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Brésil - Pays-Bas, acte IV

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Brésil - Pays-Bas, acte IV
Par Eurosport|Ecrit pour TF1|2010-07-03T13:30:02.000Z, mis à jour 2010-07-03T13:30:02.000Z

Un grand classique. Adversaires en quarts vendredi (16h00), le Brésil et les Pays-Bas se sont déjà croisés à trois reprises en Coupe du monde (1974, 1994, 1998), pour des matches souvent spectaculaires, qui placent les acteurs de ce premier quart de l’édition 2010 face à leurs responsabilités.

ACTE I : 1974 - 2E TOUR


BRESIL - PAYS-BAS : 0-2
Buts : Neeskens (50e), Cruyff (65e)


A Dortmund, le Brésil et les Pays-Bas ne jouent pas une demi-finale de Coupe du monde, mais c'est tout comme. Les huit équipes rescapées du premier tour sont réparties en deux poules de quatre, dont les vainqueurs sont directement qualifiés pour la finale. Après avoir battu la RDA et l'Argentine, les Auriverde et les Oranje se retrouvent pour la "finale" du groupe A au Westfalenstadion, le 3 juillet. Ce n'est pas le seul enjeu de cette rencontre. Champion en titre, le Brésil voit la suprématie mondiale du jogo bonito incarné par Pelé en 1970 menacée par la montée en puissance "football total" de la génération Cruyff.


Le Roi n'est plus là pour porter la sélection auriverde, qui domine cependant la première période mais se heurte systématiquement à un impérial Wim Rijsbergen, le solide défenseur des Pays-Bas. Rivelino ne parvient pas à faire la différence, à l'inverse de Neeskens qui catapulte un centre de Cruyff au fond des filets à l'entame de la seconde période. "Le Hollandais volant" se charge lui-même de mettre les siens à l'abri d'une volée géniale sur un service de Krol. Réduits à dix après l'expulsion de Luis Pereira (84e), les Brésiliens abandonnent le trône mondial. Mais la couronne reviendra finalement à la RFA, victorieuse des Néerlandais en finale (2-1).


ACTE II : 1994 - QUARTS DE FINALE


BRESIL - PAYS-BAS : 3-2
Buts : Romario (53e), Bebeto (63e), Branco (81e) pour le Brésil - Bergkamp (64e), Winter (76e) pour les Pays-Bas


Vingt ans plus tard, le Brésil cherche encore son premier titre mondial depuis qu'il est orphelin de Pelé. La génération Socrates a brillé par le jeu dans les années 80, pas par les résultats. Place au "Brésil Dunga", incarné par un milieu besogneux, qui sort d'un Mondial raté en Italie. Parreira peut s'appuyer sur une équipe solide et un duo Romario-Bebeto au sommet de son art pour défier les Pays-Bas en quarts de finale le 9 juillet à Dallas. Les Néerlandais ont tourné la page Cruyff, tandis que Van Basten est sur le déclin et collectionne les blessures. Ils comptent désormais sur Bergkamp pour écrire la légende d'une nation souvent placée, mais jamais gagnante en Coupe du monde.


Si la première mi-temps n'a pas laissé un souvenir impérissable, la deuxième a parfois atteint des sommets d'intensité et de qualité technique. L'ouverture du score de Romario en demi-volée est un chef-d'oeuvre, mais l'image du match, et peut-être de cette Coupe du monde, reste ce geste de Bebeto qui mime un berceau en l'honneur de son nouveau-né après avoir profité d'une absence de la défense néerlandaise pour doubler la mise. Bergkamp relance les Pays-Bas d'un enchaînement technique dont il a le secret avant que Winter n'égalise d'une tête rageuse sur un corner. Mais le héros, c'est Branco. D'un coup franc puissant et précis de 25 mètres, l'arrière gauche vétéran, titulaire grâce à la suspension de Leonardo, donne la victoire à son équipe. Huit jours plus tard, la Seleçao s'offrira son quatrième sacre mondial face à l'Italie (0-0, 3-2 t.a.b.).


ACTE III : 1998 - DEMI-FINALE


BRESIL - PAYS-BAS : 1-1 (4-2 t.a.b.)
Buts : Ronaldo (46e) pour le Brésil - Kluivert (87e) pour les Pays-Bas


Ils ne se quittent plus. Quatre ans après leur magnifique duel aux Etats-Unis, le Brésil et les Pays-Bas se retrouvent le 7 juillet 1998 au Stade Vélodrome de Marseille. Cette fois-ci, c'est une place en finale qui est en jeu. Les Néerlandais n'y ont plus accédé depuis vingt ans et leur défaite face à l'Argentine, une équipe qu'ils viennent d'éliminer en quart de finale grâce à un but sublime de Bergkamp (2-1). "Le Hollandais non volant" (en raison de sa phobie de l'avion) et ses coéquipiers ne partent pas favoris pour autant face au tenant du titre emmené par le phénomène Ronaldo. Même si les Brésiliens ont eu toutes les peines du monde à se défaire des Danois au tour précédant (3-2).


Si cette opposition a souvent été synonyme de beau jeu, ce match a été un ton en dessous, surtout dans les 45 premières minutes. Les Pays-Bas sont cueillis à froid dès l'entame de la deuxième période. Sur une passe millimétrée de Rivaldo, Ronaldo résiste à Cocu et trompe van der Saar. "Il Fenomeno", seul face au portier néerlandais, a l'occasion de doubler la mise mais Davids réussit un retour héroïque. Et décisif pour les Néerlandais, qui finissent par égaliser sur un centre de Ronald de Boer repris de la tête par Kluivert. Ronaldo fait des différences énormes, mais il ne parvient pas à inscrire le but libérateur pour le Brésil dans la prolongation. Il laisse le costume de héros à Taffarel, qui sort les tentatives de Cocu et Ronald de Boer lors de la séance de tirs au but et envoie la Seleçao en finale. A Saint-Denis, les Brésiliens subiront la loi de la France de Zidane (0-3).