Les Anglais vont devenir paranos

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Les Anglais vont devenir paranos
Par Laurent VERGNE|Ecrit pour TF1|2010-06-28T10:30:02.000Z, mis à jour 2010-06-28T10:30:02.000Z

Ce n’est pas la première fois que l’Angleterre quitte une Coupe du Monde sur une colossale erreur d’arbitrage. Même si elle a été victime de ses propres manques face à l'Allemagne (1-4), cet épisode s’ajoute à ceux de 1986 et 1998.

"Le football est un sport qui se pratique à onze contre onze et à la fin, c'est toujours l'Angleterre qui se fait voler." La phrase, lâchée par un supporter anglais sur le site de la BBC dimanche, en dit long sur la frustration des supporters anglais. Au lendemain de la pire défaite de son histoire en Coupe du monde (4-1), l'Angleterre se pose deux questions: comment l'équipe de Fabio Capello, considérée comme une candidate au titre, a pu produire un jeu aussi pauvre en Afrique du Sud? Et pourquoi elle est si souvent victime du sort en phase finale de Coupe du monde?


On laissera à chacun le soin de juger dans quelle mesure le but refusé à Frank Lampard en première période, alors que l'Allemagne menait 2-1, a pesé sur l'issue de ce huitième de finale. Mais c'est un fait, les Anglais ne sont pas vernis. Ils ont l'impression qu'on leur en veut. Depuis 1986, à l'exception de leur élimination en quarts de finale face au futur champion du monde brésilien en 2002 (1-2), soit ils ont disparu aux tirs au but, soit au terme d'un match entaché d'une erreur d'arbitrage. Parfois les deux d'un coup, d'ailleurs... "C'est à se demander si on peut perdre sans controverse. Peut-être qu'on paie encore et toujours le but de Geoff Hurst en 66", tente de plaisanter Alan Shearer.


Les deux plus grosses erreurs de l'histoire


Seraient-ils un peu paranos nos amis anglais? A vrai dire, ils ont un peu de quoi. Ils peuvent estimer sans exagérer qu'ils ont eu à subir les deux plus grosses erreurs d'arbitrage de l'histoire de la Coupe du monde en un quart de siècle. Il y avait eu la main de Diego Maradona en 1986, en quarts de finale (1-2). Il y a désormais le but de Frank Lampard en 2010. Dans un cas, un but accordé qui n'avait pas lieu de l'être. Vingt-quatre ans plus tard, un scenario inverse, mais toujours la même victime. "Le ballon a franchi la ligne, il était dedans. C'était tellement énorme", peste Frank Lampard. "Ce qui me gêne, c'est que, malgré l'ampleur de la défaite, on aura toujours ce regret, en se disant : 'comment ça se serait passé si le but avait été accordé' et ça, ce n'est pas bon. Il aurait mieux valu perdre 2-0", estime l'ancien sélectionneur Kevin Keegan.


Le tribut payé par les Anglais à l'arbitrage en Coupe du monde commence, il est vrai, à être lourd. Outre la main de Diego et la barre de Franky, il y a eu aussi dans un passé récent le superbe huitième de finale face à l'Argentine en 1998. Le carton rouge extrêmement sévère infligé à David Beckham en début de seconde période. Et plus encore le but de la tête de Sol Campbell en prolongation. Un but en or, qui aurait dû qualifier les joueurs de Glenn Hoddle. Mais il avait été refusé pour une faute bien peu évidente (imaginaire, disent les Anglais). Sur une saison, ça s'équilibre, dit-on. Et dans l'histoire? Reste que l'injustice faite à Lampard ne doit pas faire oublier que l'Angleterre, dimanche, ne méritait pas de se qualifier. Pour s’en rappeler, dans quelques années, il suffira de relire les mots de Steven Gerrard: "Je pense que ce but refusé a pesé, mais nous ne pouvons pas nous en servir comme excuse. Avec des si..." Avec des si, l'Angleterre ne se sentirait plus persécutée par l'arbitrage. Avec des si, qui sait, peut-être gagnerait-elle à nouveau un titre majeur?