Atlético Madrid : Antoine Griezmann accuse le coup en Liga : comment l’expliquer ?

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Antoine Griezmann   Atlético Madrid
Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2016-12-07T16:34:38.741Z, mis à jour 2016-12-07T16:39:03.024Z

En course pour le titre de champion d’Espagne jusqu’à l’ultime journée de Liga la saison dernière, l’Atlético Madrid rame en cet exercice 2016-2017. Comme un symbole, son meilleur joueur, Antoine Griezmann, est à la peine.

Il y a des plaies plus difficiles à panser que d’autres. Des cicatrices qui ne partent jamais vraiment. Il est également des épreuves qui nous rendent plus forts. Des obstacles à surmonter qui nécessitent du temps. Antoine Griezmann reste sur deux grosses désillusions. En quelques semaines, l’attaquant a perdu la finale de la Ligue des Champions avec l’Atlético Madrid puis la finale de l’Euro avec l’Equipe de France, comme Michael Ballack en son temps. Forcément, deux défaites d’une telle envergure ne laissent pas un joueur indemne. Antoine Griezmann accuse en ce moment le coup en Liga. Une simple question de patience ?

Griezmann, marqué par les défaites

Il aurait pu connaître l’été le plus faste de sa jeune carrière. Ajouter deux lignes à un palmarès encore bien blanc (champion de D2, vainqueur de la Supercoupe d’Espagne). Antoine Griezmann a finalement déchanté. D’abord en finale de la Ligue des Champions, en mai, face au Real Madrid. Le Français avait raté son penalty dans le temps réglementaire avant de marquer son tir au but. Insuffisant pour renverser le Real Madrid. En finale de l’Euro, quelques mois plus tard, Grizi a de nouveau buté sur l’équipe de Cristiano Ronaldo, malgré quelques occasions de la tête. Une situation délicate, qui rappelle celle vécue par Michael Ballack en 2008. L’Allemand avait perdu la finale de la Ligue des Champions aux tirs au but face à Manchester United en 2008 avant de mordre la poussière en finale de l’Euro face à l’Espagne (1-0).

Dans sa carrière, Antoine Griezmann n’avait certainement jamais connu de défaites aussi marquantes. « Non, je n’ai pas digéré la finale de l’Euro, expliquait l’attaquant au Figaro le mois dernier. Elle ne le sera jamais. Il y a parfois des nuits compliquées où je repense à cette finale et à celle de la Ligue des Champions. A des actions et des moments précis. Il faut gagner des titres pour oublier tout ça. Avec la sélection, ce serait beau. On n’était pas loin, à un poteau… Si on continue comme ça, dans le même état d’esprit et avec la réussite qu’on n’a pas eue lors de la finale, on sera sur la bonne voie. »

Une saison 2015-2016 éreintante

Le chemin menant à ces deux tristes dénouements fut long et sinueux pour Antoine Griezmann, quoique ponctué d’honorifiques distinctions. Meilleur buteur de l’Euro 2016 avec six pions, il a également été élu meilleur joueur du tournoi. Le Mâconnais peut aussi se targuer d’avoir été élu meilleur joueur de Liga, au nez et à la barbe de Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Il a également réalisé la saison la plus faste de sa carrière avec 32 pions en 54 matches chez les Colchoneros – de quoi le mener à la sixième place du classement des meilleurs buteurs en Liga (22 buts) et cinquième en Ligue des Champions (7 buts). De quoi faire passer la pilule des échecs précédemment cités un peu plus facilement. Si sa saison aura été riche en déceptions et en distinctions, elle aura également été longue voire très longue. Le Français aura disputé 70 matches toutes compétitions confondues, soit le total le plus élevé de sa jeune carrière. La saison précédente, Grizi avait pris part à 62 rencontres.



