Les Bleus ne croient pas aux miracles

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Les Bleus ne croient pas aux miracles
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Polokwane|Ecrit pour TF1|2010-06-18T20:45:02.000Z, mis à jour 2010-06-18T20:45:02.000Z

La fin est proche pour les Bleus, battus jeudi par le Mexique (2-0). Certes, l'équipe de France n'est pas encore éliminée mais, du sélectionneur au capitaine, en passant par les remplaçants, tous s'attendent à un épilogue inéluctable : prendre la porte dès le premier tour, comme à l'Euro 2008.

On aurait bien envie d'y croire. De se dire que l'espoir subsiste. Mais les Bleus, eux-mêmes, n'y croient plus. Pour une fois, ils ont fait preuve de lucidité, jeudi après avoir perdu face au Mexique (0-2) et sérieusement hypothéqué leurs chances de qualification. Ils n'y sont plus. En même temps, y ont-ils déjà été depuis le début de la Coupe du monde ? Deux matches, un point, zéro but. Les Tricolores n'ont récolté que ce qu'ils méritaient. Rien de plus, rien de moins. A force de tanguer et de montrer des signes inquiétants, de se comporter - pour certains - en enfants gâtés sans jamais en payer les conséquences, voilà où l'équipe de France en est. Au bord du précipice ? Non, elle y est tombée en 2008 et n'en est jamais sortie.


Battus le plus logiquement du monde (2-0), les Tricolores n'ont plus leur destin entre les mains. Même si Raymond Domenech veut s'accrocher à l'once d'espoir qui lui reste en tentant de titiller l'orgueil des siens - si tant est qu'ils en aient - et assure "qu'il reste une infime chance qui ne dépend pas de nous", il ne semble plus vraiment y croire. Pour la première fois depuis le début de son règne, on a senti le sélectionneur abattu. Comme ses joueurs, cela dit. Au sortir du match, une bonne partie d'entre eux semblaient avoir pris un coup sur la tête.


Yoann Gourcuff a même reconnu en avoir reçu deux. L'un avant le match, l'autre pendant. "Je suis doublement déçu de ne pas avoir joué et d'avoir perdu. C'est une défaillance collective." Qui s'explique comment ? "On n'a pas fait ce qu'on avait décidé. On est souvent en position de contre-attaque lorsqu'un récupère le ballon. Et on attaque à trois", a-t-il regretté, pointant du doigt sans jamais aller plus loin le manque de liant technique et humain de ces Bleus. Au moins, il pourra se consoler en se disant qu'il n'était pas le problème de cette équipe, qui n'en est pas réellement une. Les absents n'ont pas toujours tort.


Evra : "Une petite nation"


Jeudi soir, comme d'autres fois, les copains ne se sont pas fait mal pour les autres. Patrice Evra n'a pas été bien meilleur que les autres. Mais lui, on en est certain, vit très mal cette situation. Et compte le faire savoir aux "personnes concernées" même s'il n'espère plus grand chose de ce périple sud-africain qui a de fortes chances de se terminer pas plus tard que mardi prochain. "Je ne crois pas aux miracles", a-t-il lancé, avant d'ajouter : "On n'a pas fait ce qu'il fallait. On est une petite nation du football. Jouer une Coupe du monde et la finir sans gagner un match..." Cela ne changerait pas tellement de l'Euro 2008. Au moins, les Bleus ne seraient pas dépaysés.


2008-2010, même combat ? Ça y ressemble bien en tout cas. En deux ans, rien n'a changé. On en a eu la preuve - quasi-définitive - jeudi soir face à des Mexicains qui n'avaient jamais battu les Bleus. Mêmes défaillances, mêmes manques et même état d'esprit en berne. Raymond Domenech n'a pas su changer la donne malgré cet incroyable "sursis" accordé par la FFF après le naufrage du dernier Championnat d'Europe. D'ailleurs, le sélectionneur l'a reconnu : "On n'est pas loin de l'Euro 2008", a-t-il dit. A qui la faute ?