Anelka espère Vieira

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Anelka espère Vieira
Par Eurosport|Ecrit pour TF1|2010-05-10T22:15:24.000Z, mis à jour 2010-05-10T22:15:24.000Z

Dans un livre à paraître mercredi où il revient sur sa carrière et sa vie, Nicolas Anelka milite clairement pour la présence de Patrick Vieira à la Coupe du monde. Extraits, en exclusivité, des confidences du taiseux de Trappes.

"Vieira reste notre capitaine"


"On s’est toujours bien entendu. Je n’avais pas le permis à mes débuts à Arsenal et, chaque matin, il venait me cueillir pour m’emmener à l’entraînement. (...) Il a aussi été mon capitaine en équipe de France. Aujourd’hui, à 33 ans, il joue à Manchester City, l’un de mes anciens clubs. Sa présence au sein d’un groupe rassure. Si Raymond Domenech le prend pour le Mondial, sûr qu’il fera du bien. On a besoin de son expérience. Son statut en impose. Il reste notre capitaine."


"Toi, je ne te prends pas, c'est normal"


"Certes Aimé Jacquet m’a offert ma première sélection en équipe de France, le 22 avril 1998, en Suède. J’avais 19 ans et j’ai joué plus d’une heure. Mais, le mois suivant, (...) j’appartiens aux six exclus de Clairefontaine lors du final cut. (...). « Toi, je ne te prends pas. C’est normal. » Rien d’autre. Ces mots resteront gravés à vie. Il a dit ça devant les cinq autres exclus (Ba, Lamouchi, Djetou, Leitizi, Laigle). Voulait-il dire que c’était normal car j’étais jeune et que j’avais le temps ? Je l’ignore. Mais ce fut très dur à entendre. Après Jacquet, ce fut au tour de Roger Lemerre (…). Il était gentil mais parfois il me tutoyait, d’autres fois il me vouvoyait. Désarçonnant. (...) Je n’ai pas aimé une phrase qu’il a prononcée un jour : « J’ai joué ma vie avec Anelka.» Qu’est-ce que cela signifie ? Ça peut prêter à confusion. Qu’il s’explique (…).”


"Domenech éclaire le jeu de l'équipe"


"Jamais je n’ai eu de dialogue comme ça avant avec un entraîneur des Bleus. (...) Je considère qu’il m’a donné ma chance de revenir en sélection et de prouver que j’avais le niveau, ce dont je n’ai jamais douté. Avec lui, je communique, j’échange. Il a compris que je n’étais pas un fouteur de merde ! Je peux parler tranquillement, de tout et de rien, avec Domenech. Cela change de ses prédécesseurs. Il donne aussi des explications, éclaire le jeu de l’équipe. Jusque-là, le dialogue était inexistant. (...) Je garderai le souvenir d’un homme qui parle beaucoup aux joueurs et qui les comprend. C’est un vrai technicien, qui connaît le football. Je sais qu’il est impopulaire, mais je vous promets que le personnage est marrant."


"On s'est cachés, mais on est passés"


"Entre Thierry (Henry) et moi, cela a toujours été instinctif. Malgré la concurrence, on a systématiquement voulu jouer ensemble, se donner les ballons. Cela a constamment collé. (...) Un mot sur son fameux geste face à l’Irlande en match de barrages. (...) Il a assumé. Tout le monde a vu qu’il avait fait main, de toute façon… Dans le foot, il y en a partout, sur tous les terrains, hélas. Il n’y a qu’à mettre la vidéo. Et puis, la qualification pour la Coupe du monde, c’est à l’aller en Irlande qu’on l’a obtenue. (...) Au retour, on sait bien qu’on n’a pas été bons, tétanisés par l’enjeu. On s’est cachés, mais on est passés. Je sais que Thierry a été atteint par les polémiques après sa main, tout le monde lui est tombé dessus. Il reste mon ami pour la vie. Il va prendre part à son quatrième Mondial de suite. C’est hallucinant."


"Claude (Makelele) a encore largement le niveau"


"Le PSG est le seul club français que j’aie connu dans ma carrière. Si jamais un jour je devais revenir en France, même si je pense que cela n’arrivera pas, ce serait à Paris. Claude Makelele, lui, s’apprête à y terminer son parcours. (...) Je ne comprends pas pourquoi le club l’a fait venir alors que, derrière, le projet n’est pas abouti. (...) À 37 ans, il reste affûté et a été l’un des meilleurs milieux défensifs du monde. Il va stopper sa carrière, mais il a encore largement le niveau. Son coach à Paris est à la hauteur. Mais on ne peut pas lui réclamer de faire des merveilles avec si peu de moyens."


"Avec cette équipe de fous..."


"Mon deuxième passage au PSG n’aura duré qu’une année et demie. (...) Je croyais dans le projet exposé, à savoir une équipe qui représente Paris et sa région. Faire appel à des jeunes joueurs de la région parisienne ou de la banlieue tout court, représentatifs du public. Un mélange de jeunes du centre de formation et par ailleurs des copains, comme Fabrice Abriel, Sylvain Distin, Bernard Mendy, Grégory Paisley, Fabrice Kelban, Édouard Cissé ou Pierre Ducrocq, ainsi que des joueurs plus expérimentés tels que Ali Benarbia, Laurent Robert ou Lionel Letizi. Avec en plus Ronaldinho, Jay-Jay Okocha, Peter Luccin ou Stéphane Dalmat, on bénéficiait d’une équipe de malades. Le résultat n’a pas été à la hauteur. Pourtant, avec cette équipe de fous, on aurait pu faire ce qu’a réalisé l’Olympique Lyonnais, à savoir dominer le Championnat de France durant sept ans. Seulement, on ne nous a pas laissé le temps. (...) Bergeroo a sauté. Et la politique du club a changé. Dès lors, les histoires ont commencé à pleuvoir, les rumeurs aussi. Du grand n’importe quoi."


"Je savais que j'allais manquer mon penalty"


"(A Chelsea), le coach, Avram Grant, ne me témoigne pas une confiance absolue. Et comme je fonctionne beaucoup à l’affectif… Ça se ressent notamment lors de la finale de la Ligue des champions, la seconde à laquelle je participe. (...) L’entraîneur m’a lancé d’un coup, sans me prévenir. Alors que notre capitaine John Terry avait l’occasion de nous offrir le trophée lors des tirs au but – sa tentative a heurté le poteau –, je rate finalement l’ultime de la série, repoussé par Van der Sar. C’est un peu le symbole de ma demi-saison avec Chelsea. Triste à dire, mais je savais que j’allais manquer mon penalty. Grant me prenait un peu de haut, comme si pour lui je devais être fier et ne rien réclamer, sous prétexte que j’avais été recruté à Bolton."


Arnaud Ramsay, “Anelka par Nicolas Anelka”, Editions Hugo&Cie, 125 pages, 15,50 euros. Parution le 12 mai.