Ayew est sorti de l'ombre

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Ayew est sorti de l'ombre
Par Vincent BREGEVIN|Ecrit pour TF1|2010-06-19T14:00:02.000Z, mis à jour 2010-06-19T14:00:02.000Z

Dans le flou total l'été dernier, Andre Ayew a su rebondir. Artisan du succès face à la Serbie (1-0), le jeune milieu de terrain est un atout des Black Stars, qui jouent un match capital face à l'Australie dans la course aux huitièmes de finale. Son histoire est déjà très riche.

Il peut s'en passer des choses en une saison. Andre Ayew ne dira pas le contraire. L'été dernier, il ne savait pas de quoi son avenir serait fait. Malgré une très bonne saison à Lorient, où il était prêté par Marseille, le Ghanéen de 20 ans ne faisait pas partie des plans de Didier Deschamps. Le nouvel entraineur de l'OM n'avait pas jugé utile de conserver le fils d'Abedi Pelé dans son effectif. Direction Arles-Avignon, plus petit budget d'une Ligue 2 à laquelle le club provençal venait d'accéder. Ayew espérait certainement autre chose.


Aujourd'hui, tout s'est clairement passé au-delà de ses espérances. En club, "Dédé" et ses coéquipiers ont fait sensation en validant leur billet pour l'élite. Entre temps, il avait remporté le Mondial des moins de 20 ans, avec les Black Stars, dont il était le capitaine, et contribué au bon parcours du Ghana jusqu'à la finale de la CAN. Sélectionné pour la Coupe du monde, le milieu ghanéen a saisi sa chance face à la Serbie (1-0). Titularisé à la place de Sulley Muntari, il a fait la loi sur son côté gauche, contribuant au succès ghanéen pour ce qui restera la première victoire africaine de ce Mondial. "J'ai suivi les consignes. Il fallait bien défendre avant d'attaquer", explique-t-il avant d'évoquer sa joie de participer à ce premier Mondial africain. Elle est d'autant plus importante qu'Ayew part de loin. "Jouer la Coupe du monde, c'est presque inespéré après ce qui s'est passé en début de saison", reconnaissait-il après le match face aux Serbes.


"Les gens pensaient que j'allais dribbler dix joueurs et marquer."


Cet été 2009, le natif de Seclin l'a encore en travers de la gorge. "J'arrive de Lorient, où j'avais joué trente matches, et on me dit qu'on ne veut pas de moi... Il y a des choses qui font grandir", se souvient-il avec amertume. Depuis son arrivée sur la Canebière en 2007, Ayew n'a pas eu beaucoup d'occasions de briller sous le maillot de l'OM. Avec seulement neuf matches à son actif (trois titularisation), ça semble plutôt logique. Mais le fils de Pelé n'a pas perdu son temps pour autant. La déception passée, il a franchi un nouveau cap avec Arles-Avignon. "Je suis devenu plus dur mentalement. C'était un mal pour un bien. J'ai su relever la tête", se réjouit le milieu de terrain, heureux d'avoir prouvé sa valeur en Ligue 2. "Je ne peux pas dire que j'avais une revanche à prendre... Mais je devais quand même leur montrer que j'étais là, que j'avais ma place dans le football."


Rien ne s'est fait dans la facilité pour Ayew. En fait, pour le fils de Pelé, les difficultés ont même commencé dès le départ. Avoir pour papa la légende du foot ghanéen, champion d'Europe avec Marseille en 1993, n'est pas ce qu'il y a de plus facile à assumer quand on se met au foot. "Ce que mon père a fait pour le Ghana est énorme. J'en suis fier. Mais il y a eu des comparaisons inutiles. Il a fallu apprendre à vivre avec. Au début, les gens pensaient que j'allais prendre le ballon, dribbler dix joueurs et marquer. Il y avait beaucoup d'attente...", raconte le milieu des Black Stars. Ces attentes se font encore plus importantes maintenant que le Ghana est l'équipe africaine la mieux placée pour accéder aux huitièmes de finale. Une victoire face à l'Australie lui ouvrirait les portes du deuxième tour. Ayew, lui, n'est pas sûr de disputer ce match. Mais il ne s'en soucie pas outre mesure. "J'ai rebondi. Les gens oublient que je n'ai que 20 ans, que j'ai commencé à 17 ans. Je crois que mon début de carrière est plutôt bon", estime-t-il. Comme lui, on attend la suite.