ils se sont créé beaucoup d'occasions."


La chance de l'Espagne, c'est peut-être aussi de tomber sur une équipe joueuse, l'antithèse de cette formation suisse qui lui a posé tant de problèmes. Les Chiliens ont l'enthousiasme de la jeunesse. Un nul leur suffit, mais ils se disent incapables de jouer de la sorte. Ils promettent de jouer pour gagner et il est probable qu'ils ne bluffent pas. Iniesta, qui effectuera son retour à cette occasion, se délecte d'ailleurs d'avance de cette confrontation. "Cela devrait être un super-show, annonce le milieu de terrain du FC Barcelone, car les Chiliens jouent un peu comme nous et vont essayer de nous asphyxier d'entrée". Mais quoi qu'il en soit, l'Espagne a les clés. Si elle redevient elle-même, elle gagnera et elle passera.