Angleterre, ça chauffe aussi

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Par Laurent VERGNE|Ecrit pour TF1|2010-06-20T21:45:24.000Z, mis à jour 2010-06-20T21:45:24.000Z

Une mise au point imprévue entre Capello et ses joueurs a eu lieu dimanche. Si elle est encore loin du psychodrame français, l'Angleterre ne respire pas la sérénité après ses deux nuls décevants contre les Etats-Unis et l'Algérie. L'Italien, peu connu pour sa souplesse, est de plus en plus contesté.

Mais que se passe-t-il en Afrique du Sud? Il souffle sur la première Coupe du Monde africaine un petit vent de folie qui est peut-être en passe d'emporter les traditionnelles places fortes du football européen. L'Italie, championne du monde en titre, patauge. La France, finaliste en 2006, est quasiment éliminée et traverse la plus grave crise de son histoire. L'Espagne et l'Allemagne sont plus tranquilles, mais elles ont déjà perdu. Et l'Angleterre? Elle est à mi-chemin entre la consternation et le désespoir, et plus très loin d'une crise "à la française" avant son dernier match de poule en forme de quitte ou double face à la Slovénie.


Il y a encore dix jours, toute l'Angleterre apparaissait pourtant unie derrière Fabio Capello. Le sélectionneur italien des Three Lions faisait l'unanimité. Deux matches nuls (vraiment nuls) plus tard, la colère gronde, la crise couve et Capello tangue, alors qu'il peut devenir le premier sélectionneur de l'équipe anglaise éliminé dès le premier tour depuis 1958. "Welcome to England, Fabio", titrait le Sun après la rencontre face à l'Algérie. Le technicien transalpin a beau avoir un CV hors du commun et un palmarès au diapason, gérer la sélection anglaise reste un métier auquel on n'est jamais préparé, lui a expliqué en substance la presse britannique. Et ce week-end, le ton est monté d'un cran, avec l'annonce de la tenue d'une réunion qui n'était pas initialement prévue, dimanche soir, entre le sélectionneur et certains cadres de l'équipe.


"Je n'ai commis aucune erreur"


Que reprochent ces derniers à Capello? Son autoritarisme, certaines de ses déclarations, sa gestion du groupe et plus encore son entêtement dans ses choix tactiques. David James s'était plaint que Robert Green apprenne sa titularisation deux heures à peine avant le début du match face aux Etats-Unis. "Moi aussi, contre l'Algérie, j'ai su seulement en montant dans le bus que je jouais", regrette le gardien vétéran. Les joueurs n'ont pas digéré que leur sélectionneur évoque leur incapacité à jouer "sous la pression". "Ah bon, il a dit ça? Super", avait réagi James vendredi soir lorsqu'un journaliste lui avait rapporté les propos de l'Italien.


Dimanche après-midi, lors d'une conférence de presse, John Terry a cherché à éteindre l'incendie qu'il avait lui-même contribué à allumer. "Nous soutenons tous le sélectionneur, nous sommes tous derrière lui. On a déformé mes propos", a assuré le défenseur de Chelsea. Une temporisation sans doute nécessaire, dans la mesure où Capello n'est pas réputé pour son aptitude au dialogue. Au contraire, plus les joueurs vont parler, moins il agira dans leur sens. Il est le patron et il entend bien le rester. "Je n'ai commis aucune erreur", a-t-il d'ailleurs lancé après le nul contre l'Algérie. Une phrase qui en dit long sur son état d'esprit et son sens de l'ouverture.


Plaidoyer pour Joe Cole


Capello a toutefois ouvert une toute petite porte, en laissant entendre qu'il était prêt à effectuer quelques changements. Entendra-t-il les appels du pied de John Terry qui, s'il n'est plus capitaine depuis le mois de février, n'en reste pas moins le porte-parole du groupe? Les cadres plaident (la presse aussi) pour une titularisation au poste de milieu gauche de Joe Cole, grand oublié de ce début de Mondial. Convaincant lors des matches de préparation et encensé par Capello, l'ancien prodige de West Ham n'a pas joué une seule minute. "Que Capello nous dise ce que Joe Cole a pu dire ou faire de si terrible en interne pour être à ce point oublié", a interrogé l'ancien international Paul Merson. "Joe est avec Wayne Rooney le seul qui peut ouvrir une défense, estime Terry. S'il est titularisé, je suis sûr qu'il nous apportera beaucoup." Mais c'est Capello qui décide. En Angleterre, beaucoup s'en félicitaient jusqu'ici. Tout le monde s'en désole aujourd'hui.