Angelo Fulgini, un adolescent pas comme les autres

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Angelo Fulgini, latéral droit de Valenciennes
Par Laurent TITY|Ecrit pour TF1|2013-10-07T15:01:00.000Z, mis à jour 2013-10-07T16:04:55.000Z

Telefoot.fr a rencontré Angelo Fulgini, international U18 au poste de latéral droit et grand espoir du centre de formation de Valenciennes. Découvrez le mode de vie d'un footballeur en herbe, avec ses rêves, ses sacrifices et la réalité du quotidien.

Il a 17 ans, suit des cours au lycée en Terminale STMG (sciences et technologies du management et de la gestion) et espère décrocher son bac à la fin de l'année scolaire. De prime abord, Angelo Fulgini ressemble à tous les jeunes de son âge. Sauf que son avenir professionnel ne se situe pas derrière un bureau, mais plutôt sur un terrain de foot.

Un enfant du Sud
Né le 20 août 1996 à Abidjan (Côte d'Ivoire), Angelo Fulgini a grandi dans le sud de la France : « J'ai commencé le football à l'âge de 4 ans dans un petit village à Saint-Paul-en-Forêt (Var). Ensuite j'ai joué à Fréjus, puis Vidauban. » A cette époque, Angelo considère le football comme un amusement, à l'instar de tous ses petits camarades. Mais très vite, un projet plus ambitieux lui trotte dans la tête : « Enfant, je rêvais de devenir professionnel, mais j'étais trop petit pour connaître le système des centres de formation. »

En 2005, Angelo Fulgini doit quitter le soleil méditerranéen, où il fait si bon pousser dans un ballon : « Pour des raisons familiales, j'ai dû déménager dans le Nord, où j'ai pris une licence à Douai. » Un changement radical au niveau climatique mais aussi affectif pour l'enfant alors âgé de 9 ans. En 2007, Angelo intègre finalement le VAFC : « Je suis arrivé à Valenciennes en préformation, en sport études à l'internat pendant un an. Et j'ai intégré le centre de formation la deuxième année. »

Le début des choses sérieuses, et une nouvelle étape dans la vie d'Angelo, qui met un pied dans le monde sélectif et fermé du football de haut niveau. Ce qui provoque déjà certaines expériences assez désagréables : « A partir du moment où je suis parti en sport études j'ai perdu contact avec tous les amis que j'avais au collège. »

« Il faut toujours penser foot »

Métro, boulot, dodo ?
Angelo Fulgini ne cache pas les sacrifices qu'implique son choix de vie : « On n'a pas le temps de sortir, il faut toujours penser foot et en ajoutant les cours, ça ne donne aucun temps libre. » Le jeune homme nous a ainsi livré son planning type d'une semaine de match :

Lundi
Matin -> Entraînement
Après-midi -> Cours et entraînement

Mardi
Matin -> Musculation et entraînement
Après-midi -> Entraînement et cours

Mercredi
Matin -> Entraînement
Après-midi -> Cours

Jeudi
Matin -> Entraînement
Après-midi -> Cours et entraînement

Vendredi
Matin -> Cours
Après-midi -> Entraînement

Samedi
Matin -> Entraînement
Après-midi -> Repos

Dimanche -> Match



Un emploi du temps avec lequel Angelo Fulgini doit composer tant bien que mal : « On s'habitue à ce rythme. Les cours, c'est compliqué, mais il faut que j'aie mon bac. » Aujourd'hui, l'adolescent partage un appartement avec un ami du centre de formation et consacre la majeure partie de son temps libre à ses proches : « J'habite à trente minutes de ma famille donc j'essaie de rentrer quand j'ai le temps, le plus souvent lorsqu'il n'y a pas match. Ma mère vient quand elle peut. »

Angelo Fulgini, latéral droit de Valenciennes et de l'équipe de France U18

« Mon agent m'a repéré au cours d'un tournoi »


Jouer un jour au Barça
Au mois de juillet 2013, le VAFC a prolongé Angelo Fulgini pour une durée de trois saisons. Désormais stagiaire-pro à Valenciennes, le latéral droit était notamment convoité par le Milan AC en Italie. Des dossiers que le jeune homme ne traite pas directement. Dans l'ombre, un ange-gardien gère la carrière prometteuse du joueur de 17 ans : « Mon agent m'a repéré au cours d'un tournoi en U15 avec Valenciennes. Il m'a contacté un mois après. Il m'a parlé, m'a expliqué son projet et on s'est rencontré. »

Actuellement titulaire régulier avec les U19 de Valenciennes, Angelo Fulgini affiche pour l'instant des ambitions mesurées : « Mon objectif est de jouer avec la CFA2 et d'y être titulaire. Et si possible m'entraîner plus souvent avec les pros pour atteindre le haut niveau. »

Apparemment bien entouré et la tête sur les épaules, le jeune homme avoue tout de même avoir un rêve, jouer un jour au FC Barcelone : « C'est la meilleure équipe du monde. » Rien d'étonnant à ce que le modèle de ce latéral droit se nomme Dani Alvès !

« Quand je m'entraîne avec les pros, je me rends compte que ça va plus vite »


Bleu, la couleur de l'espoir
Si Angelo Fulgini fait partie des plus grands espoirs du club de Valenciennes, c'est aussi parce qu'il fait ses preuves dans les sélections de jeunes depuis pas mal de temps. Un début de consécration pour ce garçon, qui se souvient encore aujourd'hui de sa première sélection en équipe de France : « La première fois qu'on m'a convoqué en sélection j'étais au centre de formation. Le directeur m'appelle. Il me dit ‘j'ai un papier pour toi' et me donne la fiche avec les sélectionnés. On était quatre du centre de VA. C'était pour deux matches contre la Roumanie, à Biarritz. J'étais super content. »

Une première fois qu'Angelo Fulgini a transformée en bonne habitude : « Au début je ne savais pas à quel poste ils voulaient me faire jouer. Ils m'ont mis arrière droit, j'ai fait deux bons matches et depuis le coach Gonfalone (sélectionneur des U17) m'a toujours appelé. »

En cette période où le public doute parfois de l'amour pour le maillot bleu qu'affichent certains sélectionnés, la fierté et l'ambition d'Angelo Fulgini font plaisir à voir. Désormais international U18, le latéral espère bien continuer à montrer ses qualités et faire ses preuves dans les catégories supérieures.

Angelo sait également que les sélections sont des parenthèses et la réalité du quotidien demeure son club de Valenciennes. Jamais appelé pour jouer en match officiel avec le groupe professionnel, Angelo Fulgini ne se montre pas encore trop impatient. Même si le joueur est conscient d'avoir le potentiel pour parvenir à ses fins : « Quand je m'entraîne avec les pros, je me rends compte que ça va plus vite, c'est plus physique, mais techniquement je m'en sors. »
Angelo Fulgini avec l'équipe de France U18

Espoir du foot français est une étiquette qui ne garantit pas la réussite. Angelo Fulgini tente donc de gravir les échelons un par un, et sa progression est jusqu'ici constante. Et peut-être qu'un jour, pas si lointain, le footballeur en herbe de Valenciennes deviendra un joueur de haut niveau, voire mieux...