Griezmann et l’Atlético Madrid, destins croisés

Depuis quelques semaines, Antoine Griezmann connait un coup de moins bien en Liga. Son dernier but dans le championnat espagnol remonte au 2 octobre dernier, face à Valence. Depuis, deux mois et sept rencontres sans faire trembler le moindre filet. Une éternité pour un joueur du calibre de Griezmann, qui est toute fois à relativiser par rapport à son temps de passage de la saison dernière. A la même époque, fin 2015, le Français comptait huit buts, contre six actuellement. Il avait fini l’exercice en trombe avec 22 pions. Si sa situation personnelle n’a donc rien d’alarmante, elle est un peu plus inquiétante pour l’Atlético Madrid. Durant la période de disette d’Antoine Griezmann, les Matelassiers ont perdu trois fois en Liga, concédé un nul pour trois victoires seulement. Une coïncidence ? Certainement pas.

Les Colchoneros ne pointent qu’à la quatrième place de Liga, à deux points de Séville troisième mais à neuf unités du Real Madrid, leader. Après 14 journées, cela s’apparente déjà à un gouffre. Diego Simeone en est conscient et s’en est expliqué après le 0-0 face à l’Espanyol Barcelone samedi : « Le championnat est encore long. Et je garde l’idée que l’équipe a tout donné ce soir, elle a obligé les adversaires à très bien défendre et il faut les féliciter. Ce résultat ne m’inquiète pas plus que ça. L’objectif est de finir troisième, tranquille. »


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« Les buts finiront bien par arriver »

L’Atlético Madrid et Antoine Griezmann ne semblent donc pas au meilleur de leur forme. Muet devant les buts, le Français est également critiqué pour son apport dans le jeu. Mundo Deportivo décrypte la situation: « Griezmann n’apporte pas tout ce qu’il devrait dans le jeu, en donnant la sensation de vouloir trop en faire dans le football de l’Atlético, tant dans la création que dans la finition. Il pèse moins dans la surface de réparation, endroit où il est normalement létal. » Pas de quoi inquiéter Diego Simeone pour autant, qui garde confiance en son joueur : « Je le vois en forme, il a une prédisposition pour le travail et une facilité à créer des occasions. Ce sont des qualités très particulières et qui sont difficiles à retrouver chez un autre joueur. Il faut être patient, les buts finiront bien par arriver, comme d’habitude. Grâce au travail. »

Pour Antoine Griezmann, les objectifs ne manquent pas

Diego Simeone le dit, il faudra de la patience pour qu’Antoine Griezmann retrouve son niveau de la saison passée. Pour revenir au top, l’attaquant ne manque pas de challenges. Déjà, celui d’ajouter une ligne majeure à son palmarès. S’il accuse le coup en Liga, il garde un bon rendement en Ligue des Champions avec trois buts et deux passes décisives en six matches. Premier de son groupe, l’Atlético Madrid verra les huitièmes de finale au mois de février. Grizi aura une nouvelle fois l’occasion de briller sur la scène européenne et, pourquoi pas, de remporter le Saint Graal. Il ferait alors un pas en avant vers un de ses autres objectifs, le Ballon d’Or. Le Français l’a confié sur le plateau de Téléfoot : « C'est un objectif pour moi, je travaille tous les jours pour m'améliorer et faire de meilleures saisons. Mais tant qu'il y aura les deux (Ronaldo et Messi) ce sera compliqué. On verra jusqu'à où je pourrais arriver. »



Pour se remettre en selle, Antoine Griezmann dispose également d’un environnement de travail sain et d’un avenir bien détaillé, au moins jusqu’en 2021, date de la fin de son contrat avec les Colchoneros. Grizi l’a dit et répété, il se sent bien à Madrid et ne compte pas changer d’air. Une pression en moins pour le natif de Mâcon : « Pour le moment je suis bien à l'Atlético, je vois que l'on dispose de l'équipe pour gagner des trophées. »

Antoine Griezmann connait donc un coup de moins bien, légitime eu égard à la saison éprouvante qu’il vient de traverser. Le Français dispose de la confiance de son entraîneur et a toutes les armes entre ses pieds pour revenir à son meilleur niveau. Et pour les plus sceptiques, aucune inquiétude à avoir. Après avoir perdu la finale de la Ligue des Champions puis celle de l’Euro coup sur coup, Michael Ballack avait connu des temps de vache maigre, avant d'être sacré champion d'Angleterre avec Chelsea.