Bastia-OL: plusieurs plaintes déposées, le club corse dans la tourmente

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'À pleurer', 'honte',  'dramatique' ... : la presse et le football français scandalisés par les incidents de Bastia-Lyon
Par Nicolas BAMBA|Ecrit pour TF1|2017-04-17T16:43:02.847Z, mis à jour 2017-04-17T19:08:34.722Z

Les graves incidents qui ont éclaté dimanche lors du match Bastia-Lyon et ont conduit à l'interruption de la rencontre laissent le football français groggy. Des joueurs lyonnais ont porté plainte, tout comme le directeur de la sécurité du SCB. La Commission de discipline va sévir, et la justice aussi peut-être.

Après l'attentat de Dortmund et les débordements du match Lyon-Besiktas, un triste spectacle a de nouveau été proposé dimanche lors du match de la 33e journée de Ligue 1 entre le Sporting Club de Bastia et l'Olympique lyonnais. Des échauffourées ont éclaté lors de l’échauffement des Lyonnais, provoquant un retard de 50 minutes et plombant l'ambiance.

A la pause, la situation s'est de nouveau envenimée. Des "supporters" bastiais ont fait irruption sur la pelouse, des coups ont été échangés avec des joueurs de l'OL, et le match a été arrêté. Au total, une cinquantaine de supporters "particulièrement excités" ont envahi la pelouse selon Nicolas Bessone, le procureur de la République de Bastia, qui s'est exprimé 24 heures après les faits.

Une enquête pour "violences", l'OL accuse


Cette affaire grave est loin d'être terminée. On ne réfléchit même pas, pour l'heure, à la façon de rejouer cette rencontre (à moins qu'elle ne soit donnée perdue à Bastia sur tapis vert). Pour l'instant, les instances qui dirigent le football en France prennent les mesures nécessaires pour statuer point par point sur ces incidents. Une enquête pour "violences" a été ouverte par le parquet. Le procureur insiste : il demande "de la détermination", "de la célérité", "mais pas de précipitation" dans une enquête qu'il veut "complète, à charge et à décharge".

Côté lyonnais, sans surprise, on voyait rouge dimanche. Furieux, le président Jean-Michel Aulas a accusé le directeur de la sécurité de Bastia d'avoir frappé Anthony Lopes lors de la deuxième vague de violence, à la mi-temps. "Il a par ailleurs bien été identifié. Nous avons déposé plainte auprès du procureur avant la deuxième mi-temps et de nouveau à l'aéroport", a déclaré le dirigeant à RMC Sport. Anthony Lopes, Mathieu Gorgelin et Jean-Philippe Mateta ont d'ailleurs déposé plainte contre x pour "violences en réunion dans une enceinte sportive".

Le directeur de la sécurité bastiais se défend, un stadier prochainement licencié


Le directeur de la sécurité, Anthony Agostini, a contre-attaqué ce lundi. Il a confié à RMC Sport qu'il va lui aussi déposer plainte, contre Jean-Michel Aulas cette fois, pour "dénonciation calomnieuse". Sa version des faits : "A la mi-temps, je suis allé voir calmement Anthony Lopes pour lui demander de se calmer et de ne pas chauffer les esprits. Il a insulté quelqu'un de ma famille et a tenté de me mettre un coup de poing". Deux versions qui s'opposent, donc. Affaire à suivre.

Le sort d'un stadier aperçu en train de se mêler aux bagarres semble déjà écrit. Au micro de France Bleu, Ange-Etienne Biolchini, gérant de la société de sécurité employant le stadier, a déclaré que l'individu sera convoqué et qu'"une procédure de licenciement sera démarrée". "L'agent va perdre sa carte professionnelle", a-t-il assuré. Sur les images, on voit clairement un stadier s'approcher en courant et commencer à frapper à coups de pied des joueurs rhodaniens.

Bastia, déjà puni dans les affaires Lucas et Balotelli cette saison, risque très gros


Le Sporting Club de Bastia a condamné ces incidents. Pierre-Marie Geronimi, le président du club corse, a pris position : "Nous savons ce que nous avons à faire. Nous sommes des dirigeants responsables, nous portons la responsabilité de beaucoup de choses et, encore une fois, je le dis : nous prendrons les décisions qui s'imposeront." La Ligue de football professionnel a également condamné "avec la plus grande fermeté" des événements qui ont fait le tour du monde et donné une piètre image du championnat de France.

Le club corse, engagé dans la lutte pour le maintien, est sous la menace de lourdes sanctions. Cette saison, il a déjà fait la une pour deux faits répréhensibles. En août, le Brésilien du PSG Lucas avait été frappé par un supporter bastiais installé en tribune. Ce dernier s'était servi de la hampe d'un drapeau pour asséner un coup au crâne du Parisien. Le Sporting avait écopé d'un match à huis-clos partiel et d'une amende de 20 000 euros. En janvier, c'est le Niçois Mario Balotelli qui fut la cible d'insultes racistes. La Commission de discipline avait cette fois infligé trois matches à huis-clos partiel et un retrait d'un point avec sursis. Ce point risque fort d'être retiré pour de bon, en attendant d'autres sanctions. Le procureur Nicolas Bessone rappelle d'ailleurs que les faits observés à Furiani dimanche sont passibles de trois à cinq années de prison selon le barème de la justice.