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Les bons souvenirs bleus

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Les bons souvenirs bleus
Par Eurosport|Ecrit pour TF1|2010-03-03T14:52:06.000Z, mis à jour 2010-03-03T14:52:06.000Z

Si l'Espagne fait aujourd'hui office de référence, l'équipe de France lui a joué quelques mauvais tours depuis un quart de siècle. Avec 7 victoires, les Bleus dominent largement la Furia sur les 10 dernières confrontations. Retour sur quelques-uns de ces duels, souvent favorables aux Français.

1984 - FINALE DE L'EURO - France-Espagne: 2-0


Les bons souvenirs bleus

C'est sans doute la plus célèbre des confrontations entre les deux pays. D'abord parce qu'elle marque la première grande victoire des Bleus. Le premier titre du football français sur la scène internationale. Ensuite parce que le gardien espagnol invente ce jour là, et bien involontairement, une figure de style portant son nom: "une Arconada": sur un coup franc tiré par Platini, le ballon frappé par le numéro 10 rentre dans le but en passant sous le ventre du gardien ibère, très malheureux sur ce coup-là. Auteur d'une grande carrière, le Basque verra malheureusement celle-ci résumée à cette erreur aux yeux de l'histoire. Il fallait en tout cas bien ça pour libérer le Parc des Princes, crispé par cette finale crispante. En toute fin de rencontre, Bruno Bellone, en contre, doublera la mise, mais ce match reste à jamais associé à Platini et Arconada, pour le meilleur et pour le pire. C'est le point culminant d'une formidable génération et les adieux en beauté de Michel Hidalgo, un des sélectionneurs les plus marquants de l'histoire du football tricolore.


1991 - QUALIFICATIONS EURO - France-Espagne: 3-1


La fin de l'ère Platini en tant que joueur a imposé à l'équipe de France une traversée du désert. Absents de l'Euro 88 et du Mondiale italien deux ans plus tard, les Bleus retrouvent un certain standing lors des qualifications pour l'Euro 92 avec... Michel Platini comme sélectionneur. En janvier 91, l'Espagne, entrainée quant à elle par l'ancien Ballon d'or Luis Suarez, débarque au Parc par un froid glacial. Elle ouvre rapidement la marque, avant que Franck Sauzée n'égalise. En seconde période, Jean-Pierre Papin, sur un centre de Manu Amoros, effectue une de ses plus célèbres "papinades", en réussissant une reprise de volée acrobatique, dos au but, en complet déséquilibre. Un but d'anthologie. Emilio Butragueno, la star du Real, discrète ce soir là, lui rendra hommage. "C'était un sale moment pour l'équipe d'Espagne, mais un très grand moment de football." Laurent Blanc ajoute un troisième but en fin de match. La France ira à l'Euro, pas l'Espagne.


1991 - QUALIFICATIONS EURO - Espagne-France: 1-2


Auteurs d'un parcours sans faute, les Français sont déjà qualifiés pour l'Euro suédois quand ils se rendent à Séville, neuf ans après la demi-finale mythique perdue face à la R.F.A. Mais cette fois, nous sommes à Benito Villamarin (le stade du Betis), non à Sanchez Pizjuan (celui du FC Séville). Peu importe. Nous sommes surtout en Andalousie, terre qui a vu naître Luis Fernandez, l'enfant de Tarifa. Luis, vieux grognard de cette équipe de France dirigée par son pote Platoche, a toujours aimé joué contre l'Espagne. Trois ans plus tôt, en amical, à Bordeaux, il a marqué face aux Espagnols le plus beau but de sa carrière international, d'un ciseau frontal. A Séville, il va inscrire son tout dernier but en bleu, en ouvrant le score dès la 13e minute. 150 secondes plus tard, l'inévitable Jean-Pierre Papin double la mise. La France s'impose 2-1. Pour la 1re fois de son histoire, l'Espagne est battue à Séville. La troupe de Platini reste alors sur une série de 18 matches sans défaite, 8 victoires d'affilée et 7 succès consécutifs en déplacement. Elle rêve de frapper fort à l'Euro 92, mais elle n'y fera rien.


2000 - 1/4 DE FINALE EURO - France-Espagne: 2-1


Championne du monde en titre, l'équipe de France affronte une Espagne dont elle se méfie à juste titre. Les Français ouvrent le score via un superbe coup franc direct de Zidane à la demi-heure de jeu. Mais les Espagnols ont du talent. Et un petit ailier gauche, Pedro Munitis, qui va faire vivre à Lilian Thuram sa pire soirée en équipe de France. C'est d'ailleurs le défenseur guadeloupéen qui permet aux Ibères d'égaliser en étant à l'origine d'un penalty pour une faute sur... Munitis évidemment. Mendieta le transforme. Heureusement pour les Français, Djorkaeff leur redonne l'avantage juste avant la mi-temps d'une frappe magistrale. Plus rien ne sera marqué. Pourtant, en toute fin de match, l'Espagne obtient un nouveau penalty. Raul peut envoyer les deux équipes en prolongation mais il manque le cadre. Une semaine plus tard, les joueurs de Roger Lemerre seront sacrés champions d'Europe.


2001 - MATCH AMICAL - Espagne-France: 2-1


Jamais, dans toute son histoire, l'équipe de France a joui d'une aura aussi forte qu'en ce début de XXIe siècle. Champions du monde et d'Europe en titre, les Bleus sont au sommet de leur notoriété. On leur promet déjà une deuxième étoile en Asie en 2002. Mais imperceptiblement, ils sont en train de creuser leur tombe en se laissant entraîner dans une forme de facilité que personne, à l'époque, ne relève. On ne touche pas aux Bleus. A ces Bleus-là, en tout cas. Pourtant, certains signes sont annonciateurs. Peut-être aurait-il fallu les voir dans cette défaite en amical à Valence, en mars 2001. A Mestella, les Français se font secouer, rentrer dedans. Helguera et Morientes signent la victoire de la Furia, la réplique de Trezeguet arrivant trop tard. A l'époque, la France était la référence, l'équipe à battre. Neuf ans plus tard, c'est l'Espagne qui tient ce rôle.


2006 - 1/8 DE FINALE COUPE DU MONDE - France-Espagne: 3-1


Lorsque les deux équipes se retrouvent à Hanovre en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2006, l'Espagne a les faveurs du pronostic. L'équipe de Luis Aragones est en plein bourre, elle a impressionné tout le monde lors du premier tour. Tout le contraire des Bleus, vieillissants, poussifs, amorphes et critiqués comme jamais. Quand David Villa ouvre le score sur penalty en première période, il n'y a donc plus grand monde pour croire que cette équipe de France là a encore un avenir. Puis Ribéry va sonner la révolte en égalisant juste avant la mi-temps. Puis Vieira, à moins de 10 minutes de la fin du match, va donner l'avantage aux Français. Puis Zidane, que l'Espagne moquait et jugeait trop vieux, va y aller de son but, pour rappeler le grand joueur qu'il est toujours. La furia tombe de très haut ce jour-là. Pour elle, c'est une désillusion de plus dans un tournoi majeur. Ce sera la dernière. Deux ans plus tard, les Espagnols décrocheront le titre européen à Vienne, lors d'un Euro où les Français, eux, vont toucher le fond. Le rapport de forces entre les deux pays s'est clairement inversé à cette occasion.