Les Bleus au courage

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Les Bleus au courage
Par Olivier D'ARIES|Ecrit pour TF1|2009-09-09T21:28:00.000Z, mis à jour 2009-09-09T21:28:00.000Z

Rapidement menés et réduits à dix, les Bleus sont parvenus à ramener un match nul de Serbie (1-1). En infériorité numérique, les hommes de Raymond Domenech ont pourtant livré un match courageux à Belgrade et auraient mérité mieux. Malheureusement, la première place du groupe s'éloigne encore...

SERBIE - FRANCE: 1-1
Buts: Milijas (13e s.p.) pour la Serbie. Henry (31e) pour la France.


En progrès. Tel serait la mention laissée par un professeur à l'élève "équipe de France". Les Bleus étaient venus chercher au mieux une victoire, soit un exploit en terre slave, là où jamais une sélection tricolore ne s'était imposée et par conséquent une occasion de se relancer nettement dans la conquête de la première place de leur groupe, directement qualificative pour le Mondial-2010. Ils ont finalement décroché un peu plus de respect après une partie au cours de laquelle ils sont passés par tous les états. Du doute procuré par le départ laborieux de la paire William Gallas-Eric Abidal en défense centrale, d'un penalty dans le premier quart d'heure suivi par la sanction suprême et de l'expulsion, probablement sévère, de Hugo Lloris, jeune portier toujours à la recherche d'un match référence avec les Bleus.


Comme lors de son déplacement en Roumanie (menée 2-0 après une vingtaine de minutes), la France démarrait ainsi un match couperet de la pire des manières. Mais à l'instar de sa performance réalisée il y a près d'un an à Constanta, l'équipe de France a laissé passer la tempête pour finir par entrer dans le grand bain. La Serbie survoltée et emmenée par le prometteur Gojko Kacar ou encore le virevoltant Milos Krasic a soudain coupé le contact et permis à des Bleus, alors la tête sous l'eau, de refaire surface. Peu à peu, les hommes de Raymond Domenech ont repris confiance et joué comme ils avaient su le faire, samedi au Stade de France contre une certaine Roumanie.


Un manque d'ambition ?


L'égalisation heureuse mais fort opportune d'Henry (1-1, 31e), qui franchissait à l'occasion le cap des 50 buts sous le maillot flanqué du coq, a délivré et surtout décomplexé les Bleus. Dans le sillage de l'attaquant du Barça et également d'un Abidal métamorphosé et d'un Lassana Diarra plus offensif dans l'entrejeu, c'est tout le collectif qui a marché d'un seul homme. Les valeurs qui ont servi dans les succès passés de l'équipe de France ont ressurgi: combativité, générosité et efficacité. Une équipe plus homogène et moins disloquée dans ses placements s'est dégagée plongeant les 55000 spectateurs du Marakana de Belgrade et leurs joueurs dans le doute.


Ça se complique...
Au point que ce soient les Bleus qui aient apporté le plus souvent le danger grâce à une meilleure maîtrise technique. Certes, leurs tentatives (53e, 59e, 71e, 81e) semblaient moins tranchantes que celles des Serbes à l'image de la tentative lointaine du défenseur de Chelsea Branislav Ivanovic (53e) mais les Bleus ont plus souvent semblé maître des évènements, notamment en seconde période. Ils n'ont probablement manqué que de conviction voire de lucidité dans les derniers mètres. Mais que demander de plus à une équipe à qui on promettait l'enfer quatre-vingt dix minutes durant ? Faut-il également blâmer le coaching de Domenech, qui n'a attendu que le dernier quart d'heure pour effectuer son deuxième changement, remplaçant Gignac, Henry, de plus en plus dangereux pour l'arrière-garde serbe, puis Gourcuff, par des solutions plus défensives.


Au vu de leur prestation d'ensemble et comme dirait l'expression "perdu pour perdu" après l'exclusion de Lloris, les Bleus auraient-il pu réaliser le hold-up tant espéré ? On ne le saura jamais. Une victoire aurait conforté Raymond Domenech dans ses choix et relancé les Bleus dans leur course-poursuite contre la Serbie. Le résultat final a, comme souvent, rassuré plutôt que convaincu.


LA DECLA : Raymond Domenech (au micro de TF1)
"Ce soir, je suis vraiment heureux pour tous les gens qui croient en nous, tous ceux qui nous ont soutenus, qui nous soutiennent encore et qui croient à cette équipe. Moi, j'y crois à cette équipe parce que c'est pas fini, on est encore dans la course. C'est un match exceptionnel, à dix... Il y avait tout: dans le jeu, dans l'envie, dans la technique, personne n'a eu peur, on a joué... C'est comme ça qu'on aime voir ces joueurs-là qui sont de ce niveau-là jouer comme ça. Chaque match a une vérité mais quand on répète les matches à ce niveau-là, qu'on joue de cette manière-là, on peut s'appuyer sur quelque chose de solide. Les joueurs le prouvent à chaque match, on doit les féliciter. Je voudrais dire un petit merci à tous ceux qui m'ont soutenu, à ma compagne d'abord, parce que c'est dur aussi."