Le Barça au tapis

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Le tenant au tapis
Par AFP|Ecrit pour TF1|2009-10-21T00:04:00.000Z, mis à jour 2009-10-21T00:04:00.000Z

Champion d'Europe en titre, le FC Barcelone a été surpris à domicile par le Rubin Kazan (1-2) mardi, lors de la 3e journée de la Ligue des Champions. Un revers qui confirme la baisse de régime du club catalan, déjà accroché à Valence en championnat (0-0) le week-end dernier.

FC BARCELONE - RUBIN KAZAN: 1-2
Buts: Ibrahimovic (48e) pour Barcelone - Ryazantsev (2e) et Karadeniz (73e) pour Kazan.


Le coeur historique du football se gaussait de cette nouvelle formule de la Ligue des champions, promue par le président de l'UEFA Michel Platini. Bienvenue à l'Unirea Urziceni, à Debrecen, à l'APOEL Nicoise ou encore au Rubin Kazan. Ce dernier, champion de Russie en titre et toujours leader de sa ligue domestique à quelques journées de la fin, s'est même permis mercredi de renverser l'une des plus grandes équipes de l'histoire des clubs. A l'extérieur s'il vous plaît (1-2). La performance exceptionnelle du club de l'ancien Parisien Sergueï Semak envoie ainsi un signe, à double titre. A ce football émergent à l'est de l'ancien rideau de fer - le succès du Shakhtar Donetsk en mai dernier en Coupe de l'UEFA en est la plus belle preuve - mais aussi au FC Barcelone, dont le football semble se liquéfier au fur et à mesure que la saison avance.


Si les résultats sont là depuis le début de la saison pour les hommes de "Pep" Guardiola, la manière n'est pas toujours au rendez-vous. Le match contre l'Inter fût un avertissement, celui disputé ce week-end en championnat contre Valence un révélateur. Le Barça a manqué de jus, de punch, de vista, de tous les ingrédients qui ont porté depuis bientôt cinq ans ses joueurs au firmament du football mondial. Outrageusement dominateurs dans le jeu (69% de possession de balle, 24 tirs dont 13 cadrés) face à des Russes particulièrement bien regroupés dans leur moitié de terrain, les Catalans ont montré leur limites dans cette manière d'étreindre qu'est la leur. Ils n'ont surtout pas su surprendre leurs adversaires car c'est bien là que le bât blesse. Le Barça est-il déjà usé après trois mois de compétition ? On ne saurait le dire.


Ibrahimovic responsable ?


L'impression de jouer au ralenti - toutes proportions gardées au vu de ce que le multiple champion d'Espagne a pu montrer jusqu'il y a encore quelques mois - a été latente et s'est manifestée au sein d'une équipe-type, seul Henry manquant à l'appel, ce qui inquiète encore plus. La question de l'apport de Ibrahimovic pourrait de nouveau se poser tant il n'a pu s'adapter, encore une fois, au style de jeu barcelonais. Lionel Messi, Xavi et Iniesta, animateurs des offensives du Barça n'ont pas démérité mais n'ont que rarement trouvé leur nouvelle pointe, à défaut de trouver eux-mêmes l'ouverture. Il faut dire que l'équipe qui s'est dressée devant elle a été particulièrement impressionnante dans le travail défensif. Jouant très bas, le bloc russe a résisté tant bien que mal et a, a contrario, connu une réussite insolente sur les rares contres joués.


Archétype de ces nouvelles équipes de l'ancien bloc soviétique alliant une rigueur défensive inébranlable à une qualité technique au-dessus de la moyenne, notamment par le biais de joueurs venant du continent sud-américain, le Rubin Kazan a eu besoin de seulement trois tentatives pour faire mouche deux fois, et de quelle manière. L'autre Argentin sur le terrain, Alejandro Dominguez, a ainsi impressionné par sa vision du jeu et sa qualité de passes, notamment décisive sur le deuxième but signé Karadeniz. Le succès inédit des hommes de Kurban Berdyev est ainsi une nouvelle preuve que l'Europe est à la croisée des chemins. L'avenir dira s'il sera périlleux pour le club qui se veut être "plus qu'un club".