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Bleu, couleur de l'ennui

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Mandanda euro 2008
Par Olivier D'ARIES|Ecrit pour TF1|2009-06-05T12:42:00.000Z, mis à jour 2009-06-05T12:42:00.000Z

Lorsqu'elle a reconduit Domenech dans ses fonctions, la FFF attendait autre chose...

Mandanda euro 2008

Mardi, l'équipe de France a grandement déçu face au Nigeria (0-1), ne récoltant que les sifflets et la désapprobation du public de Geoffroy-Guichard. Une fois de plus, les Bleus n'ont pas été au niveau escompté. Lorsqu'elle a reconduit Domenech dans ses fonctions, la FFF attendait autre chose...


Faire travailler sa mémoire par de petits exercices est toujours utile et agréable. Voici un exemple loin d'être évident : Vous souvenez-vous du dernier match emballant de l'équipe de France ? Non ? C'est normal puisqu'il faut remonter assez loin dans le temps pour retrouver la trace d'une partie palpitante où les vice-champions du monde ont maitrisé leur sujet, tout en offrant un spectacle digne de ce nom aux milliers de spectateurs et millions de téléspectateurs qui suivaient leurs aventures. En 2009, rien de très joyeux.


En 2008 ? On passera sur l'Euro. Et une mi-temps réussie face à la Serbie, couplée à un sursaut d'orgueil en Roumanie n'est guère suffisant. En 2007 ? Pas beaucoup mieux. En 2006 alors ? Oui. Enfin ! Que ce soit face à l'Espagne (1-3) en huitièmes de finale de la Coupe du monde ou face au Brésil au tour suivant (1-0), les Bleus ont montré de l'âme, de la maîtrise et donné du plaisir.


Mardi, les Français étaient loin du niveau du Mondial 2006. Il faut dire que le contexte était différent. Face au Nigéria, on était loin de l'ambiance d'une phase finale. Et l'envie n'y était pas (0-1). Fin de saison oblige... L'excuse est certes recevable. Mais loin d'être satisfaisante. Elle le serait si l'équipe de France ne trainait pas derrière elle trois ans de matches décevants et de tâtonnements. Aujourd'hui, il ne faut pas se leurrer, les Bleus n'ont pas le niveau pour jouer les premiers rôles lors du prochain Mondial, qu'elle n'est pas encore certaine de disputer. Cette équipe n'a pas d'âme et, finalement, n'a pas changé.

N'en déplaise à Patrick Vieira, qui s'en est pris aux médias, jeudi. "Ça me fait chier d'entendre de dire qu'il y a du désamour. C'est important ce que vous écrivez car vous conditionnez les gens. Vous exagérez. Vous créez quelque chose de négatif autour de l'équipe de France. Avant 1998 et 2006 c'était la même chose. Ce sont les résultats qui conditionnent tout mais vous allez trop loin !"


Domenech III, le point mort


Domenech : et maintenant ?
Le 3 juillet 2008, quand Raymond Domenech était reconduit par Jean-Pierre Escalettes et la Fédération Française de Football, le sélectionneur national avait plusieurs missions, parmi lesquelles revoir sa communication. Mais aussi et surtout, changer. Dans un communiqué, la FFF expliquait justement que "l'équipe de France ne suscitera l'adhésion et l'enthousiasme que si elle transmet la générosité, l'ambition, la joie de jouer, la proximité avec le public, la fierté de porter le maillot.

Avec les joueurs qui ont un rôle majeur à jouer en ce domaine, Raymond Domenech devra oeuvrer à réconcilier l'équipe de France avec son public." Aujourd'hui, où en est-on ? Pas loin du point mort. Noël Le Graët, vice-président de la FFF, confirme. Mardi, lui aussi est resté pantois devant le spectacle offert par les Tricolores : "Le match n'a pas été extraordinaire. Il faut être réaliste, on a des performances moyennes lors des matches amicaux. On ne peut pas dire que l'on offre un spectacle qui donne envie d'applaudir."


Un an après le début de l'ère Domenech III et à l'aube du dernier match de la saison 2008/2009 face à la Turquie, vendredi au stade de Gerland, l'équipe de France n'a donc pas vraiment changé. Alors que se profile le sprint final des éliminatoires de la Coupe du monde 2010, les Bleus n'ont pas encore un pied en Afrique du Sud. Iront-ils ? Peut-être. Sans doute même. Mais au-delà d'une simple qualification, l'équipe de France doit susciter la passion. Et sur ce terrain, le chemin est encore long. Bien plus que celui de l'Afrique du Sud.


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