Anelka viré des Bleus

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Anelka viré des Bleus
Par A.P.|Ecrit pour TF1|2010-06-20T17:15:03.000Z, mis à jour 2010-06-20T17:15:03.000Z

Nicolas Anelka va quitter l'Afrique du Sud dès ce soir suite à ses insultes à Raymond Domenech. La FFF a officialisé son exclusion, expliquant que l'attaquant a refusé "de présenter des excuses officielles". Le joueur accepte mais insiste : "les mots sortis dans la presse ne sont pas mes mots".

C'est désormais officiel. Nicolas Anelka a été exclu de l'équipe de France suite à son clash avec Raymond Domenech. Nous l'annoncions en milieu d'après-midi. La Fédération Française l'a confirmé. "Les propos tenus par Nicolas Anelka à l’encontre du Sélectionneur National Raymond Domenech sont totalement inacceptables pour la FFF, le football français et les valeurs qu’ils défendent", explique l'instance du football français dans un communiqué. Elle dévoile également quelques détails : "Informé tard dans la soirée de vendredi de l’incident grave survenu durant la mi-temps du match France-Mexique, le Président de la Fédération Jean-Pierre Escalettes a demandé à Nicolas Anelka, en présence du capitaine Patrice Evra, de présenter des excuses officielles à l’opinion publique Française ainsi que de regretter ses propos devant Raymond Domenech, le staff et les 23 joueurs de l’Equipe de France". Finalement, "le refus du joueur de se livrer à des excuses publiques" a donc conduit à son exclusion.


Nicolas Anelka "quittera dès ce soir le camp de base de l’Equipe de France", dit le communiqué. Il rentrera à Londres. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Samedi matin, L'Equipe a dévoilé qu'Anelka avait lancé au patron des Bleus : "Va te faire enc..., sale fils de p...". Le quotidien raconte qu'à la mi-temps du match France - Mexique jeudi soir, le sélectionneur n'avait pas prévu de remplacer Anelka, en dépit de sa pauvre prestation, mais souhaitait "juste qu'il arrête de décrocher en permanence, de dézoner à volonté". L'attaquant de Chelsea a contesté, Domenech a menacé de le remplacer. L'insulte aurait alors fusé. "Ok, tu sors", aurait répliqué Domenech, sous le regard médusé des autres joueurs. André-Pierre Gignac joua ensuite la seconde période à la place du "Blues". Après cet accrochage, la France a encaissé deux buts en seconde période (64e et 79e minutes) et s'est inclinée 2 à 0.


Anelka : "Ce ne sont pas mes mots"


A peine exclu de l'équipe de France, Nicolas Anelka a tenu à réagir sur le site de France Soir. Le buteur de Chelsea a confirme qu'une "discussion houleuse" avait opposé les deux hommes "mais elle s'est déroulée dans le secret du vestiaire, entre le coach et moi, devant mes partenaires et le staff. Cela n'aurait jamais du sortir du vestiaire. Je ne sais pas à qui cela peut faire du bien de répandre de telle choses mais certainement pas aux Bleus." S'il "accepte" son exclusion de l'équipe de France et souhaite bonne chance à cette dernière, Anelka assure "que les mots qui sont sortis dans la presse ne sont pas (s)es mots" et ne préfère pas en dire plus sur le moment car "l'équipe de France a une grosse échéance mardi prochain contre l'Afrique du Sud, avec encore une qualification possible dans cette Coupe du monde." Anelka assure enfin avoir "beaucoup de respect pour l'équipe de France (...), également beaucoup de respect pour tous mes coéquipiers sans exception." Et pour Raymond Domenech ? Pas un mot.


Les autres réactions ne devraient pas tarder. Et d'autres détails remonter à la surface. Samedi, vers 18h30, Patrice Evra et Jean-Pierre Escalettes et Jean-Louis Valentin, directeur général de la fédération, ont été chargés de l'opération communication devant les journalistes présents à Knysna. Sur les ondes de RTL, Noël Le Graët s'est déjà expliqué. "C'était normal de le faire aujourd'hui", a affirmé le vice-président de la FFF, visiblement choqué par ce nouvel épisode qui vient de secouer l'équipe de France : "Je trouve ça toute à fait invraisemblable parce que, si quelqu'un a protégé Nicolas Anelka, c'est bien Raymond Domenech. Il peut y avoir des divergences d'appréciation quant à la tactique ou le positionnement mais ça mérite des conversations un peu plus aimables. Un incident comme celui-là ne doit pas se produire". "Qu'Anelka rentre à Paris à pied, pas en avion !", s'est pour sa part emporté Bernard Saules, membre du conseil fédéral de FFF, qui s'interroge : "il aurait dû être dans l'avion dès vendredi matin, puisque ça s'est passé jeudi soir, pourquoi attendre que l'histoire soit sortie dans la presse ?"


Un lourd passif


Reste que cette exclusion n'est qu'un énième épisode dans les relations houleuses entre Anelka et l'équipe de France. L'ancien Parisien a toujours eu des rapports conflictuels avec les sélectionneurs en équipe de France. En août 2003, il avait déclaré dans Paris Match à propos de Jacques Santini: "Je n'ai pas besoin de l'équipe de France. Qu'il s'agenouille devant moi, s'excuse d'abord, et après je réfléchirai". L'attaquant avait ensuite lancé au début de l'ère Domenech : "Je pense que je ne reviendrai pas en bleu tant que Raymond Domenech sera en place. Même quand il y a 60.000 blessés, il ne me prend pas !". Puis, le joueur avait fait amende honorable et le 5 octobre 2006 Raymond Domenech l'avait rappelé dans le groupe France. Depuis, le joueur semblait apaisé. Mais sur le terrain, en préparation et en Coupe du monde, il est soudainement redevenu cet individualiste forcené, jouant à contre-courant de l'attaque. Parti, va-t-il vraiment manquer aux Bleus ?